"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

jeudi 26 janvier 2012

Liberté sous contrôle !

Mon garçon reste en prison. Ainsi en a décidé le juge après sa demande de mise en "liberté sous contrôle judiciaire".
Un an qu'il y est. Un an qu'il attend son jugement. L'instruction est close depuis presque six mois. Je suis meurtri, blessé, désemparé par ce qui s'appelle La Justice.
J'ai toujours défendu la même chose : Tout acte délictueux, toute infraction à la règle, qu'elle soit celle de la République ou celle au sein de la famille, de l'école ou partout ailleurs est sanctionable et doit être sanctionné. C'est à ce prix que la société et tout groupe constitué peut fonctionner. Mais j'ai toujours défendu par ailleurs que la sanction, non seulement doit être proportionnelle à la "faute", mais aussi le plus rapproché de celle-ci dans le temps. On ne punit pas un enfant un mois après qu'il ait désobéi.
Un jugement, de fait, se doit, se devrait d'intervenir dans un délai raisonnable. Je sais, le temps de la Justice n'est pas le temps réel, comme le temps d'une psychothérapie peut-être. Et cependant je m'étonne et je me questionne et je me colère : Pourquoi faire attendre un détenu ? Pourquoi et comment se fait-il qu'un jugement ne soit pas mis en œuvre alors que l'instruction judiciaire est terminée depuis six mois ?
Cela vient s'ajouter à tout le reste. L'humiliation en détention (fouille au corps après chaque visite extérieure, paiement exorbitant pour la télévision, le beurre, le papier-toilette, le un-peu-de-plus-que-le-minimum, pas de travail, pas d'occupation....) est permanente. Double-peine. Détention + humiliation. Le détenu qui n'a pas la "chance" -parce que c'est une chance, croyez-moi- d'avoir une famille attentionnée n'a rien, n'est rien, n'est plus rien. J''insiste, n'A rien, ou si peu.
Mon garçon me disait il y a un mois : Au début, la prison ça te sert de leçon, mais au bout d'un moment, ça ne fabrique que de la haine et de la colère. Mon fils est en prison depuis plus d'un an. Je dirais presque "de manière arbitraire" depuis six mois. Nous sommes en 2012, en France, et le droit d'êtres humains n'est pas respecté. Ça me dégoute. Ça me ... fera voter encore plus fort bientôt.
Peu importe ce qu'il a fait, peu importe ce qu'ont fait tous ces détenus... certains voient leurs droits les plus élémentaires bafoués (Ne pas disposer de l'intimité la plus élémentaire est une peine épouvantable). Non je n'ai pas dit que l'on avait le droit de faire n'importe quoi, non je ne dis pas qu'il ne faut pas sanctionner, non je n'oublie pas l'infraction, ni la peine et la souffrance des victimes et de leurs familles, je militerais seulement volontiers pour que la peine soit juste et pas "double". Emprisonnement dans la dignité.
Et puis cette histoire de "liberté sous contrôle" judiciaire me fait bien sourire lorsque j'y pense hors-situation personnelle et seulement vis-à-vis des mots et du concept. Comme si la liberté pouvait être sous contrôle. Non, il y a liberté ou il n'y a pas. De la même manière qu'une femme est enceinte ou ne l'est pas (Moui je suis un petit peu enceinte -parce que seulement de deux mois-, me dit une jeune fille un jour).

Enfin bref... Maintien en détention, jugement à venir -quand ?-. Et détresse d'un papa et d'une famille, non par rapport à la détention d'un fils d'un frère ou d'un neveu -encore que oui bien sûr-, mais détresse du fonctionnement d'une Justice qui se dit pourtant juste...

16 commentaires:

  1. Plein de pensées pour toi. Et pour les tiens. Et pour lui...

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  2. Ce délai est dû au sous effectif de magistrats et de greffiers. La Justice a ses règle à observer et les gens qui sont à son service ne peuvent pas faire plus. Un peu comme chez les psy, ils ne peuvent prendre que tant de patients et pas plus. Ce qui ont besoin d'un psy, et bien doivent attendre ou constater une hausse de nombre des psy dans le secteur.

    La Justice la plus rapide est la chinoise, je crois, mais bon ce n'est pas une justice mais une application de sanction. Sauf le procès et son jugement défient toute vitesse, mais le droit de la défense est inexistante.

    J'ai entendu d'une personne qui a passé 2 ans en prévention et l'instruction n'était toujours pas close (au bout de 2 ans).

    Aucun système n'est parfait et peut-être mieux attendre un peu plus et avoir un véritable droit à se défendre lors du procès.

    Courage et bonne chance que le procès aura bientôt lieu.

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  3. Je te sens triste et en colère... Mes pensées t'accompagnent..je t'embrasse

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  4. J'espérais qu'il n'aurait pas à subir ça. Et puis.... voilà. J'ai mal pour vous, avec vous, et ce ne sont pas des mots en l'air.
    Je vous embrasse tous les deux. Bon courage.

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  5. Je me sens bien impuissante en te lisant ce soir...Je n'ai pas le sourire aux lèvres comme d'habitude.
    Pas la tête pleine d'idées positives, et un courant d'air frais qui aère mes pensées, non mais des questions en masse :
    Comment pourrais-je aider ton fils ?
    En lui écrivant ?
    En lui envoyant un colis de temps en temps ?
    A-t-il accès à internet ?
    Pffffffffffffff............!
    Et toi, comment je pourrais te soulager ?
    Je ne sais pas mais je veux que tu le saches que j'y réflechis...

    Je t'embrasse fort et je continue à penser à vous deux chaque fois que je passe devant sa prison.

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  6. triste aussi et un sentiment d'impuissance - y a t-il quelque chose à faire? fais nous savoir - des lettres?,une petition pour accélerer ?? plein de pensées pour vous accompagner
    je t'embrasse fort
    Beate

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  7. Je ne connais pas l'histoire de ton fils, mais je pense, en effet, que toute personne a le droit à la dignité.
    Pensées amicales et courage à lui, à toi et à ta famille.

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  8. bcp de pensées de courage pour toi, ton fils et la famille
    Je t'embrasse

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  9. J'ai lu vos notes à propos de la détention de votre fils il y a un an, de la nécessité du respect de la loi et d'une sanction pour le fonctionnement social.
    Je n'ai rien dit à l'époque, connaissant trop bien le fonctionnement de la justice et la relativité théorique du positionnement moral relatif au respect du droit et à la justice.

    La France vient de se faire condamner par la Cour européenne des droits de l'Homme pour traitements inhumains et dégradants pour les raisons que vous évoquez. Cela doit être le trentième arrêt depuis un dizaine d'années. Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, lors de sa visite en France des centres d'incarcération et de rétention a estimé qu'il n'avait observé de telles conditions de vie qu'en Moldavie...

    Le respect du droit, la justice de la justice... mouais...
    Le droit c'est aussi "la résistance à l'oppression" (A.2 Décl. 1789)

    Je vous souhaite beaucoup de courage (et d'espoir, parce qu'il en faut!).

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  10. Je me pose une question, toi que je lis régulièrement, que fais tu de la colère? C'est très frappant pour l'exemple de ton fils, et autour de nous, notre société est remplie de ce type d'absurdités judiciaires (et d'absurdites tout court) contre lesquelles on est impuissant. A bien moindre echelle, Je me suis retrouvée dans une situations innacceptable au travail, sans pouvoir porter plainte, et mon seul recours a été...De partir et de faire du yoga! J'aimerais bien que tu parles de la colère un de ces jours, ce qu'on fait de ce truc la, quand on ne peut rien faire, justement.

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  11. Pas grand chose à dire si ce n'est que je pense à toi et à ton fils tout particulièrement !
    Tu sais où me trouver ! Je t'embrasse bien fort.
    souricette

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  12. Pas grand chose à dire si ce n'est que je pense à toi et à ton fils tout particulièrement !
    Tu sais où me trouver ! Je t'embrasse bien fort.

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  13. Bien sur , je ne peux pas me contenter de lire sans commenter
    Tes mots me bouleversent
    Colère , rage , impuissante ...
    c'est une triste réalité , la prison peut engendrer plus de haine que de repentance , comment faire confiance à cette justice ?
    Et ces centres éducatifs fermés , un fiasco , pourtant on nous présentait cette "trouvaille " comme le meilleur des remèdes à la délinquance

    protège le , encore ,ton fils ,toujours , garde ce lien , c'est cruel , pour un père , une mère , une épouse .... un fils

    tendres pensées

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  14. Des pensées pour toi.. Un de mes proches passe par là, avec son fils également et.. Ouaip la lenteur, la justice "double",les conditions, etc : je suis totalement d'accord avec toi !!!

    Plein d'ondes de courage !
    Bises

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  15. Je me doute bien, Michèle, de tes pensées...
    Toi qui me connais en vrai, je sais bien que le seul passage devant cette prison (Chhhuuuuttt ! sur laquelle) te fait bien des choses.

    Un colis ? Ben tiens ! Un seul par an, pour Noël (je raconterai prochainement l'épique aventure du "colis de Noël)... et Noël est passé et il a eu son colis.
    Internet ? Quelle question ! Même pas droit au teléphone... alors internet (!!!) (Bon, normal, pour internet... les détenus ne sont pas non plus censés communiquer avec l'extérieur).
    Lui écrire ? Hmmm, on en parlera de vive voix... Merci quand même !

    Quant à me "soulager", tous vos messages me "soulagent" et me font du bien.... Y compris le premier de toi sous ton vrai prénom. Je t'embrasse.

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  16. Je ne sais pas ce que votre fils a fait et peu importe. Je me rend compte que finalement la haine et la souffrance des détenus et de leurs familles est finalement sans doute assez proche de celle des victimes physqiuement à l'extérieur mais enfermée dans leurs pensées à l'intérieur. Alors la "justice" a t-elle quelque chose de juste ?! Tout le monde souffre et pour quel résultat au bout du compte ? Quel gachis...

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