"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

lundi 23 janvier 2012

Changement de lunettes

La façon dont on regarde la vie change la vie.
Oui, je sais, c'est une évidence. Enfin, si pour certains ça semble l'être, ça ne l'est pas pour beaucoup d'autres.
Il ne suffit pas, en effet, de chausser des lunettes roses pour voir la vie en rose, ni de mettre des lunettes bleues pour voir la vie en bleu... Il ne suffit pas.
Et pourtant combien de fois mettons-nous nos lunettes à verres noirs ?

C'est encore, bien sûr, la symbolique du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Il semble que nous oubliions trop souvent qu'il s'agit du même verre. Et que les représentations que nous avons de la vie se comportent comme les lunettes que nous mettons le matin. Il pleut... c'est une sale journée qui se prépare ou Il pleut... ça va faire du bien à la terre et aux plantes ? Au visage si l'on court sous la pluie, aux nappes phréatiques qui en ont bien besoin...?
Il pleut. Autant s'en réjouir. Du moins ne pas s'en rendre malheureux !

Mon premier devoir de philo, en Terminale, fut "Il vaut mieux prendre la vie avec philosophie. Commentez". En pleine tourmente post-adolescente, j'avais réussi à réfléchir à ce sujet tout à fait correctement puisque la note de 14/20 m'avait été attribuée, la meilleure de la classe. (Je n'en étais d'ailleurs pas peu fier, moi à qui le prof de français répétait depuis deux ans que je ne saurais «jamais penser ni écrire correctement» (sic))... Prendre la vie avec philosophie... Facile, lorsque les roulettes de la vie sont bien huilées ! Un peu plus difficile lorsque la vie et ses roulettes se grippent. Et pourtant ! Et pourtant c'est sans doute un état d'esprit qu'il est possible d'apprivoiser. En posant les choses, en retournant le verre et en mettant d'autres lunettes que celles qui nous font voir la vie en gris, voire en noir... J'irais même jusqu'à dire "retourner les choses pour qu'elles soient jolies".

Lorsque mon amie Yolande est morte -non non, ne soyez pas triste pour moi, c'était il y a deux ans-, ce fut triste, ce fut triste pour elle, qui avait sans doute encore des choses à faire et à dire sur cette terre. Ce fut triste pour ses filles et son mari, pour ceux et celles qui l'aimaient et qu'elle aimait. Ce fut triste mais ce fut ainsi. Et au-delà d'une tristesse très liée à l'absence de l'autre et au sentiment d'abandon et à bien d'autres encore, nous avons les uns et les autres vécu autre chose : Le partage, le lien extraordinaire entre ceux qui s'aiment, l'union, la liberté d'être et la liberté des êtres... La fin de sa souffrance, bien sûr.
Non, il ne faut pas que les gens que l'on aime meurent pour vivre de telles émotions d'amour, non il ne faut pas que les gens qu'on aime souffrent pour s'apercevoir des liens qui existent et les mettre en "jeu". Mais lorsque ça arrive, remercions-les de nous donner, aux uns et aux autres, l'occasion de dire notre affection.

Une histoire belge (ou plutôt, française à propos des belges) dit que le belge a deux verres sur sa table de nuit, l'un vide et l'autre plein "parce que des fois il a soif et des fois il n'a pas soif". C'est une autre façon de penser le verre à moitié vide et celui à moitié plein.

En fait, non seulement pouvons-nous apprendre à regarder la partie pleine du verre, mais encore pouvons-nous apprendre à le remplir nous-même. Et peut-être ainsi cesserons-nous de nous lamenter sur la partie vide des verres...

Moralité : Si l'on chausse des lunettes noires, on est certain d'aller dans le mur. Si l'on en chausse des roses ou des bleues ou des pas teintées du tout, on s'offre au moins la chance de l'éviter. Le mur !

8 commentaires:

  1. moi qui vois tout noir d'un oeil (ou plutôt plus rien!) et tout voilé de l'autre...j'aime autant te dire (mais tu le devines) que cette histoire de lunettes me parle très fort
    tous les soirs je me couche en m'interrogeant: pour quelles choses
    positives je peux remercier auj...
    Il y a les jours aux mauvaises lunettes où je râle
    Mais les autres plus nombreux (c'est devenu une façon de vivre, en fait) où j'ai à remercier pour bcp de belles choses

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  2. Ohhh : (ou Hoooo ! je ne sais plus)... Je comprends bien, Chère Coumarine, que ce billet te parle... Il ne t'était pas destiné mais il le devient aussi... Quand on parle de lunettes et d'yeux...

    Plein de bisous sur tes yeux, Coumarine

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  3. Et puis, il faut savoir que le corps suit le mental. Si l'on veut être en forme, il faut penser positivement. Les pensées positives, j'y crois de plus en plus, pour soi, pour les autres, pour tout ! :-)

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  4. La métaphore pour basique qu'elle soit en jouant sur les deux "verres" (à boire et à voir) est pour autant pertinente... Elle ramène aisément aux propos d'Alain qui s'y connaissait en terme de bonheur !!
    Au fil des jours notre humeur varie -inexplicablement?- qui nous fait voir parfois le verre à moitié vide au travers de lunettes noires!

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  5. Bon, je vois bien qu'il faudrait éviter un mur mais de quelles mûres parle t-on car comme le disait Alain; "l'ignorance est un mur que la croyance fortifie".

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  6. J'aime beaucoup ce billet.
    Parfois je pense que mon passé m'a permis (plus tard) de rencontrer des personnes formidables et extrêmement humaines, de savoir relativiser énormément de choses..
    Même si évidemment j'aurais préféré une autre enfance et adolescence, ça me donne la capacité de ne jamais me lasser des petits bonheurs (voir la mer, pique niquer, manger en terrasse, regarder le ciel ..) contrairement à bcp de gens que je vois et qui ont connu très tôt ces bonheurs..

    Je ne vois pas tout en rose loin de là mais j'essaye de me servir du noir vécu pour apprécier quand je peux l'instant présent, loin d'être simple bien sûr, ça serait trop facile sinon !

    bises à toi (et donne moi des news si tu veux..)

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  7. Il y a voir, sentir, penser et ressentir... L'interaction de ces facultés et sentiments font notre visions.
    Se forger une position positive est la meilleure des solutions. Mais ça demande du travail !

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  8. Bonjour,
    Le problème de ce verre à moitié vide ou à moitié plein, c'est l'obligation de faire un de ces deux choix de vision de la vie. Et si tout simplement au lieux de ces deux choix restrictifs on prenais le troisième qui consiste à remarquer que le verre contient au moins quelque-chose ? Et pour revenir à l'article, au lieu de changer la couleur des lunettes, juste ne pas en porter !

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