"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
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mardi 10 janvier 2012

L'éducation... Quel truc quand même !


Freud, poursuivi par Dolto et bien d'autres l'ont bien dit : Quoi que l'on fasse en tant que parents, on le fera mal. En d'autres termes, l'éducation est un truc impossible, une gageure absolue, un pari fou.
On met on monde un enfant avec tout le désir que l'on a de et surtout pour lui. Au mieux. En se disant qu'on ne fera pas comme nos parents. Pour sûr parfois ils ont "raté" notre éducation à nous. Alors on va faire autrement. Nous on sera différents, on sera de bons parents, enfin !, mieux que nos propres parents. Nous on parlera avec nos enfants, on les entourera d'affection, ce qui fera de ceux-ci des enfants et plus tard des adultes corrects, à défaut de "modèles". Nous on réalisera ce que nos parents et tous les parents du monde n'ont pas réussi.
Heureusement que l'on pense comme cela ! Heureusement, sinon on ne "ferait" pas d'enfants. Heureux aussi que des parents puissent avoir un projet éducatif pour leurs enfants ! C'est une des "interrogations" des parents adoptifs (J'ai été psy au service adoption du Conseil Général) : De quoi vous mêlez-vous de savoir si on peut élever un enfant ? Ce à quoi je répondais en tant que psy chargé de donner mon avis sur la procédure d'adoption, que si tous les parents se posaient sérieusement la question d'un "projet éducatif", le monde irait peut-être un peu mieux, tant on fait parfois des enfants sans projet.
Ceci dit, projet ou pas, nos enfants ne nous appartiennent pas. Nous, parents, nous faisons ce que nous pouvons, avec a priori les meilleures intentions du monde, avec notre histoire aussi, avec nos blessures, nos rancœurs, nos envies, nos envies de réparation, nos envies de faire bien, voire de faire mieux.
Alors parfois, et ce n'est ni une question de revenus ni de condition sociale, les enfants font, deviennent, prennent des voies qui ne sont pas celles que nous avions souhaitées, désirées, voulues pour eux.
Je revendique le droit d'élever ses enfants comme on le souhaite. C'est une des libertés qui nous restent. Seule la maltraitance est interdite. La question est cependant de savoir ce que l'on fait lorsque nos enfants "dérivent"...
La procédure mise en place par certaines collectivités territoriales consistant à recevoir les parents en mal d'éducation ou tout simplement en mal avec leur enfant "dérivant" me parait intéressante. Aider, mais ne pas condamner. Aider sans condamner. Aider sans juger. Seulement reconnaitre auprès de parents démunis qu'ils sont démunis face à la dérive de leur enfant. Et que ce n'est pas forcément de leur "faute" (ce qui, au passage, reconnait la responsabilité de l'enfant dans le jeu de sa propre vie).
Il serait malappris ou inconscient celui qui confierait aux parents la seule responsabilité des dérives de leur enfant. Nous pouvons les entourer, les cajoler, les aimer, en être fier, les accompagner, il y a bien un moment, glissant le moment mais un moment quand même, où non seulement nos enfants nous échappent mais où il est impératif qu'ils nous échappent. Parce qu'ils doivent vivre leur vie à eux !

7 commentaires:

  1. J'ignorais que Dolto poursuivait Sigmund mais on me permettra ici une anecdote personnelle pour une fois.
    Ainsi, mon fils me dit un jour sur un ton outré " mais enfin tu n'es pas Dieu !"
    " Ah si lui répondis-je, je suis Dieu, Dieu l'père "..
    Et voici mon fils qui par la grâce de Dieu devient le fils du père.

    Après reflexion, on conviendra que c'est limite maltraitance et qu'il est voué à un chemin de croix dont on sait où il se termine...

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  2. C'est bon de lire ça , de le redire , oui , y'a pas de bons parents , y'en a pas de mauvais
    A partir du moment , où ils font leur devoir , à savoir , répondre aux besoins vitaux , quelques fondamentaux aussi , cela implique que les enfants sont protégés de la maltraitance
    il est grand temps de déculpabiliser les parents , et surtout , de convaincre les adultes que ça ne sert rien à rien d'en vouloir à leurs parents , ça ne sert à rien , ils ont tous un chemin à faire , et j'en sais quelque chose
    merci , c'est plein de bon sens ,j'aime te lire psyblog

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  3. Comme dit Jeanne il est bon de te lire, en effet on fait du mieux que l'on peut....pas comme nos parents mais malgré tout avec un peu de ce qu'ils nous ont apporté...et oui c'est vrai que cela ne sert à rien de leur en vouloir même si ce n'est pas toujours facile!!!

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  4. Oui, je crois vraiment qu'il faut des structures pour expliquer aux parents ce que c'est d'éduquer un enfant. Mon mari est enseignant et confrontés à des parents démunis. L'éducation est parasitée par la vie sociale. Dur par exemple d'interdire les enfants de télé, ou de jeux violents, si toute la classe le fait... On a l'impression de les marginaliser... Les parents renoncent trop souvent, ou au contraire décident que leur enfant doit rentrer exactement dans la case qu'ils ont décidé d'avance, ou bien reproduisent la violence...
    Parfois il suffirait de leur montrer comment faire autrement, de pointer les erreurs. Je regrette que les psy ne viennent pas à domicile, voir l'enfant dans son milieu de vie, au milieu des siens, ça peut tout changer. (comme super nanny sur M...)

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  5. Et je dirais que nous aussi, on doit vivre notre vie à nous!

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  6. Tu dis : « Heureusement que l'on pense comme cela ! Heureusement, sinon on ne "ferait" pas d'enfants »... je te rejoins complètement. Je crois que j’avais décidé de ne pas avoir d’enfant parce que je ne pensais pas de cette façon. Mais « la vie » en a voulu autrement et quand je suis passée devant le psy pour obtenir l’agrément, j’ai eu l’impression de participer à la plus grande escroquerie de mon histoire. J’ai joué un rôle. Mais je l’ai joué « mal », sans conviction profonde, comme tout ce que je fais à contrecœur. La psy l’a probablement senti, puisqu’elle nous a d’abord refusé l’agrément. Mais mon mari a demandé une « révision » et nous avons finalement eu cet agrément.
    Aujourd’hui, je crois que je n’ai pas le moindre projet éducatif... mais que j’ai juste envie de transmettre certaines idées sur la vie, à ma fille. Et je crois qu’elle me « soigne » autant que je « prends soin » d’elle. Et je ne suis pas certaine que le projet éducatif soit la condition sine qua non...
    (Désolée de ce com un peu décousu, j’ai écrit sous l’impulsion)

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  7. Mais je crois que "vouloir transmettre certaines valeurs à [ta] fille est en soi-même un projet éducatif...

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