"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

lundi 16 janvier 2012

Petit moment d'humanité

Sas d'entrée de la prison vendredi après-midi. Passage sous le scanner. Fouille d'une des visiteuses. Ambiance très tendue parmi les visiteurs. Regards bas. Sourires, non, pas de sourires, même crispés. Silence de mort. Pas gaie, l'ambiance, vendredi 13 janvier.
Et une femme enceinte, "très enceinte", même, fait "sonner" le scanner. Qu'avez-vous sur vous ? demande l'agent pénitentiaire. Sur moi, rien. En moi, oui répond la jeune femme enceinte. Sourires dans la salle. C'est pour quand ? demande gentiment l'agent. Pour mars répond la femme. Mais vous êtes très...  / Oui mais j'en attends deux, termine la femme très très enceinte. Sourires francs dans la salle.
Moment d'humanité tendre dans un sas où sont rassemblés ceux qui vont rendre visite à un fils, un frère, un père ou un copain... en prison.

Je suis toujours aussi mal à l'aise, je me pose toujours un tas de question sur ces visites, sur ces gamins de parfois même pas un an et sur ceux de 7, 10 ou 15 ans qui se retrouvent dans cet univers étrange. En ce qui concerne cette femme enceinte, ces deux petit(e)s vont naitre sans leur papa, cette femme va accoucher sans son homme. Il y en a qui décidément démarrent dans la vie avec moins de "chances" que d'autres. Et ce petit garçon, l'autre jour, lors d'une autre visite, qui demande à sa maman Quand il va sortit papa ? / Je ne sais pas répond sa maman / Ah ben alors on pourra encore venir le voir ici et jouer avec lui sur la petite table. Mais il n'y a pas le droit d'amener des jouets. Alors j'imagine qu'ils parlent, qu'ils parlent, qu'ils parlent. Un parloir c'est fait pour cela : Parler. Se toucher. Faire l'amour même, même s'il y a de grands hublots par lesquels les gardiens ne passent jamais le regard. Parce qu'ils savent que les couples profitent aussi de ces moments de mauvaise intimité pour se toucher...
Les petits ont été faits dans le parloir, me dira la maman enceinte plus tard...
Étrange moment d'humanité dans un monde étrange.

7 commentaires:

  1. "Les petits ont été faits dans le parloir". Instants d'amour volés qui se sont concrétisés par non pas un, mais deux petits. Fallait-il qu'ils aient envie de venir au monde ces deux petits là ! J'ose espérer que ces moments d'intimité sans intimité ne furent pas seulement une pulsion sexuelle, mais un véritable élan d'amour. Et pourtant, une petite voix bien conventionnelle en moi me susurre "des enfants sans papa"... et cela me rend triste pour eux. Malgré tout ce papa est vivant, même privé de liberté, alors tout espoir est permis..
    Je t'embrasse mon cher Psyblog

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  2. Alors voilà que maintenant on copule en prison au lieu de faire pénitence et s'adonner aux joies de l'ascétisme qui mène à l'extase mystique !
    Mais que deviendront ces petits ?
    Gendarmes ou policiers et qui sait juges ?
    Ah misère, mais où va t-on ?

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  3. J'espère aussi, Joelle, j'espère aussi, que ces deux petits ont été "faits" dans un élan d'amour.
    Rien ne me permet de pencher d'un côté ou de l'autre...
    Le "joli" moment d'humanité" dont je parle est plutôt cet échange entre une femme enceinte venant visiter son homme dans un climat lourd... et l'agent de la pénitentiaire qui lui a prêté une attention toute légère.

    Quant aux désirs de ces petits de venir au monde, certainement qu'il existe. Sinon...

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  4. Hmmm....
    Dans le film "A nous deux", l'avocat du truand (Jacques Dutronc) dit "Le père de mon client était truand, mon client est devenu truand, mon père était avocat, je suis devenu avocat"...
    Terrible, cette phrase !

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  5. Je pense souvent à toi, à ton fils, comment va-t'il ?
    bises

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  6. Il y a un mois, ou à peu près, dans la salle des visites de la prison de Saint-Gilles...
    J'étais à table, en train de "papoter" avec mon filleul. Un gardien s'est approché, nous a demandé gentiment si nous accepterions de changer de table. Parce que les enfants qui jouaient sur le "tapis de gym" faisaient sursauter le nouveau-né que sa mère avait amené à son père.

    C'est ce qui m'a le plus frappé, lors de mes premières visites en prison : le nombre d'enfants qui couraient à gauche et à droite. J'avais l'impression de me trouver dans une cour de récréation. Je ne sais pas combien d'entre eux avaient été conçus en "VHS" (visite hors surveillance).

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  7. PS : S'il vous plaît, Youn... s'il vous plaît !
    Oui, on "copule" en prison. Oui, on "fait l'amour" (enfin, pas tout le monde). Oui, il arrive qu'on garde contact avec le monde extérieur. Et c'est la meilleure des choses qui soient : le meilleur moyen de retrouver, après la sortie, le chemin vers une vie "normale".

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