"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

jeudi 8 mars 2012

Journée de la femme, journée pour le droit des femmes...


Faut-il en rire ou bien en pleurer ? Aujourd'hui c'est la "journée de la femme" ! Je préfèrerais en rire mais en fait je crois que mon cœur est triste en pensant à toutes ces femmes humiliées, bafouées, seulement "non-aimées" même, dont on célèbrerait aujourd'hui l'existence -ou la non-existence c'est selon..
Journée de la femme, comme si la femme était un chef-d’œuvre en péril ! Bon, c'est bien ce qu'elle est dans bien des pays, dans bien des familles... Et dans bien des têtes (petites têtes) d'homme (au sens mâle du terme) elle n'est ni chef-d’œuvre ni peut-être même en péril... Pauvres hommes et surtout pauvres femmes !
Les femmes, moi, je préfère les aimer plutôt que de les contraindre, m'en faire des amies plutôt que de les soumettre... J'ai tout à y gagner.... A 18 ans, j'ai pris subitement conscience (et surtout mon amie M., violée un soir par un salaud de mec puant !) que je faisais partie de cette moitié de l'humanité capable de violer l'autre moitié.... J'ai été dégouté d'être un homme... Je me suis pardonné depuis d'en être un, mais cela a certainement développé en moi cette sensibilité particulière qui me fait parfois penser que je suis bien plus féministe que certaines femmes même si pas militant.
Alors à toutes les femmes je crie aujourd'hui "Soyez heureuses, vous avez le droit de l'être..... et ne vous laissez pas faire par les hommes, enfin, par ces hommes qui ne vous aiment pas".... En espérant qu'un jour et il sera beau, qu'un jour donc il n'y ait plus besoin de célébrer artificiellement ces femmes qui vivent l'enfer ou seulement l'inconfort au seul titre d'être des femmes... et de défendre une fois par an des droits... qu'elles devraient naturellement avoir.
Bonne journée à vous toutes.


Vous pouvez aussi aller lire ce très beau texte d'Aurore Boréale

mardi 6 mars 2012

Séduire – Rencontrer – Donner envie


Séduire – Rencontrer – Donner envie


Rencontres par internet, par agence, par petite annonce, voire par hasard, rencontre prévue au Café des Arts, au pied de la cathédrale ou au cœur d'une soirée-ami(e)s, si tu veux rencontrer l'amour (eux/se), il y a sans doute des choses à mettre de son côté :
Alors tout d'abord ne pas être seulement "en attente". Mais aussi en "chasse", même si le sens guerrier du terme peut prêter à confusion. Disons alors en "expression de désir"
Et mettre les choses de son côté, ou du moins ne pas les mettre de "pas son côté".

Exemple :
  • Ne pas arriver au premier rendez-vous en "Marcel" déchiré. Pas davantage qu'en décolleté affligeant (enfin ! Ça dépend de ce que l'on cherche !). Des femmes m'ont raconté des Marcel* déchirés pour un premier rendez-vous galant, oui oui.

  • Ne pas chipoter sur la facture du premier repas. Oui oui, j'en ai entendu qui chipotaient sur le partage au centime près : Et qu'est-ce que tu as pris toi ? Oui mais moi j'en ai mangé moins, et puis bon c'est vrai, j'ai pris un apéritif...
  • Ne pas mettre en avant ce qui peut être éventuellement perçu comme des "défauts" : Oui je fume, Oui je picole, Oui j'ai quatre enfants de quatre femmes / hommes différent(e)s, Oui je n'en vois plus que deux, Oui j'ai vécu avec 43 femmes/hommes (mais c'est toi que j'attendais)...

  • Ne pas parler pendant une heure de SA propre voiture, de SA maison, de SA réussite, ni de la valeur de la maison de la femme -ou de l'homme- que tu vois pour la première fois ni poser ces questions à celui/celle que tu rencontre (Vous êtes propriétaire ? Votre voiture date de quelle année ? Vos parents sont propriétaires (sic) ?

Au contraire, mettre en avant :
  • Ses qualités (la générosité, l'empathie, le revenu (?), du moins l'indépendance financière..)
  • Son désir de rencontrer vraiment quelqu'un.
  • S'habiller au moins propre et passe-partout si on ne sais pas à qui l'on a affaire.
  • Être prévenant, proposer de payer l'addition au premier repas... Et C'est toi qui paieras la prochaine fois ou A charge de revanche, ce qui par ailleurs dit ton désir de le / la revoir.


En fait, rencontrer "quelqu'un", c'est comme rencontrer un employeur éventuel : Mettre en avant ses compétences et ses qualités, en esquivant éventuellement un tant soit peu ses défauts et ses incompétences. Il ne s'agit pas de tricher (Très vite alors l'amoureux/se / l'employeur s'en aperçoit et adieu le contrat) mais de donner envie d'une suite... (Oui, comme les trois petits points).
Il faut être clair : Ou l'on a envie de donner à l'autre le désir de nous rencontrer à nouveau, ou l'on n'en a pas envie. Et si on en a l'envie, alors autant mettre le paquet. Que ce soit dans la vie amoureuse, dans la vie professionnelle ou dans la vie amicale, dans celle syndicale ou associative, ou même politique ou de voisinage, mieux vaut mettre les choses de son côté. On peut penser, à tord ou à raison, que cela relève par trop des conventions sociales mais il en est ainsi : Un homme n'impose pas à une femme qu'il désire ou dont il désire l'amour... de partager la note du premier resto. Il la paie. Point. Au risque de ne jamais la revoir... et de ne jamais avoir de retour sur investissement.
Il me vient une pensée : Et si l'engagement était aussi l'apanage de celui qui désire le plus et qui n'est sûr de rien ? Humilité oblige... Je t'offre et tu en feras ce que tu en voudras.


J'ai le sentiment, personnel et professionnel, que souvent les "choses" vont trop vite en matière de séduction. Salut toi ça va ? Tu fais quoi ? Tu es libre ce soir ? On y va ? et zou c'est parti mon kiki, le soir-même ou trois jours plus tard c'est la rencontre des corps en espérant la rencontre amoureuse. Et souvent le désenchantement : Et pourtant j'étais venu avec des fleurs... Je la kiffais grave cette nana ! Il m'avait dit qu'il était seul et je viens d'apprendre qu'il est marié ! 
 
Je rencontre régulièrement en consultation des "plaignants d'amour", de ceux-là (ou celles-là ça "marche" dans les deux sens) qui croient trouver le grand amour en dix minutes au café du coin ou à la soirée d'hier soir et qui finalement ne trouvent qu'un moment de plaisir (au mieux) ou de satisfaction physique passagère -grand bien leur fasse- mais qui quelques jours ou quelques semaines plus tard se retrouvent seul(e)s gros-jean comme devant et déçu(e)s encore une fois.
Entendons-nous bien : La rencontre physique et sexuelle est géniale, mais si elle ne s'accompagne pas d'une rencontre affective et sentimentale, du désir de l'être et non seulement du corps, elle ne reste qu'une rencontre physique et sexuelle et ce n'est pas ce que communément on appelle de l'amour et je n'ai rien contre. Sauf que ces plaignants du manque d'amour véritable et qui ne savent pas comment le trouver viennent consulter pour... avoir des conseils. 
 
Hier, je revoyais l'un de mes patients sauvé in extremis il y a quelques jours d'une tentative de suicide parce que, disait-il, Elle [l'avait] laissé tomber. / Vous vous connaissiez depuis longtemps, lui ai-je demandé. / Depuis une semaine.


lundi 27 février 2012

La magie d'une rencontre.




Je suis allé un jour, un soir, à un concert. Bien grand mot pour dire une représentation d'une petite chorale venant de je ne sais où. Un soir d'envie de sortie.Un soir de mélancolie. Un soir de rien mais de prêt à tout et d'envie de tout. Sans attente aucune cependant.
Au milieu d'une centaine de personnes aussi curieuses que moi, j'étais seul. Seul dans ma vie, seul dans mon cœur, seul dans mon lit. Seul quoi !
"Ils" ont commencé à chanter. "Elles", surtout ! Et "Elle" encore plus. Elle, que je ne connaissais pas, que je n'avais jamais vue, dont je ne savais rien, mais qui a attiré mon regard tout au long de la soirée. A vrai dire et bien qu’appréciant la totalité de la prestation de cette chorale, je n'ai vu entendu, senti, écouté, vibré que pour, elle. Sans explication autre que celle que mon regard sur elle.


A la fin de cette prestation chorale, j'ai cherché à la voir, à la rencontrer, à lui parler. Muni d'un pass spécial pas VIP mais de simple engouement, j'ai réussi à la rencontrer dans sa loge, enfin, dans la salle réservée aux choristes. Et je lui ai dit Je n'ai vu que vous, je n'ai entendu que vous, vous avez enchanté ma soirée. Merci.
Nous ne nous sommes jamais revu. Mais je repense parfois à cette femme de cette soirée-là. Elle m'a replacé (pour qui pourquoi ?) sur le chemin de la vie.

C'était le 3 octobre 1992. C'est à partir de ce jour-là que j'ai décidé d'être heureux.

dimanche 26 février 2012

Bienveillance amoureuse


Je suis toujours surpris, au hasard de mes rencontres professionnelles mais aussi personnelles, de constater combien les partenaires amoureux / partenaires de vie sont parfois si peu bienveillants l'un envers l'autre. Peut-être cela heurte-t-il simplement la représentation que j'ai de la relation amoureuse mais je ne pense pas que ce soit seulement cela.
A priori, et je dis bien a priori, la relation amoureuse, conjugale, d'accompagnement, la relation avec celui ou celle avec qui l'on vit (que je vais nommer "la relation de vie" pour faire simple) est une relation de bienveillance de chacun des partenaires envers l'autre. J'allais dire que c'est son principe-même. Enfin presque. Sans doute. Du moins la représentation consensuelle que l'on a du couple amoureux sous nos contrées est-elle celle-là : Les partenaires de vie sont ou doivent être bienveillants l'un envers l'autre.
Aussi suis-je à la fois étonné voire peiné lorsque le couple donne à voir autre chose de sa relation, quelque chose qui peut ressembler à de l’inattention l'un envers l'autre, de l'incompréhension, de l'agacement, voire de la méchanceté. Oui, jusqu'à la maltraitance mais là n'est pas mon sujet.
La malveillance, non seulement absence de bienveillance mais bien son contraire, n'est cependant pas mon sujet non plus. Je veux seulement parler de cette absence de bienveillance rencontrée ici ou là chez des couples de nos connaissances (ou pas.... Il n'y a qu'à arpenter les allées d'un supermarché un samedi après-midi).
De quelle manière parlons-nous à l'autre ? De quelle manière l'écoutons-nous ou pas ? Quelle est l'attention que nous lui portons ? Non non, je ne fais pas référence au monde des bisounours où tout le monde serait beau tout le monde il serait gentil, mais à ce monde bien réel dans lequel nous vivons et que certains couples (et donc partenaires de vie) s'emploient comme à montrer aux autres qu'il est tout sauf beau. On pourrait faire référence aux séquences au demeurant parfois croustillantes de ces "Scènes de ménage" sur la 6 chaque soir : Quelle est la considération que nous accordons à l'autre, à ces paroles, à ses désirs ?
Que la vie d'un couple soit émaillée d'incompréhensions, de flottements, voire d'éloignements est une chose somme toute assez banale, mais qu'elle soit et j'allais dire "ne soit" qu'agacements et titillements n'est pas un signe de bonne santé amoureuse. Et parfois cela est ainsi dès le début du couple, ce que j'ai par ailleurs le don de "sentir"... Je m'amuse -enfin, façon de parler- parfois à donner une durée de vie aux couples que je rencontre (hors professionnellement). Heureusement je me trompe souvent sur la durée, mais pas souvent sur la santé du couple en question. Et l'un des éléments sur lesquels je fonde ma perception est justement la présence ou non de cette fameuse "bienveillance" des partenaires l'un envers l'autre. Comment se parlent-ils ? en est la principale composante. Je suis en effet sidéré par la manière dont certains partenaires se parlent. Se parlent ? Enfin ! s'interpellent, se hurlent ou s'aboient, s'invectivent, se crient ou seulement ne s'écoutent pas...
Je ne sais pas si c'est la "bonne entente" entre partenaires qui amène la bienveillance entre eux, ou si c'est la bienveillance dont ils sont capables l'un envers l'autre qui amène la bonne entente (Encore que je suis convaincu qu'on peut faire montre de bienveillance même lorsqu'on ne s'entend plus... Non non, je ne joue pas sur les mots). Je pense peut-être seulement que la bienveillance est une qualité intrinsèque de la personne, de certaines personnes, un quelque chose qui lui appartient là tout au fond d'elle, et que la bienveillance amoureuse n'est qu'une "branche" de la bienveillance générique. De là à dire que la personne bienveillante l'est toute entière, de manière générale et avec tous ou qu'elle n'est pas, je n'en suis pas loin. Mais peut-être m'avancerais-je là dans des conclusions bien hâtives. Et pourtant !



                                                                "T'en fais pas, je t'accompagne"

jeudi 23 février 2012

Changer de vie.




Le médecin a dit un jour à mon père : Monsieur Psyblog (Oui, mon papa porte le même nom que moi), si vous ne changez pas de vie maintenant, dans six mois vous êtes mort. J'avais une quinzaine d'années, mon père une bonne quarantaine. Il en a aujourd'hui 80 et a donc, du moins momentanément écouté son médecin : Il s'est acheté un bateau, en a fait un loisir-sport jusqu'au plus grandes compétitions nationales, nous entrainant au passage, mon frère et moi, dans le sillon des compétitions dominicales les plus prestigieuses de l'hexagone (enfin, moi j'ai abandonné très vite, je n'aimais pas les compétitions ; mon petit frère, quant à lui, a continué, fréquentant les Desjoyaux et autres Le Cam qui écument encore les mers du globe). Mon père avait donc changé de vie, délaissant au passage quelque peu la vie familiale mais bon !
Hier après-midi, après un x ième examen suite à mon accident oculaire de la semaine dernière et à l'opération qui s'en est suivie, le chirurgien a été clair, et du moins ai-je compris la clarté de son discours : Monsieur Psyblog (Oui, je porte le même nom que mon père), si vous ne changez pas de vie, vous êtes mort. En plus clair, la rupture d'anévrisme dont vous avez été victime (et sujet) aurait pu et ça aurait été bien plus grave, être localisée dans le cerveau et non pas dans l’œil... Je ne vous fais pas de dessin, vous savez ce que cela signifie.
Si médicalement parlant mes connaissances ne me permettent pas de dire que les vaisseaux de mon cerveau sont aussi abimés que ceux de mon œil (examens à venir, bien entendu), j'ai quand même compris que les ruptures d'anévrisme oculaires étaient une alerte, et une alerte sérieuse quant à ma santé et à ma vie future. En clair : Il faut que je prenne soin de moi si je veux vivre en bonne santé et ne pas un jour prochain me retrouver légumineux après un AVC.
Et alors tombe la sanction la plus terrible (enfin, terrible ça suffit) pour un fumeur de longue date : Je vous donne quinze jours pour arrêter dé-fi-ni-ti-ve-ment de fumer.
Les non-addicts à la clope (mais on peut faire le parallèle avec l'alcool et toutes les drogues) ne comprendront peut-être pas mais tant pis. Tous les addicts à quelque chose savent bien de quoi je parle. Quinze jours ! Quinze jours pour peut-être se sauver d'un probable AVC. Probable. Pas certain mais probable si...
Ma compagne et moi-même sommes sortis de la consultation. J'ai allumé une clope le temps d'aller à la voiture. Et j'ai pris ma décision : J'arrête de fumer le 1er mars. Et tant qu'à faire j'arrête et/ou je me "mets" à d'autres choses. Changer de vie pour changer la vie. Parce que faut pas croire : Il va bien falloir remplacer la clope et le co*ca et la confiture et le non-sport par "quelque chose", combler les vides... Une clope entre chaque patient, c'était bien pratico-relaxant. Une pour commencer la journée, une pour la terminer, une pour le café, une pour les moments de blues, une pour les moments de plaisir, une pour... une pour... une encore.... Le changement n'est pas seulement dans le fait d'en tirer une ou pas, c'est aussi réaménager un emploi du temps...


Alors ce matin, rendez-vous pris avec l'ophtalmo (hey, faut bien quand même !), avec mon médecin qui me traite en général bien, "pour un check-up complet" qu'il a dit le chirurgien, ET avec la consultation anti-tabac de l'hopital. ET mise au point d'un régime de restrictions toutes simples : Plus (pas plusse, nanmaioh) de co*ca, peut-être essayer de marcher un peu plus, peut-être même essayer d'aller à la piscine...
 
Pffff ! Changer de vie, c'est une vraie galère. J'espère seulement -mais je ne saurai jamais- que je ne vais pas mourir dans un an en bonne santé. Ce serait con de s'être privé pour rien !
Enfin, comme le dit ma chère et tendre : Déjà tu sentiras plusse bon !

mardi 21 février 2012

Mon oeil (2) !

Voilà....
Je peux à nouveau écrire quelques mots. (Pas trop écrire ni lire, m'a dit le chirurgien)
Opération vendredi dernier donc... Flagada depuis.
Opération réussie puisque je re-vois à nouveau, même si un peu flou, même si je vois de "drôles" de choses (des petites mouches et des reliefs qui n'existent pas mais bon !), même si d'autres examens sont encore à faire pour comprendre pourquoi c'est arrivé et faire en sorte que ça n'arrive plus.
Je fatigue déjà. Merci pour vos gentils petits mots.
Pause, maintenant.

Allez, en prime... une tite photo prise ce matin dans une librairie : Oui oui, Mon livre est juste à côté de ceux de Christophe André. J'espère qu'un peu de sa gloire rejaillira sur moi (rire !).

jeudi 16 février 2012

Mon oeil !

Je rentre en clinique cet après-midi pour une opération de mon oeil gauche devenu subitement quasiment aveugle dimanche soir.
Opération prévue demain matin.
Je serai donc momentanément absent quelques jours.

A très bientôt j'espère

lundi 13 février 2012

dimanche 12 février 2012

Bienveillance




L'un des "problèmes", dans les relations humaines, c'est que lorsqu'on ne connait pas bien l'autre, lorsque l'on est en phase d’apprentissage de l'autre, c'est justement qu'on ne connait pas l'autre.Et quand bien même on le fréquenterait depuis un long temps, on ne sait jamais vraiment tout de l'autre.
Je fréquente suffisamment les forums, msn et autres moyens de communications internet pour m'en apercevoir : Les blagues, les biaiseries (oui, je sais, cher correcteur d'orthographe, tu me dis que ce mot n'existe pas mais je l'emploie quand même) en tous genres, les grincements d'humour, on ne sait pas toujours comment les prendre... Est-ce que "l'autre" blague ou est-ce qu'il est sérieux ? Est-ce qu'il fait preuve d'humour vrai ou pas ? Parfois alors "on" prend la mouche, on vit mal ce que l'autre dit / écrit. Et cela me fait penser :
L'apprentissage de l'autre est une délicatesse qu'on lui doit. Que ce soit dans la vie réelle ou dans la vie internaute. Prendre la peine de penser à ne pas froisser l'autre ou faire en sorte qu'il ne prenne pas notre intervention comme une agression....
Entrer en contact avec un autre, c'est tenir compte aussi de l’absence de savoir sur lui et accepter de ne pas savoir, ni ce qui lui fait plaisir, ni ce qui le blesse, de ne pas connaitre (toute) son histoire.
Dernièrement sur un forum consacré au couple et à ses problématiques, j'ai été témoin d'une prise de tête malheureuse : L'un des participants, après intervention d'un autre, écrit au premier Je m'occuperais bien de ta femme. C'était de l'humour peut-être, mais le premier intervenant ne l'a pas entendu ainsi : Tu peux peut-être même pas imaginer ce que je ressens et je t'emmerde. Quand l'autre l'a traité de "basique" (sous-entendu "Tu n'as pas compris que c'était de l'humour"), le premier s'est véritablement emporté : Si tu ne comprends pas que certaines de tes paroles écrites puissent faire du mal (sans même que tu en aies l'intention je te l'accorde même), alors c'est toi qui est basique. Je vous laisse deviner la suite...

L'intelligence relationnelle, c'est aussi savoir que l'on ne sait pas tout à propos de l'autre, et que ce qui peut sembler léger à certains ne l'est pas forcément pour l'autre...
Lorsque l'on rencontre un autre, on ne connait pas son histoire, et même lorsqu'on la connait (mais on ne connait que ce que l'on sait et que l'autre nous en dit) il reste des secrets, des blessures peut-être, des histoires enfouies et non-dites, de ces choses présentes mais parfois non-sues et bien souvent non-dites.
Rencontrer un autre, c'est accepter de ne pas tout savoir sur lui (oui, je sais, je me répète) et prendre ses précautions quant à son histoire non-sue. Que ce soit dans la vraie vie physique ou dans la vie internette, il faut alors sans doute prendre des précautions... On ne sait jamais vraiment à qui l'on parle ni ce qu'il a vécu. Alors plutôt que de risquer de le blesser (l'autre)... allons-y doucement. Ce qu'il lit et comprend n'est pas forcément que que nous lui avons dit.

Peut-être cela s'appelle-t-il de la bienveillance.

mardi 7 février 2012

L'homme battu



La femme battue fait malheureusement parfois la Une des journaux. Et c'est tant mieux. Non qu'elles soient battues, les femmes, mais qu'on en parle. Une femme meurt tous les trois jours, en France, sous les coups de son mari ou concubin. C'est terrible. Je voudrais bien trouver d'autres mots, je n'y parviens pas. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier ces actes. Horrible ? Inhumain ? Insensé ?
Les hommes battus ? On en parle moins. On n'en parle pas. Mais ils existent. Certaines statistiques donnent le chiffre effarant de 10%... Oui oui, vous lisez bien, 10% des hommes seraient battus par leurs femmes ou compagnes !
Ce n'est pas une légende, c'est un fait statistique. Mais c'est tellement incroyable... qu'on n'y croit pas !
La violence de la femme à l'égard de «son homme» est surtout psychologique. Physiquement, c'est moins possible, compte tenu des différences générales entre hommes et femmes. Cette violence atteint l'intégrité psychique de l'homme, par des procédés subtils, directs ou indirects. Elle est souvent concentré sur un travail de détricotage et de dénigrements des différents rôles tenus par l'homme aussi bien dans les sphères privées que publiques, rôles qui construisent son identité masculine, du moins celle véhiculée par la société.
La femme violente est une agressive passive, l'agression se jouant le plus souvent dans une négation de l'autre, l'homme, dans son rôle et son statut d'homme, y compris... au lit. La négation de l'homme se joue aussi et parfois surtout dans la négation de la relation physique à lui... Les femmes disposent là d'une arme redoutable !
La femme violente sape la compétence professionnelle de son conjoint : il n'est qu'un bon à rien. Elle sape sa compétence de père : il n'est pas un bon père. Elle seule sait ! Sapage de son rôle d'amant, de son rôle de père, de sa compétence professionnelle, mais aussi de ses relations amicales... Mon homme n'est pas un «bon» homme.
Bref, la femme prend le pouvoir.
Si je vous parle de cela ce soir, c'est parce que c'est l'histoire de mon patient de cet après-midi. Sept ans de mariage, et peu à peu l'emprise, la manipulation, les interdictions (de foot, d'amis, de présence auprès des enfants, de... choix du film de ce soir...), la main-mise d'une femme sur toutes -et je dis bien TOUTES- les activités de son mari.
Ce qui l'a décidé à venir me voir aujourd'hui est la porte fermée de sa maison samedi dernier (il y a trois jours) parce qu'il n'était pas rentré à midi et douze minutes (sic), le temps chronométré par madame pour le trajet fin du travail-maison...
Cette femme grignote, a grignoté pendant sept ans les moindres recoins de la vie de son homme, jusqu'à en faire son objet... La gifle monumentale qu'il a reçue samedi à midi-et-quatorze minutes -et à propos de laquelle le médecin lui accorde 5 jours d'arrêt de travail- est le déclencheur chez lui d'un NON impossible à dire, mais qu'il espère pouvoir dire très vite... avec l'aide du psy que je suis.
La honte, l'impuissance, la peur du ridicule (Franchement, vous imaginez un homme se présenter à la gendarmerie pour dire Ma femme me bat ?) font que de nombreux hommes ne disent jamais rien de leur calvaire. Et comment «prouver» ? L'arme est plus psychologique que physique. Le harcèlement est plus difficile à prouver que les coups.
L'homme battu, ce n'est pas une légende... C'est de la réalité cachée, voire insoupçonnée... donc cachée. Mais ça existe... Ca existe dans l'ombre, dans l'intimité des chaumières et des lits. Et les hommes, dans leur grande majorité, ne peuvent tellement pas le reconnaitre qu'ils ne le disent pas, qu'ils se taisent...
Bon, je sens déjà les attaques -ou les défenses-... «Oui mais les femmes sont plus battues, oui mais les hommes sont plus agresseurs.....» Oui, Ok, c'est vrai...
Ce que je défends là est la stricte interdiction et la bêtise, connerie, inefficacité... d'agresser l'autre, qu'il soit femme, homme, juif, noir, enfant, vieux, jaune, petit, bleu, malade, grand, boutonneux, unijambiste ou muet...
Ce que je défends, c'est le respect de l'être humain, quel qu'il soit, quel que soit son sexe, sa couleur, sa religion, ses croyances, ses habitudes, son éducation, ses peurs, ses envies, ses pensées...
Il est interdit d'humilier un autre, d'en faire son objet, de le nier en tant que sujet...
Ce que je défends pas, ce sont les comportements : La souffrance, le malheur, le désir, la soif de pouvoir, la pauvreté, la frustration... ne sont et ne seront jamais pour moi des excuses à l'agression. Même si ce sont des explications...



Tout ça à cause d'un homme venu me voir aujourd'hui parce que sa femme n'a pas supporté deux minutes de retard ! ! !