"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...
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mardi 24 avril 2012

Moment ordinaire de vie ordinaire

A quinze heures, j'étais sur la route. Je revenais de mon contrôle des yeux qu' ils ont été opérés il y a deux mois et que je rencontrais le chirurgien pour une visite de contrôle après qu'il m'avait opéré.
 Oui bon, que d'un œil mais quand même !  J'avais eu très peur de le "perdre"... 
Tout va bien, qu'il m'a dit... Je ne peux pas vous dire mieux : Tout va bien.
 Alors je lui ai dit Merci... Parce que tout chirurgien qu'il soit avec des dépassements d'honoraires épouvantables, il a fait son boulot et il l'a bien fait. 
Et je lui ai offert mon livre "Bloc-note d'un psy de campagne" avec la dédicace suivante Vous réparez les yeux, moi, j'aide à les ouvrir. Il est revenu vers moi et m'a dit J'aime bien votre dédicace. C'est tellement vrai !.... C'est tellement vrai ! 
Alors voilà, j'ai un œil tout neuf qu'il ma dit de ne pas abimer avec trop de cigarettes (pression artérielle et tout et tout mais que ça ne ne pose plus problème parce que j'ai arrêté de fumer) et nous nous sommes serrés la main dans une vraie relation de confiance. Et peut-être d'amitié, de ces amitiés furtives qui ressemblent à du respect réciproque mais amitié quand même.
Vous vous rendez compte si j'étais devenu aveugle ? Moi j'ai essayé de m'en rendre compte : Bien que connaissant ma maison sur le bout des doigts, je n'ai pas tenu plus d'une heure en m'exerçant à le devenir avant mon opération. Et pourtant ça aurait pu. Alors chaque jour que Dieu fait (Dieu ou un autre !) je ne peux que remercier le Ciel (ou un autre) et surtout ce chirurgien génial...
Je vous embrasse avec mes deux yeux !

lundi 2 avril 2012

Enigme

Transformer ses souffrances en expériences !!!

lundi 27 février 2012

La magie d'une rencontre.




Je suis allé un jour, un soir, à un concert. Bien grand mot pour dire une représentation d'une petite chorale venant de je ne sais où. Un soir d'envie de sortie.Un soir de mélancolie. Un soir de rien mais de prêt à tout et d'envie de tout. Sans attente aucune cependant.
Au milieu d'une centaine de personnes aussi curieuses que moi, j'étais seul. Seul dans ma vie, seul dans mon cœur, seul dans mon lit. Seul quoi !
"Ils" ont commencé à chanter. "Elles", surtout ! Et "Elle" encore plus. Elle, que je ne connaissais pas, que je n'avais jamais vue, dont je ne savais rien, mais qui a attiré mon regard tout au long de la soirée. A vrai dire et bien qu’appréciant la totalité de la prestation de cette chorale, je n'ai vu entendu, senti, écouté, vibré que pour, elle. Sans explication autre que celle que mon regard sur elle.


A la fin de cette prestation chorale, j'ai cherché à la voir, à la rencontrer, à lui parler. Muni d'un pass spécial pas VIP mais de simple engouement, j'ai réussi à la rencontrer dans sa loge, enfin, dans la salle réservée aux choristes. Et je lui ai dit Je n'ai vu que vous, je n'ai entendu que vous, vous avez enchanté ma soirée. Merci.
Nous ne nous sommes jamais revu. Mais je repense parfois à cette femme de cette soirée-là. Elle m'a replacé (pour qui pourquoi ?) sur le chemin de la vie.

C'était le 3 octobre 1992. C'est à partir de ce jour-là que j'ai décidé d'être heureux.

jeudi 23 février 2012

Changer de vie.




Le médecin a dit un jour à mon père : Monsieur Psyblog (Oui, mon papa porte le même nom que moi), si vous ne changez pas de vie maintenant, dans six mois vous êtes mort. J'avais une quinzaine d'années, mon père une bonne quarantaine. Il en a aujourd'hui 80 et a donc, du moins momentanément écouté son médecin : Il s'est acheté un bateau, en a fait un loisir-sport jusqu'au plus grandes compétitions nationales, nous entrainant au passage, mon frère et moi, dans le sillon des compétitions dominicales les plus prestigieuses de l'hexagone (enfin, moi j'ai abandonné très vite, je n'aimais pas les compétitions ; mon petit frère, quant à lui, a continué, fréquentant les Desjoyaux et autres Le Cam qui écument encore les mers du globe). Mon père avait donc changé de vie, délaissant au passage quelque peu la vie familiale mais bon !
Hier après-midi, après un x ième examen suite à mon accident oculaire de la semaine dernière et à l'opération qui s'en est suivie, le chirurgien a été clair, et du moins ai-je compris la clarté de son discours : Monsieur Psyblog (Oui, je porte le même nom que mon père), si vous ne changez pas de vie, vous êtes mort. En plus clair, la rupture d'anévrisme dont vous avez été victime (et sujet) aurait pu et ça aurait été bien plus grave, être localisée dans le cerveau et non pas dans l’œil... Je ne vous fais pas de dessin, vous savez ce que cela signifie.
Si médicalement parlant mes connaissances ne me permettent pas de dire que les vaisseaux de mon cerveau sont aussi abimés que ceux de mon œil (examens à venir, bien entendu), j'ai quand même compris que les ruptures d'anévrisme oculaires étaient une alerte, et une alerte sérieuse quant à ma santé et à ma vie future. En clair : Il faut que je prenne soin de moi si je veux vivre en bonne santé et ne pas un jour prochain me retrouver légumineux après un AVC.
Et alors tombe la sanction la plus terrible (enfin, terrible ça suffit) pour un fumeur de longue date : Je vous donne quinze jours pour arrêter dé-fi-ni-ti-ve-ment de fumer.
Les non-addicts à la clope (mais on peut faire le parallèle avec l'alcool et toutes les drogues) ne comprendront peut-être pas mais tant pis. Tous les addicts à quelque chose savent bien de quoi je parle. Quinze jours ! Quinze jours pour peut-être se sauver d'un probable AVC. Probable. Pas certain mais probable si...
Ma compagne et moi-même sommes sortis de la consultation. J'ai allumé une clope le temps d'aller à la voiture. Et j'ai pris ma décision : J'arrête de fumer le 1er mars. Et tant qu'à faire j'arrête et/ou je me "mets" à d'autres choses. Changer de vie pour changer la vie. Parce que faut pas croire : Il va bien falloir remplacer la clope et le co*ca et la confiture et le non-sport par "quelque chose", combler les vides... Une clope entre chaque patient, c'était bien pratico-relaxant. Une pour commencer la journée, une pour la terminer, une pour le café, une pour les moments de blues, une pour les moments de plaisir, une pour... une pour... une encore.... Le changement n'est pas seulement dans le fait d'en tirer une ou pas, c'est aussi réaménager un emploi du temps...


Alors ce matin, rendez-vous pris avec l'ophtalmo (hey, faut bien quand même !), avec mon médecin qui me traite en général bien, "pour un check-up complet" qu'il a dit le chirurgien, ET avec la consultation anti-tabac de l'hopital. ET mise au point d'un régime de restrictions toutes simples : Plus (pas plusse, nanmaioh) de co*ca, peut-être essayer de marcher un peu plus, peut-être même essayer d'aller à la piscine...
 
Pffff ! Changer de vie, c'est une vraie galère. J'espère seulement -mais je ne saurai jamais- que je ne vais pas mourir dans un an en bonne santé. Ce serait con de s'être privé pour rien !
Enfin, comme le dit ma chère et tendre : Déjà tu sentiras plusse bon !

mardi 21 février 2012

Mon oeil (2) !

Voilà....
Je peux à nouveau écrire quelques mots. (Pas trop écrire ni lire, m'a dit le chirurgien)
Opération vendredi dernier donc... Flagada depuis.
Opération réussie puisque je re-vois à nouveau, même si un peu flou, même si je vois de "drôles" de choses (des petites mouches et des reliefs qui n'existent pas mais bon !), même si d'autres examens sont encore à faire pour comprendre pourquoi c'est arrivé et faire en sorte que ça n'arrive plus.
Je fatigue déjà. Merci pour vos gentils petits mots.
Pause, maintenant.

Allez, en prime... une tite photo prise ce matin dans une librairie : Oui oui, Mon livre est juste à côté de ceux de Christophe André. J'espère qu'un peu de sa gloire rejaillira sur moi (rire !).

jeudi 16 février 2012

Mon oeil !

Je rentre en clinique cet après-midi pour une opération de mon oeil gauche devenu subitement quasiment aveugle dimanche soir.
Opération prévue demain matin.
Je serai donc momentanément absent quelques jours.

A très bientôt j'espère

vendredi 3 février 2012

55 ans !


55 n'est assurément pas un nombre calligraphiquement très rond. Mais ça en est un symboliquement. Et voilà que j'y suis. 55 ans aujourd'hui !
Je ne crois pas avoir imaginé, petit, que "j'arriverais" à cet âge-là. A trente ans encore j'imaginais ma vie bien plus courte, comme si j'avais une espèce de conscience que ma vie serait courte, enfin, même pas cinquante ans. Vous savez (enfin, les moins de vingt ans non), lorsque en 1967 (j'avais dix ans) on pensait et parlait "an 2000", c'était magique, ça semblait tellement loin, et puis l'an 2000 faisait rêver, comme si en cette année-là il allait se passer des choses incroyables et impensables. Le journal Ouest-France avait même publié, en ??? 1970 ? un "catalogue" des choses que l'on verrait en l'an 2000... Nous volerions comme des oiseaux, on guérirait tous les cancers, on voyagerait peut-être à 10 000 km/h dans des avions sans ailes, etc etc... On a vu... L'an 2000 n'a rien changé et ma vie a continué comme avant (même si des technologies comme internet ont changé bien des choses).
Et nous sommes en 2012. Et j'ai 55 ans. Et bien que né d'un grand-père décédé à 104 ans, je le suis aussi, né, d'une maman décédée à 78 ans alors qu'elle avait, comme disait le cardiologue, un coeur de 20 ans, je me suis toujours dis que je mourrai jeune. Eh non !, je suis toujours là.
Alors... petits problèmes de santé... On a changé quelques pièces défectueuses... Peut-être y en aura-t-il d'autres à changer encore ? On, enfin, JE verrais... Et puis il parait que les personnes mariées vivent plus longtemps que les personnes seules. Ouf ! Me suis marié il y a un an et demi, j'ai dû en prendre pour 20 ans de plus. Tant mieux.
Ce que je sais, c'est la fatigue parfois, la lassitude, mais mes 55, ma foi, je les porte bien et je suis bien dans ma vie.


Difficile de s'imaginer "plus vieux". C'est une question que je pose parfois à mes jeunes patients : Comment t'imagines-tu dans dix ans ? La question est souvent incongrue, et pourtant la capacité de "s'imaginer" dans dix ans est éminemment importante. Parce qu'elle pousse à grandir, parce qu'elle qualifie aussi la capacité à se projeter dans l'avenir, à se fixer ou au moins à penser des objectifs. Et l'on sait bien qu'avoir un ou des objectifs est bon pour la santé, et que le seul objectif "d'attendre" n'est pas un bon moteur pour vivre.
Lorsque j'ai commencé mon boulot de psy, lorsque j'allais dans les écoles avec ma petite malette de tests, je n'imaginais pas un seul instant qu'à cinquante ans je puisse encore le faire, ou plutôt j'imaginais qu'à 50 ans je serais absolument incapable de le faire. Je me sentais ridicule à l'avance. Je ne vais plus dans les écoles avec ma petite mallette, mais je vais dans les crèches, les écoles, les garderies... sans ma mallette mais avec mon cartable... et je ne me sens pas ridicule.
Peut-être y a-t-il des métiers qui se bonifient avec l'âge ? A 55 ans je suis plus tranquille qu'à 30, plus posé, plus tendre et plus philosophe peut-être. J'aurais été couvreur j'aurais sans doute été plus incapable de monter sur les toits, vieillerie oblige, mais s'assoir dans un fauteuil pour écouter et dire n'est pas un travail très physique. Alors je continue. Un vieux psy est peut-être aussi plus "savant" de la vie...
Bon, je ne vais pas vous bassiner davantage avec mes 55 ans. Mais à tous ceux dont c'est l'anniversaire aujourd'hui, je souhaite un joyeux anniversaire.

mardi 31 janvier 2012

SAS

Quand on va visiter quelqu'un en prison, il y a le sas. Le sas ? LES sas. Vous savez, ces endroits entre deux, ces endroits où vous n'êtes nulle part, sinon entre deux quelque part.
Premier sas : La salle d'attente. Je veux dire "la salle d'attente pour être en droit d'attendre". Tu es là, avec plein d'autres qui attendent. Faut pas arriver en retard. Surtout pas. Parce que si t'arrives en retard c'est trop tard. Alors t'arrives un quart d'heure en avance. Et tu attends.
Tu attends que les agents de la pénitentiaire arrivent. Et tu fais la queue. Pour présenter ta carte d'identité et t'entendre dire un chiffre, un numéro, celui de la petite pièce où tu vas rencontrer celui ou celle à qui tu viens rendre visite.
Ensuite tu passes dans le vrai sas, celui qui est fermé à double tour côté rue et liberté, et côté prison proprement dite. 20 ou 30 personnes dans un tout petit espace. On dit un nom. Si c'est le tien, tu y vas. Si c'est pas le tien tu attends qu'on dise le tien. Quand le nom est dit et que c'est le tien, tu enlèves tes blouson, sac, chaussure, ceinture et tu mets le tout dans une machine qui t'avale tout ça et qui te scanne le tout que si ça sonne tu peux pas passer le scanner à ton tour mais en général ça sonne pas alors tu passes et tu récupères de l'autre côté tout ce que tu as laissé dans la machine.
Et nous voilà tous très serrés de l'autre côté de la pièce, autre sas de compression. C'est alors que si tu en as tu déposes le sac de vêtements que tu amènes à celui que tu viens visiter. Et tu attends.
La porte s'ouvre, avec un doux bruit de déclenchement électrique. Et tu te retrouves dans une cour. 20 mètres à parcourir, parfois sous la pluie mais que 20 mètres quand même. Et tu attends. Quoi ? Que le gardien, enfin, l'agent de la pénitentiaire rejoigne le groupe. La porte s'ouvre sur le cinquième sas. Alors tu entres dans une petite pièce toute en longueur. Avec, dans un coin, protégé par de grosses vitres que je suppose blindées, un agent entouré de dizaines d'écrans et de dizaines de talkies que tu peux toi-même regarder les écrans avec vue sur "l'extérieur".
Et tu attends. Et tu entres finalement dans "la prison". Autre petite cour. En fait tu es dans le no man's land, dans le entre deux, entre l'enceinte extérieure et celle intérieure. Pour la première fois tu vois des barbelés, des barbelés très sophistiqués, comme des lames de rasoirs serties sur des fils de fer en rouleau. Tu aperçois au loin deux miradors. Tu te dis qu'en cas de connerie ils doivent pouvoir te descendre au moindre clignement d’œil. Et tu attends encore.
Et tu entres dans une autre salle. Deux tableaux naïfs au mur. Quelques rappels sur du papier défraichi. Du genre Ne pas apporter aux détenus de boissons alcoolisées, du genre que si quelqu'un veut t'aider et se réclame du "Chemin du bonheur" (non Joelle je sais que c'est pas toi) c'est l'église de scientologie qui cherche à te recruter, du genre qu'il ne faut pas cracher par terre et bien se laver les mains pour ne pas transmettre des maladies.... Du genre.
Et là tu as tout le temps de lire. Tu as tout le temps d'attendre. Parce que, à moins de faire partie du premier groupe de visiteurs, tu attends... Tu attends que les détenus visités avant celui que tu vas visiter soient fouillés, des fois que malgré les multiples sas ils aient pu recevoir de leur visiteur un quelque chose d'interdit. Alors pendant que tu attends, les visiteurs d'avant attendent aussi. De l'autre côté de la vitre qui nous sépare dans la même pièce.
Une fois que les détenus visités avant ont tous été fouillé ("au corps", comme on dit et que j'imagine à peine ce que c'est, même si je sais qu'ils doivent entièrement se déshabiller), leurs visiteurs se voient libérés... dans la même salle que les visiteurs dont tu fais partie. Hooo... pas en même temps. Il a fallu avant que les portes s'ouvrent vers nos visités à nous et que la porte vers le "patio" se referme. Le patio, c'est un petit jardin de... 20 mètres carrés, avec des arbres et des buissons et des cannettes de bière et des détritus que tu te demandes comment ils sont arrivés là... Le patio donc, est au centre d'un couloir d'une vingtaine de cabines où tu vas enfin pouvoir rencontrer celui que tu es venu visiter.
Là tu entres dans la cabine du numéro qu'on t'a donné lorsque tu as remis ta carte d'identité dans le premier sas, pardon, le deuxième. La première fois, lors de ta première visite, tu es tellement stressé que tu as oublié ton numéro mais bon, les agents sont là, aimables pour te le re-donner.
Et enfin, enfin après une demie-heure/ ¾ d'heure d'attente et de passage de porte et de passage et sas et d'angoisse si tu es claustro... tu rencontres enfin celui que tu es venu voir, celui que tu aimes, celui qui est là, enfermé.
9 mètres carrés. Une table. Trois chaises. La lumière extérieure venant du hublot de toit. Un peu de vie à travers des peintures, des dessins sur les murs et quelques graffitis d'enfant ou d'épouses désireuses de laisser une trace... et deux hublots, l'un donnant sur l'intérieur de la prison proprement dite, l'autre sur le "patio".
Et une demie-heure pour dire ta peine, la sienne, la vie, les regrets, l'affection, l'amour, les larmes, la colère, ... et bien d'autres choses encore qui te semblent ridicules une fois que tu es sorti de là.

Et le détenu ressort. Et tu attends. Et tu passes dans le patio. Et tu te retrouves dans la dernière salle, séparé de ceux qui vont à leur tout visiter leur amour, leur fils, leur papa, leur copain... et tu attends... Tu attends ce que tu sais seulement quand tu y es : Que chaque détenu ait été fouillé et "blanchi"... Alors seulement tu peux sortir dans la petite cour / no man's land avec les barbelés en forme de rasoir. Les uns rient, d'autres sont graves, baissent la tête ou regardent le ciel. Souvent gris le ciel, même si objectivement bleu. Les  enfants continuent à jouer. Ça fait sourire les adultes. Heureusement qu'ils sont là, les enfants !
Et tu te retrouves dans la petite cour. Tu ne sais pas qui est emprisonné là... Il y a des grilles, des visages aux fenêtres derrières les grilles. Des visages de jeunes garçons, ai-je pu constater souvent. Tu entres assez rapidement dans le dernier sas. On te rends ta carte d'identité, tu prends éventuellement le sac de vêtement à laver que ton détenu visité t'a laissé... et tu attends. Tu attends que chacun ait récupéré sa carte, ses vêtements, éventuellement les choses qu'il n'avait pas le droit d'amener dans l'enceinte de la prison et ... tu sors. L'air. L'air libre. La liberté.
Tu vas à nouveau dans le premier sas récupérer ce que tu as laissé dans les casiers (cigarettes, clefs de voiture, téléphone...) et zou... tu files... tu files rejoindre ta voiture en te disant que c'est un mauvais rêve. Tu viens de passer trois heures hors du temps pour une demie-heure avec celui que tu aimes... et tu reprends ta voiture. Tu regardes le soleil ou les nuages ou les arbres comme si tu les découvrais pour la première fois, tu t'allumes une clope en te disant que même si t'en allumes cinq d'un coup personne te dira rien, tu vas au Casto ou au Casino ou dans n'importe quel magasin du coin et tu achètes une connerie en prenant conscience que tu as le droit de le faire, tu vas t'acheter un sandwich parce que tu en as envie même si t'as pas faim... et en regardant le mur de la prison, tu te dis que tu ne supporterais pas d'y passer ne serait-ce qu'une semaine.
Et alors tu as envie de vivre. Et tu te dis que la vie, vaut mieux en prendre soin. Et tu te prends à penser que celui que tu viens de visiter est décidément un pauvre con. Et tu te prends même à penser que même ceux que tu aimes tu peux les traiter de cons. "Petit" peut-être mais con quand même ! Et tu te prends à penser que même si tu sais la nécessité de l'incarcération des hors-la-loi, quand elle concerne l'un de tes enfants, ça te fait mal...
Pour voir et parler avec mon garçon, je dois et il doit accepter que j'en passe matériellement 9, de sas ! Et 9 pour le retour ! Et vendredi dernier, comme pour la première fois, cela m'est apparu insupportable, insurmontable. Au point que je ne sache pas ce jour si je serai capable d'y aller à nouveau. Même si je sais je j'y retournerai. Parce que c'est mon fils et qu'il est certainement plus en souffrance que moi et que je suis son père, quoi qu'il ait fait.

Positivement (et je sais être positif même si paradoxalement je sais aussi être très pessimiste), je me dis que les sas (étrange ce mot ! Sas, sasse?, ressasser...) sont aussi des passages. Des couloirs, des passages encore, vers "autre chose", vers du mieux on peut l'espérer. Comme un quelque chose entre deux états... Le sas peut être une traversée du désert, comme on le dit pour les artistes, les politiques, les tout-un-chacun qui perdent pied à un moment de leur vie. Mais ce peut être une traversée du désert salutaire, de celle qui permettent la résurrection, la rencontre, le mieux, voire le bien...

lundi 16 janvier 2012

Petit moment d'humanité

Sas d'entrée de la prison vendredi après-midi. Passage sous le scanner. Fouille d'une des visiteuses. Ambiance très tendue parmi les visiteurs. Regards bas. Sourires, non, pas de sourires, même crispés. Silence de mort. Pas gaie, l'ambiance, vendredi 13 janvier.
Et une femme enceinte, "très enceinte", même, fait "sonner" le scanner. Qu'avez-vous sur vous ? demande l'agent pénitentiaire. Sur moi, rien. En moi, oui répond la jeune femme enceinte. Sourires dans la salle. C'est pour quand ? demande gentiment l'agent. Pour mars répond la femme. Mais vous êtes très...  / Oui mais j'en attends deux, termine la femme très très enceinte. Sourires francs dans la salle.
Moment d'humanité tendre dans un sas où sont rassemblés ceux qui vont rendre visite à un fils, un frère, un père ou un copain... en prison.

Je suis toujours aussi mal à l'aise, je me pose toujours un tas de question sur ces visites, sur ces gamins de parfois même pas un an et sur ceux de 7, 10 ou 15 ans qui se retrouvent dans cet univers étrange. En ce qui concerne cette femme enceinte, ces deux petit(e)s vont naitre sans leur papa, cette femme va accoucher sans son homme. Il y en a qui décidément démarrent dans la vie avec moins de "chances" que d'autres. Et ce petit garçon, l'autre jour, lors d'une autre visite, qui demande à sa maman Quand il va sortit papa ? / Je ne sais pas répond sa maman / Ah ben alors on pourra encore venir le voir ici et jouer avec lui sur la petite table. Mais il n'y a pas le droit d'amener des jouets. Alors j'imagine qu'ils parlent, qu'ils parlent, qu'ils parlent. Un parloir c'est fait pour cela : Parler. Se toucher. Faire l'amour même, même s'il y a de grands hublots par lesquels les gardiens ne passent jamais le regard. Parce qu'ils savent que les couples profitent aussi de ces moments de mauvaise intimité pour se toucher...
Les petits ont été faits dans le parloir, me dira la maman enceinte plus tard...
Étrange moment d'humanité dans un monde étrange.

lundi 9 janvier 2012

Coup de pub

Oui, je sais, c'est la deuxième fois en un mois, mais aujourd'hui je voulais filer un coup de main à une amie, une vraie de vraie amie en vrai, qui a des mains (oui, un coeur aussi) en or : Mon amie Brigitte.


Brigitte aime coudre, fabriquer, fignoler des plein de petites choses en tissus et autres matériaux mous / souples, du doudou au cœur en passant par les cocottes et autres petites étoiles.
Brigitte vient de créer un blog -Oh, encore balbutiant- pour montrer et pourquoi pas un jour vendre ses réalisations.


Alors voilà, je voulais vous en faire part, c'est ici  et c'est aussi dans la colonne de droite (Rêve Et Passion).

mardi 3 janvier 2012

Souvenir.... Le film d'un accouchement en classe Terminale


L'éducation sexuelle à l'école n'est pas toujours "bien" faite. Voire pas du tout faite.
Cet après-midi, un ado (14 ans, c'est un ado, n'est-ce pas ?) me dit Je n'y connais rien, je ne sais rien, je ne sais pas où trouver les informations (éducation pré-suppose information). Et des souvenirs remontent brutalement à la surface.


Tout petit déjà j'ai su comment on faisait les bébés. Tout petit je savais que les bébés ne poussaient pas dans les choux ou dans les roses. Ma mère m'avait expliqué -joli livre très bien fait à l'appui- vers cinq ans les histoires des petites graines, de ventre et d'accouchement (dommage que je n'ai pas mon appareil-photo, je vous aurais mis une photo du livre, que j'ai encore), en me disant que c'était secret, qu'il ne fallait pas trop en parler à l'école parce que certains parents n'expliquaient pas les choses comme ça à leurs enfants (Hey, on est en 1962, là).
J'ai donc grandi avec cette certitude-là de savoir des choses que les autres ne savaient pas. Et donc "tranquille" en matière de sexualité, du moins en matière de bébés et de fabrications de bébés.


Mais le souvenir qui m'est revenu cet après-midi est d'un autre ordre : Classe Terminale. 1975. Education sexuelle oblige, proposition -Que dis-je ?- obligation un jour de se rendre dans l'amphi pour visionner.... un accouchement.
Une centaine de garçons, trois filles (la mixité n'était pas encore la règle en lycée, du moins commençait tout juste), les copains avec leurs lourdes blagues plus ou moins salaces, et le film commence. Cru. Médical. Mais plein de tendresse et d'amour aussi.
Dire que les copains n'avaient aucune éducation en matière médico-anatomico-obstétricale n'est pas un scoop et je n'avais pour ma part jamais vu ni de près ni de loin un accouchement même en film, mais j'ai accueuilli ce film avec tendresse et bonheur, me faisant au passage traiter de certains qualificatifs désobligeants et très désobligeants pour les filles et pour les femmes en général. Les copains sortaient de l'amphi les uns après les autres, estimant à grand bruit que cela était inintéressant, que cela ne concernait pas les hommes (qu'ils coyaient être), qu'ils n'en n'avaient rien à faire, etc... Je ne me privais pas pour ma part de leur dire qu'un jour ils seraient peut-être papa et.... Pfff ! Peine perdue. Comme si devenir papa un jour n'était pas dans leur pensées ! Et puis c'était pas viril, ça, de s'attendrir quelque peu sur quelque chose d'ordre affectif.
Moi je tenais bon. Certaines images me... comment dire, me ... me... dépassaient un peu, mais je laissais couler quelques larmes d'émotions sur mes tites joues. Jusqu'à ce que mon copain Philippe, assis à côté de moi, me prenne le bras et me dit Psyblog, je me sens pas bien. Il a eu juste le temps de me dire ça et a tourné de l'oeil.... Mince alors, juste quand le bébé sortait du ventre de sa mère !
J'ai appelé dans la salle, crié que Philippe n'allait pas bien. Des infirmières, prévues pour un débat/questions-réponses pour après le film, sont venues, ont emmené Philippe et Zou ! J'ai raté la fin du film et une grande partie du débat.
Alors bien sûr Philippe s'est fait traiter de tous les noms par la suite (par ceux-là même qui ont quitté la salle par incapacité d'attendrissement ou de je ne sais quoi d'autre). Moi aussi. Mais en plus, j'ai "gagné" la possibilité d'aller revoir le film (et voir la fin) .... au lycée d'à côté la semaine suivante. Oui oui, celui-là même où il n'y avait QUE des filles ! Un vrai bonheur !
Ceci dit, ce film et le débat qui a suivi fut un vrai régal. Je ne savais pas encore que moins de deux ans après, j'allais le vivre en vrai en devenant papa à mon tour !

vendredi 2 décembre 2011

jeudi 1 décembre 2011

J'aime

J'aime. Voilà !
J'aime. ma femme, ma vie, mes enfants.
Ohhh ! ça n'est pas toujours simple, mais j'aime...
Les gens, les gens , et la vie.
Je n'ai pas toujours aimé la vie. J'ai même pensé parfois y mettre fin tellement elle m'a abimé, mais j'aime....
L' "amour" de la vie n'est pas une évidence. Mais c'est peut-être la finalité de la vie. Je me rappelle les souffrances de mes échecs amoureux passés, avec cette tolérance envers moi-même de m'être trompé, d'avoir été trompé.... C'est peut-être l'une des clefs de la fin de la souffrance : Se pardonner à soi-même de s'être trompé...
Peut-être l'important est de s'aimer soi-même, de garder au fond de soi cette conviction précieuse qu'on est quelqu'un, qu'on le "vaut bien", comme le suggère une publicité connue.
Une séparation est toujours quelque chose de terrible. L'important est de comprendre ou au moins de se demander pourquoi. Pas de se culpabiliser à outrance, mais simplement de se demander en quoi on y est pour quelque chose.

Moi j'aime. C'est une chance extraordinaire. Et je suis aimé de la femme que j'aime. Autre chance extraordinaire. Et j'aime la vie, la liberté, la vie avec Elle et la vie sans Elle lorsque nos activités professionnelles ou privées nous amènent à vivre l'un sans l'autre quelque jours...

Je l'aime depuis le premier jour de notre rencontre il y a 14 ans, que même écrire "quatorze" en chiffres me parait presque une hérésie. Rencontre par "petites annonces", flash, et depuis ensemble....

L'amour le vrai, la vie ensemble la vraie, celle qui rend paisible et qui finalement rend paisible et tranquille, ça existe.... je sais, je la vis au jour le jour.

Et je crois encore que le plus beau jour de notre vie est encore à venir !

lundi 21 novembre 2011

Petit coup de pub pour un blog


Je ne sais pas si vous êtes déjà aller faire un tour sur le blog  "Au tour d'Aude et Nico "(quatrième sur la liste des blogs auxquels je vais rendre "visite presque chaque jour" -colonne de droite), mais Aude est une nièce, enfin, une nièce de ma femme alors c'est tout comme.
Voilà deux petits jeunes partis faire le tour de monde pendant un an... Partis le 15 septembre dernier de Paris avec quelques kilos (peu) sur le dos pour vivre un rêve -non, pas le mien, vous connaissez ma difficulté à voyager.
Alors voilà, je et la famille entière les suivons dans leur périple.
Je n'ose pas trop imaginer mes enfants à moi si loin, si "en danger" (dernier en date : la confusion possible entre le I et le 1 de leur passeport à la frontière sino-vietnamienne) mais bon, ils sont jeunes et moi je ne le suis plus.
C'est une aventure de partir ainsi sur les routes du monde. Une sacrée aventure. Je crois même que je les admire, je crois même que si j'avais eu trente ans de moins, peut-être...

Un petit coucou leur fera certainement plaisir.... Si le cœur vous en dit !

vendredi 11 novembre 2011

Sans titre

Texte écrit il y a longtemps, dans une autre vie, un temps où j'ai été très malheureux


Un soleil s'est levé au début de l'été
illuminant ma vie pour la seconde fois.
Être amoureux encore jamais n'avait pensé
Mais le soleil levant ce jour-là ce fut toi.

Des soleils dans ma vie j'en avais déjà eus :
Rencontre, amour, vie et naissance
d'enfants d'elle et de moi, et tout ce que j'ai bu
de plaisirs et de joies au cours de mon enfance.

Nouveau soleil brillant, étoile belle et filante,
Sourire chaud attentif d'un cœur au bois chantant.
La vie d'une amitié (?) naissante et troublante
Naïve je voudrais comme celle des enfants.

Enfants nous ne sommes. Et pourtant !
Le sentiment beauté qui torture mon cœur
ne pourra s'apaiser sûr'ment qu'avec le temps.
Je voudrais chère amie pouvoir t'offrir des fleurs.

La vie, la réalité, et l'amour des chers
ont jeté devant nous de sérieux interdits.
Notre amour alors ne serait qu'éphémère ?
Je crie à l'injustice. J'voudrais du paradis.

Ces petits mots-cadeaux doucement je te lance,
maladroitement peut-être, fier et tout tremblant.
Ce poème déroutant, fragile et sans silences,
C'est celui, pardon, celui d'un débutant.

Je veux t'offrir des roses qui te diraient en vrai
qu'enfant je veux rester à travers ces mots-jeux.
Possessif je suis quand je te dis Je t'ai,
Amoureux sûrement quand je dis que Je t'aime.

Pourrais-je te dire adieu ?Je ne le sais moi-même.
C'était pourtant là la seule raison du poème.
Adieu je ne sais, mais Au-revoir quand même.
La seule parole vraie est de te dire
Je t'aime.

mercredi 9 novembre 2011

C'était mieux quand vous aviez 18 ans ?


C'était mieux quand vous aviez dix-huit ans ? me demande un jeune patient de dix-huit ans. Mieux ? Mieux de qui de quoi ? La vie était-elle plus facile pour un jeune en 1975 que pour un jeune en 2011 ?
Je ne sais pas. Il est difficile de comparer ce qui ne l'est que peu. DES jeunes en 75 galéraient, d'autres vivaient leur vie comme elle devait l'être, tournée vers l'avenir et sans difficultés particulières, DES jeunes aujourd'hui galèrent et d'autres vivent leur vie avec optimisme.
S'il est collectivement plus difficile aujourd'hui qu'avant-hier de s'insérer dans la vie sociale (le taux de chômage des jeunes n'a jamais été aussi élévé), je ne sais si la perception qu'en a tel ou tel jeune est différente de celle d'il y a quarante ans.
Je vois des jeunes autour de moi qui suivent des études, sont en apprentissage, sont déjà au travail. Pour eux cela semble aller pour le mieux. Voiture, copine, travail, voyages... et d'autres effectivement qui galèrent pour vivre et se faire une place dans notre société, une place qui leur convienne, j'entends. ET à dix-huit ans, si personnellement j'étais en fac avec un avenir à peu près ouvert et j'avais une vie somme toute très agréable, j'en connaissais d'autres qui faisaient la manche et voyageaient de petits boulots en petits boulots tout aussi pénibles et sans avenir qu'aujourd'hui.
Est-ce la vie des jeunes d'aujourd'hui qui a changé ou est-ce la perception qu'ils ont ont et que nous en avions ?
Autant les jeunes d'aujourd'hui se prennent parfois à envier la vie de leurs parents au même âge, autant leurs parents se prennent parfois à envier leur vie à eux de maintenant. Décidément on pense souvent que l'herbe est plus verte ailleurs.
Avec ce que je sais maintenant de moi-même et de la vie, je crois que j'aurais aimé avoir un ordinateur et un tel portable, à 18 ans. Je crois que j'aurais aimé la liberté (parfois mal employée je vous l'accorde) des aujourd'hui jeunes de 18 ans, la liberté dans les contacts, dans les rencontres, ces merveilleuses possibilités de rencontres qu'apportent les "nouvelles technologies" comme on dit. Mais cela c'est ma vie, c'était ma vie.
Mes propres parents enviaient-ils à mon âge la vie que j'avais à 18 ans. Pour sûr que oui. Pas de guerre, de celle qui avait empoisonné leur jeunesse. Davantage d'argent. Davantage de liberté certainement, autant en ce qui concerne la vie de tous les jours (électroménager) ou la vie amoureuse et sexuelle (Ok, le SIDA est depuis passé par là !)...

Mes enfants me disent parfois que la vie de mes dix-huit ans devait être "chouette quand même" : Les chemises à fleurs, les guitares, les balladeurs (oui oui, vous savez, ce qu'on appelait aussi "magnétophones à cassettes" (une vraie révolution, mieux que le MP3), les cheveux longs et le coca encore délivré au compte-gouttes et uniquement dans les cafés. Et puis l'optimisme ambiant, la légèreté ambiante, l'avenir ouvert même si le Vietnam envahissait chaque soir nos écrans de télé. Il n'existait d'ailleurs qu'une seule chaîne, puis deux puis trois pendant longtemps : Peu de problème de choix !

La vie était-elle mieux avant ? Non. Oui. Je ne sais pas. On n'envie pas ce que l'on ne connait pas. On est seulement parfois nostalgique du temps qui passe et de ce que l'on a connu. Je ne suis pas nostalgique de mes dix-huit ans. Mais je trouve dommage que certains jeunes soient nostalgiques... des miens !

mardi 1 novembre 2011

Déclaration de guerre


Vous le savez, ou vous ne le savez pas, mais "avant" je "sévissais" sur "Psychologies.com."
La plate-forme qui accueillait mon blog était très correcte, les fonctionnalités très ouvertes et surtout les liens que j'avais créés depuis quatre ans et demi étaient fantastiques, autant dans la vie internet (blog et msn) que dans la vie réelle puisque ayant rencontré certain(es) de mes lecteurs/trices surtout) avec un plaisir que je n'ai jamais dissimulé.
Peu à peu j'avais construit quelque chose. Moi qui avait toujours eu envie d'être lu j'avais trouvé là un lieu pour l'être, comme une vitrine, dont mon ego se satisfaisait avec plaisir, à tel point que j'avais fini par publier un livre regroupant une centaine de mes notes (Bloc-notes d'un psy de campagne), à tel point que des radios, des magazines, et trois fois des télévisions m'avaient contacté.
Mais... Car il y a un mais, après quelques 700 notes et près de 10 000 commentaires, l'aventure s'est brutalement arrêtée. Non par ma "faute", mais parce que la plate-forme qui hébergeait mon blog a été démantelée. Psychologies.com a repris à son compte la gestion des blogs. Non sans prévenir, mais avec une légèreté stupéfiante. Beaucoup d'entre nous (blogueurs sur cette plate-forme) ont perdu leurs notes, leurs commentaires, et souvent tous leurs liens. Vous savez, les liens, ceux qui font que l'on n'est pas tout seul, ceux qui font que l'on avance tous comme des presque copains, partageant peines et joies, réflexions et rire.
Tant bien que mal nous avons tenté d'être patients, nous avons tenté de comprendre, d'excuser même, de "faire avec". Mais l' "Histoire" a capoté, l'histoire se terminait dans une confusion que la colère (en ce qui me concerne) et la déception de beaucoup n'a fait qu'amplifier.
Les contacts avec les administrateurs de la plate-forme n'ont pas donné à ce jour de résultats probants. Un gros coup de gueule de moi contre eux a même été supprimé par eux sur leur blog (eh oui, "ils" ont quasiment supprimé les blogs et détruit la communauté, mais eux ont un blog).
Alors voilà, ce n'est pas dans mes habitudes de cracher dans la soupe. Je ne remercierai jamais assez Psycho.com de m'avoir accueilli et donné l'occasion d'écrire et d'être lu, mais trop c'est trop! Peut-être je me baptise moi-même et à tort porte-parole de cette merveilleuse communauté de blogueurs floués, mais tant pis.
J'ai contacté un avocat. Pour déposer une plainte pour rupture unilatérale de contrat. Plainte qu'il juge recevable. Un hébergeur de blogs a non seulement des droits mais aussi des devoirs. Et le premier d'entre eux est d'assurer la pérénité des écrits, commentaires et liens que "ses" blogueurs lui confient. D'autant plus s'ils paient pour cela (89 euros par an chez psychologies.com).
Ce n'est pas dans mes habitudes d'entrer en guerre, disais-je. Et le plus longtemps possible j'ai gardé cela pour moi, j'ai gardé pour moi ma colère et mon immense déception. Pour que cela reste entre psycho.com et moi. Et puis je n'aime pas la guerre. Je n'aime pas le conflit. Je me dis aussi qu'après tout ce n'était qu'un blog. Et pourtant !
Alors après mon commentaire supprimé, j'ai "fabriqué" une couverture, une fausse couverture (peut-être une grosse erreur de psycho.com que d'avoir proposé à ses "membres" de faire de fausses couvertures !) de Psychologies magazine, que j'ai bien entendu postée sur mon blog.
Plusieurs personnes m'ont contacté depuis, me félicitant d'aller plus loin dans l'expression de ma déception voire de ma colère et surtout dans l'expression du sentiment que j'ai d'avoir été trahi par un collectif de personnes en qui j'avais toute confiance. Une personne m'a même demandé l'autorisation de la reprendre sur son blog en espérant que beaucoup la verront...

Alors voilà. Vous n'en avez certainement rien à faire, mais ce soir je la publie ici, cette "fausse couverture". D'abord parce que c'est MON blog et que j'en fais ce que j'en veux. Ensuite parce que je suis toujours en colère. Enfin parce que cette colère et cette déception se muent peu à peu en désir de le faire savoir, et de remuer un peu encore ces gens qui se croient tout permis en quasiment déchirant ces livres que chacun, patiemment, avait écrit depuis parfois des années.



lundi 24 octobre 2011

La "bonne" distance



Edward Hall, dans son livre "La dimension cachée", développait les notions de bulle et de distance, celle-là même qui agence les relations entre les personnes, qui définit culturellement et au sens propre la distance qui doit exister entre les personnes pour que la relation soit exempte de peur et de sentiment d'intrusion.
Ainsi nous tenons-nous "à une certaine distance" de l'autre, que ce soit dans un magasin, dans un bureau ou même dans la sphère privée. Il y a des "exceptions", bien entendu, qui nous font "supporter" le contact physique dans une file d'attente ou dans le bus, qui nous permettent de supporter la chaleur de l'autre en s'asseyant sur un siège de WC -encore chaud- après une autre personne, mais ces exceptions ne sont pas toujours bien vécues. Existent aussi les exceptions de la sphère sexuelle et amoureuse. Le "ne faire qu'un" n'est pas qu'une image.

Ma pensée de ce soir ne concerne pas les "bulles" physiques, mais les "bulles psychiques, celles liées à l'affection. Elle concerne l'amour, bien sûr, mais aussi l'amitié et tous les sentiments d'affection que l'on peut décliner, avec cette question fondamentale du "trop", du "peut-être trop", du harcèlement, même. A partir de quand ? de quoi ? de où ? la distance -ou le peu de distance- est-elle acceptable et acceptée ?
Exemple, parce qu'il faut bien donner un ou des exemples : Vous aimez, vous êtes "attiré par", vous "avez envie de...", vous rencontrez un ou une autre et... enfin, vous avez envie et vous ne savez pas si l'autre a le même désir que vous. En amour comme en amitié, cela est très fréquent : J'ai envie de l'appeler mais je ne sais pas si lui a envie que je l'appelle. Je ne sais pas si il ou elle m'attend autant que je l'attends. Est-ce que j'impose mon désir à l'autre ? On peut aller jusqu'au harcèlement, avec ces histoires. Si je lui envoie trois SMS par jour, va-t-il bien ou mal le prendre ? Et s'il me répond, est-ce par lassitude ou par désir ? Lui-dis-je que je suis disponible , que je suis sur msn, que ... Enfin, vous avez compris : Comment savoir si l'autre est aussi proche et a le désir d'être aussi proche de moi que j'ai le désir d'être proche de lui ?

On est bien entendu ici au cœur de l'existence-même des personnes. Exister pour l'autre ! Exister tout court ! S'assurer de sa propre existence pour l'autre.
IL est un exercice difficile pour chacun de nous (sauf pour les pervers, qui ne se posent pas la question) : Aller vers l'autre et ne pas pour autant s'imposer à lui. Au risque de harcèlement. Au risque aussi de le perdre . Quand on aime, on aime en général savoir si l'autre nous aime aussi. Suis-je "harceleur" en criant que j'ai besoin, voire envie de l'autre ? L'autre attend-il autant de moi que j'attends de lui ? Ne suis-je pas "lourd" en insistant ? Rentré-je trop dans sa bulle au risque de lui faire peur, au risque de l'indisposer ?
C'est un questionnement légitime, de se demander si l'on n'en fait pas trop, si l' "autre" est sur la même longueur d'onde, de se demander si l'on entre pas trop dans sa bulle...
C'est arrivé une fois dans ma vie... Nous avions diné ensemble, elle et moi... Je l'avais raccompagnée chez elle, et au moment où elle est descendue de la voiture, j'ai failli lui dire que j'aimerais encore passer un moment avec elle, voire dormir avec elle, et plus si affinité... Mais entrer ainsi dans sa bulle, je n'ai pas osé. Ce n'est que quelques années plus tard qu'elle m'a dit que ce soir-là elle n'avait pas osé entrer dans ma bulle à moi, qu'elle n'avait pas osé me demander de monter chez elle... Distance inconnue entre le désir de l'un et celui de l'autre. La bonne distance à trouver.

Certaines distances (au sens physique du terme) sont bien codifiées. Le respect de celles-ci fait même partie du protocole très strict des rencontres... en politique -au sens large-, par exemple. Le "savoir-vivre" dicte lui aussi ses règles en matière de distance à respecter entre telle et telle personne dans telle ou telle situation. Mais dans les relations privées, celles du commencement d'une histoire amoureuse ou celles de l'amitié-camaraderie-voisinage par exemple elles le sont beaucoup moins. Et cela complique parfois les choses, même si certainement cela les rends aussi plus ... passionnantes.
Les malentendus sont fréquents entre les personnes à ce sujet. Entre le Tu ne m'appelles jamais et le Tu me gonfles avec tes appels à répétition, les couples nouvellement amoureux et même les plus vieux sont parfois sujets à bien des tourments concernant... la "distance". L'équilibre entre le trop et le trop peu n'est pas facile à trouver.
Le couple qui sort de mon cabinet à l'instant me dit Ça fait 17 ans que l'on vit ensemble et on est tout le temps ensemble, au jardin comme dans l'atelier, dans la cuisine comme dans le salon, on ne se quitte pas d'une semelle. Ce couple a raccourci les distances au maximum : même travail, mêmes horaires, mêmes amis... à tel point que madame a eu de la peine à imaginer venir consulter seule et monsieur de la peine à imaginer attendre dans la salle d'attente. C'est ainsi. Moi je ne pourrais pas, j’apprécie aussi d'être sans ma compagne, j'aurais je crois la sensation d'étouffer, mais pas eux. Et tant mieux !

dimanche 23 octobre 2011

Seul chez moi !



Il est très rare que cela arrive : Être seul chez moi. Et ce soir je suis seul chez moi.
Que je sois seul le soir dans mon cabinet, oui, puisque j'y dors deux nuits par semaine, mais que je sois seul chez moi c'est très rare. Ma femme est partie cet après-midi de dimanche... en formation pour deux jours. Partie cet après-midi pour être sur place demain matin.
Et je vais vous dire : Je suis bien, seul chez moi. C'est comme une ré-appropriation de la maison. Par moi tout seul. Vivre un moment chez soi sans l'autre. Ça me fait tout drôle. Non que sa présence me gène -on a passé l'âge de la gène par l'autre et on s'entend assez bien pour être libre avec et en présence de l'autre- mais ça me procure une espèce de griserie particulière. Quand même !
Ma femme (Rhoo ! Que finalement je n'aime pas ce mot ! "Compagne" était si beau), ma compagne, donc, vit seule trois jours et deux soirs par semaine. C'est une habitude, c'est comme ça, mon travail m'éloigne de la maison trois jours par semaine. Elle dit qu'elle vit ça bien. Parfois elle dit que je lui manque. Peut-être est-ce bon dans la vie d'un couple, de se manquer un peu ? Ça donne ou redonne l'envie de se retrouver. Ce soir elle ne me manque pas, je suis heureux pour elle, qu'elle ait pu partir en formation. Je gage qu'elle va découvrir d'autres horizons, d'autres personnes, c'est sa vie à elle, sa liberté, aussi de se permettre de vivre en liberté "ailleurs"...
Alors je suis bien. Je vais manger ce que j'ai envie, me coucher tôt parce que hier soir je me suis couché bien tard because amis à la maison et soirée un peu arrosée. Je vais prendre mon temps, comme on peut le faire lorsqu'on est seul.

Je sais bien que ce plaisir n'est pas partagé par tous ceux et toutes celles qui vivent seul(e)... On envie tous ce que l'on n'a pas. Je n'envie rien du tout ni personne, je savoure, c'est tout. Bises à tous ceux et à toutes celles qui ce soir sont seul(e) et n'aiment pas l'être.

mercredi 12 octobre 2011

Le livre changeur de vie



En faisant le tri l'autre matin dans ma bibliothèque, je tombe sur "Le petit prince"... Et puis sur "L'insoutenable légèreté de l'être", de Milan Kundera pour ceux qui savent pas.

J'ai mis ces deux livres sur la table et longuement je les ai regardés. Pas lus, mais regardés. Regardé la couverture. Et rêvé un peu. En me disant que décidément, ces deux livres avaient eu bien de l'importance dans ma vie.

Le petit Prince, je l'ai découvert à douze ans, lorsque mes parents l'ont offert à mon petit frère pour son dixième anniversaire. Oh ! Pas sous la forme Livre, mais sous la forme Disque 33 tours, récit condensé lu par Gérard Philippe. Que d'heures j'ai passées à écouter ce disque ! Combien de fois je ne sais pas. Des dizaines. Des milliers même peut-être. Ce n'est que plus tard que j'ai ouvert LE livre. Et que je me suis aperçu qu'il contenait bien plus de phrases que le disque. Cependant la version Gérard Philippe ne m'a jamais quitté. Et c'est elle que j'ai dans la tête lorsque je lis que l'essentiel est invisible pour les yeux, ou que l'on est responsable de ce que l'on a apprivoisé.
Ce Petit Prince est ancré en moi. Et si parfois dans l'intimité de mon cabinet, seul, je l'écoute, c'est pour m'en imprégner encore et encore. Parce que je l'"ai" toujours en disque, ou plutôt en cassette-audio, et que j'ai toujours un lecteur de cassette que les moins de vingt ans vont se dire Qu'est-ce que c'est bien que ça ? L'essentiel est bien invisible pour les yeux, non ?

L'autre livre qui sans doute a changé ma vie, ou du moins la manière dont je la voyais, percevais et vivais a donc été "L'insoutenable légèreté de l'être", de Kundera. Ce livre m'a été offert par un collègue-psy que j'hébergeais deux nuits pas semaines... Il travaillait avec moi mais la moitié de chaque semaine. Lors de la naissance de mon troisième enfant (épique -pas la naissance mais sa réaction à lui- je vous raconterai un jour) il m'a offert ce livre. L'insoutenable légèreté de l'être. Déjà le titre me plaisait bien. Mais comme je ne lisais pas beaucoup, je l'ai laissé sur mes étagères.... Jusqu'à ce que, deux ans après, juste après la séparation d'avec la maman de mes enfants, je le "retrouve". Et que je le lise. Avidement ! Gloutonnement ! Avec un plaisir immense !
Difficile d'expliquer pourquoi on aime un livre. Mais celui-ci fut une Révélation et je l'écris avec un grand R. L'amour, le sexe, le désir, le plaisir s'étalaient là avec une finesse et une tranquillité déconcertante. J'ai lu ce livre 105 fois (je mets des petites barres en deuxième de couverture). En entier. Et j'y ai puisé à chaque fois ce que l'on peut puiser d'un livre : Des explications. Des intuitions. Des réponses. Des questions aussi mais surtout des réponses. Comme des réponses au grand voyage de la vie.
Ça a été une rencontre. Vous savez, celle qui se produit parfois sans qu'on s'y attende mais qui deux mois avant ou deux mois après aurait été nulle ou aurait pu l'être. Une rencontre entre un écrivain et un lecteur. Comme ça pour rien mais pas sans conséquences.
Lorsque le film est sorti, je suis allé le voir. Bien sûr ! Tout en me demandant comment on pouvait transcrire en images et sons .... un tel livre. Réussi. Pari impossible mais réussi. Il fait parti de mes films cultes, vous savez, CELUI qu'on emmènerait sur une île déserte s'il ne fallait n'en emmener qu'un.

D'autres livres bien sûr ont jalonné ma vie. "Jonathan Livingston le goéland", qui a façonné de manière certaine le prénom de mon deuxième garçon. Sa liberté de penser et de faire ne m'a pas échappé... La vie, quoi ! Jonathan le goéland et le petit prince auraient pu être copains dans la vie. J'imagine leurs longues discussions au pied d'une falaise ou devant une rose, philosophant sur la vie, l'amour, la mort, la Rencontre de l'autre et la liberté.

Je ne ferais par ailleurs pas l'impasse sur les deux miens, de livres. Sans fausse modestie, ils ont de l'importance pour moi, et chaque fois qu'un lecteur m'envoie un petit mot pour me dire qu'il a pleuré, ri, souri à leur lecture, oui, ça me change un peu plus la vie...

Et vous ? Dites moi : Y a t-il des livres qui ont changé votre vie ?