Dire que la relation entre humains est compliquée est d'une banalité s'apparentant à la ponte d'un oeuf par unepoule.
Je voudrais mettre en évidence aujourd'hui l'une de sescaractéristiques : l'élasticité.
Pour les vacances, ça peut servir...
C'est ce que je tente d'expliquer aux parents «qui ne savent plus comment s'y prendre avec leurs enfants et encore plus avec leurs ados...» : La relation avec un enfant / ado est élastique.
Expérience: Prenons un parent et un ado et regardons-les dans leur vie quotidienne : Parfois ils sont proches, parfois ils ne le sont plus ; ils sont capables de rire ensemble et d'aller faire les magasins, et deux heures plus tard de s'écharper comme deux chiffonniersjaloux ; ils peuvent être complices, et décidément ne plus rien comprendre à l'autre...
Bref, leur relation est élastique.
Mais continuons. L'une des grandes peurs des parents est que leur ado leur tourne définitivement le dos (oui, le tournage de dos est souvent vécu comme définitif)... Alors ils reculent, ou ils avancent, c'est selon, pour garder le contact, au détriment parfois de leur ligne éducative.
C'est là qu'intervient l'élastique.
Imaginez que la relation entre le parent et l'ado soit symbolisée par un élastique, dont chacun tiendrait l'une des extrémités. Parfois la relation est bonne, le parent et l'ado sont proches, et l'élastique pendouille entre eux. Mais parfois la relation est tendue.... et l'élastique aussi.
Et chacun de prendre peur que l'autre ne lâche son extrémité! De fait, recevoir un élastique en pleine g..... ne fait pasdu bien. Ca peut même faire très mal.
Le parent, en général, a très peur que l'ado lâche le bout qu'il tient. Alors il revient, se rapproche, Oui tu l'auras ton scoot, Oui tu peux sortir, Oui je te file 20 euros, d'Accord tu peux...
Et parfois le parent ne parvient plus à être parent...
Ce que le parent ignore le plus souvent, c'est que son ado a encore plus peur que lui, le parent, lâche son bout... parce qu'un ado qui lâche son élastique dans la g..... du parent, ça fait mal, mais un ado qui reçoit l'extrémité parentale de l'élastique, ça fait encore plus mal...
Mais l'ado, parce qu'il est ado, parce qu'il fait son boulot d'ado, ne ledira jamais... C'est pas son boulot, de dire qu'il a peur.
En fait, mon message est le suivant : N'ayez pas peur de vos ados, ils sont plus fragiles que vous, ils ont plus besoin de vous, parents, que vous n'avez besoin d'eux (Ouah ! Qu'est-ce que je suis en train d'écrire là !). Si la relation est parfois tendue entre vous et votre ado, c'est normal, c'est classique, c'est même constructif... Le fait que vous ayez peur que votre ado lâche son bout d'élastique ne doit pas vous permettre de vous défausser de votre rôle de parent.
La relation est parfois, aussi, élastique entre les amants, entreles époux, entre l'employé et son patron, entre....autres.
La relation, hélas, tique... Parfois.
Coups de joie, coups de colère, impuissance, étonnements (encore), sourires, peines... petites réflexions sur la vie, les gens, les histoires (les grandes et les petites)... après 35 ans d'exercice de ce boulot étonnant que celui de psychologue.
"un petit mot sur mon blog"
"un petit mot sur mon blog"
Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...
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dimanche 11 décembre 2011
jeudi 17 novembre 2011
IG NOBEL
Le prix Ig Nobel est un prix parodique décerné à des personnes dont les « découvertes » ou les « accomplissements » peuvent apparaître inutiles, ridicules ou nuisibles.
Je viens de découvrir qu'ils sont aussi décernés (pas chaque année malheureusement) en Psychologie... Les voici. Accrochez-vous. (Les italiques sont ajoutés par moi)
Psychologie 1993 : John Mack de l'école de médecine de Harvard et David Michael Jacobs de l'université de Temple, visionnaires fous, pour leur ébouriffante démonstration selon laquelle les personnes croyant avoir été enlevées par des extra-terrestres l'ont probablement été – et spécialement pour leur conclusion : « Le but de l'enlèvement est la création d'enfants ». Eh bé !
Psychologie 1994 : Lee Kuan Yew, ancien Premier ministre de Singapour, praticien de la psychologie du renforcement négatif, pour son étude de trente ans sur les effets de la punition sur trois millions de citoyens de Singapour à chaque fois qu'ils crachaient, mâchaient du chewing-gum ou nourrissaient les pigeons. - Il n'a pas dû très bien fonctionner, son renforcement négatif, sinon cela ferait hmmm... bien 25 ans que les singapouriens ne cracheraient plus par terre !
Psychologie 1995 : Shigeru Watanabe, Junko Sakamoto, et Masumi Wakita, de l'université de Keio, pour avoir appris à des pigeons à faire la différence entre les tableaux de Picasso et ceux de Monet. - Alors là, chapeau bas mes chers messieurs ! Voilà que c'est une étude intéressante ! Les pigeons vont pourvoir servir d'experts.
Psychologie 2000 : David Dunning de l'université Cornell et Justin Kreuger de l'université de l'Illinois, pour leur modeste étude, « Incapables et inconscients de l'être : comment la difficulté de reconnaître sa propre incompétence mène à une surévaluation de soi ». - Oui, alors là, je ne vois pas pourquoi ils ne leur ont pas donné le Nobel, tout franchement je le dis. Parce que dans la vie de tous les jours, nous rencontrons plein de gens comme ça, inconscients de leur incompétence.
Psychologie 2001 : Lawrence W. Sherman de l'université de Miami, Ohio, pour son mémoire de recherche « Une étude écologique de la jubilation dans les petits groupes d'enfants pré-scolaires ». Génial, ça ! La "jubilation... des préscolaires"... C'est en catégorie "Bonheur", qu'on aurait dû lui décerner le prix.
Psychologie 2003 : Gian Vittorio Caprara et Claudio Barbaranelli de l'université de Rome, et Philip Zimbardo de l'université Stanford, pour leur rapport « les esprits simples des politiciens ». Rhooo ! Nooon ! Les politiciens ? Des esprits simples ?
Psychologie 2004 : Daniel Simon et Christopher Chabris, pour avoir démontré que quand les gens concentrent leur attention sur quelque chose, il est très facile d'oublier tout le reste – y compris une femme déguisée en gorille. - C'est vrai que quand je suis concentré, moi je ne remarque même pas une femme déguisée en gorille assise sur mon bureau devant mon ordinateur ! Et on parle de "démonstration" n'est-ce pas ? Un truc scien-ti-fi-que !
Psychologie 2011 : à Karl Halvor Teigen de l'Université d'Oslo, pour avoir tenté de comprendre pourquoi nous soupirons dans la vie de tous les jours. - Bon, ils ont essayé de tenter, seulement. Pffff !
Et pour rester dans le domaine générique de la "santé" :
Médecine 1993 : James F. Nolan, Thomas J. Stillwell, et John P. Sands, Jr., miséricordieux hommes-médecins, pour leur douloureux mémoire de recherche, « Gestion correcte d'un pénis coincé dans une fermeture éclair ». - Oui, eh bien là j'applaudis. Des deux mains sauf quand j'ai le... coincé dans la fermeture-éclair. Parce que ça c'est une étude qui devrait être vulgarisée, dont les conclusions devraient être apprises par cœur par tous les petits garçons de toutes les écoles de la planète. Parce que Bondieu, qu'est-ce que ça fait mal, ça, et que si t'as pas appris à gérer, eh bien... tu gères pas. Le truc à peu près bien, c'est que quand ça t'arrive une fois, ça t'arrive pas deux.
Santé publique 2000 : Jonathan Wyatt, Gordon McNaughton, et William Tullet de Glasgow (Écosse), pour leur étude alarmante, « l'affaissement de toilettes à Glasgow ». - Oui, c'est un truc que je me suis aussi toujours demandé : Pourquoi les toilettes de Glasgow s'affessent-elles, s'affaissent-elles ?
Chimie 2000 : Donatella Marazziti, Alessandra Rossi, et Giovanni B. Cassano de l'université de Pise (Italie), et Hagop S. Akiskal de l'université de Californie (États-Unis), pour leur découverte que, d'un point de vue biochimique, l'amour romantique ne peut pas être distingué d'un trouble obsessionnel compulsif. - Ce qu’ils n'ont pas dit, c'est que d'un point de vue psychiatrique, l'amour romantique se distingue fortement du trouble obsessionnel compulsif. Quoique !
Hygiène 1999: George et Charlotte Blonsky de New York et San Jose, Californie, pour leur système (Brevet américain n° 3,216,423) pour aider les femmes à accoucher – la femme est attachée sur une table circulaire, qui est mise en rotation à haute vitesse. - Une sorte de centrifugeuse, quoi. Prévoir une salle d'accouchement tapissée de matelas. Et un lit carré pour réanimer la maman.
Médecine 2006 : Francis M. Fesmire de l'université de Tennessee, pour son rapport d'étude clinique sur le soulagement des hoquets tenaces par massage rectal digital. - J'en avais entendu parler, mais ...j'y penserai certainement quand je verrai/entendrai quelqu'un hoqueter: "Un verre d'eau ? Un arrêté de respirer ? Une tête à l'envers ? Non, non, j'ai bien mieux...
Aviation 2008 : Patricia V. Agostino, Santiago A. Plano et Diego A. Golombek de l'université nationale de Quilmes, en Argentine, pour avoir découvert que le Viagra aidait les hamsters à se remettre d'un décalage horaire. - Et puis ça fait d'une pierre deux coups : S'envoyer en l'air et croire que t'es le soir alors que t'es le matin, et permettre à ton hamster d'être en forme toute la nuit avec sa hamster-dame.
Santé publique 2009 : à Elena N. Bodnar, Raphael C. Lee, et Sandra Marijan de Chicago, pour avoir inventé un soutien-gorge qui, en cas d'urgence, peut être rapidement converti en une paire de masques à gaz. - J'étouffe ! Ôte ton soutien-gorge, chérie !
Physique 2009 : à Katherine K. Whitcome de l'université de Cincinnati, Daniel E. Lieberman de l'université Harvard et Liza J. Shapiro de l'université du Texas, pour avoir déterminé pourquoi les femmes enceintes ne basculent pas en avant. - Parce que si elles basculaient vers l'avant, ça écraserait les bébés, peut-être ?
lundi 7 novembre 2011
Enfants-tyrans
Juste pour signaler un excellent article dans la revue "Marianne" de cette semaine : "Nos enfants, ces sales tyrans !"
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