Coups de joie, coups de colère, impuissance, étonnements (encore), sourires, peines... petites réflexions sur la vie, les gens, les histoires (les grandes et les petites)... après 35 ans d'exercice de ce boulot étonnant que celui de psychologue.
"un petit mot sur mon blog"
"un petit mot sur mon blog"
Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...
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lundi 13 février 2012
jeudi 12 janvier 2012
Séduire !
Un petit oiseau dont je ne connais pas le prénom (suis pas très doué en oiseau) s'égosille depuis trois jours perché sur un arbre au fond de mon jardin. Je l'admire, enfin ! J'admire sa persévérance. Il chante à tue-tête pour attirer la femelle (oui, bon, j'imagine que c'est un mâle – il n'y a que les mâles pour chanter ainsi le besoin d'une femelle). Et il chante, et il chante !
J'ai bien tenté de repérer quelques phrases, mais bon, suis pas un oiseau alors je ne comprends pas grand chose à son message, sauf qu'il semble dire Viens, viens, je vais te...Je suis le meilleur pour te faire.... Bon, vous imaginez le reste.... Mais ça doit bien être un message précis. Pas encore vu de autre oiseau s'approcher, mais ça ne saurait tarder.
Et je pense aux humains, seule espèce animale pour laquelle les pratiques de séduction sont... bien aléatoires.
Les paons font la roue et paradent. Les pigeons se roucoulent et se tournent et se retournent. Les guépards se tournent autour. Les chats se regardent en émettant des cris de bébés et sont capables de rester immobiles (avant) pendant un bon quart d'heure. Les singes ? Non, ça vaut pas, les singes en général y'en a un qui a le droit et que lui et les autres quéquette si j'ose dire... enfin, tous, toutes les pratiques d'approche, de séduction et d'accouplement (allons-y) sont programmées... sauf sauf sauf chez l'espèce humaine.
Entre la drague à la lourde dans la boite de nuit et l'approche tendre qui dure trois ans dans le même espace de bureau, entre le Tu as de beaux yeux tu sais et le Vous prendriez bien un dernier verre chez moi, entre le Vous vivez seul(e) ? et le J'ai envie de vous, il y a de la marge. Et elle n'est pas claire, la marge.
Autant le pigeon et la pigeonne savent à quoi s'en tenir même s'ils font tout un tas de simagrées pour faire croire qu'ils ne le savent pas (au passage et pour info, les couples pigeons font partie des couples les plus fidèles de l'humanité, enfin ! du règne animal), autant ils n'ont sans doute pas idée de ce à quoi la séduction les engage... Bon ! Faut pas exagérer, un cerveau de pigeon n'est pas celui d'un humain. Faut pas exagérer !
Ceci dit. L'humain est quand même un exemplaire un peu spécial du règne animal en matière de séduction. Lisez donc les petites annonces, et même ce qui n'y est pas écrit. Blonde, grand, intelligente, avec du fric, avec de gros seins, une belle bagnole, une belle écriture (quoi ? Ça ne vous fait rien à vous, une belle écriture ?) , des parents sympas (alors que faut pas croire mais les pigeons ils n'en ont rien à faire, des parents de leur compagne/on à venir), hanches larges qui font penser à ... tsss... non pas au plaisir mais à la capacité d'avoir des enfants...
Enfin bref... La séduction, chez l'humain, ça dépend de tout un tas de choses : Séduire pour baiser, séduire pour fonder une famille, séduire pour faire quelque chose ensemble, séduire pour se rassurer, séduire pour se faire croire que, séduire pour dominer, séduire pour être dans le cadre social, séduire pour travailler, mettre en forme un projet, séduire pour l'argent, séduire pour... aimer, séduire pour être aimé, séduire pour....
Alors que chez tous les autres animaux, il ne s'agit de séduire pour QUE pour se reproduire.
On est quand même vachement fort nous les humains. On séduit pour un tas d'autres raisons. C'est pour ça que c'est si compliqué ! Et puis c'est pas pour dire, mais une fois qu'on a séduit... faut garder ! Enfin, ça dépend pourquoi on a séduit. Si on a séduit pour une nuit, pas la peine de tenter de garder. Ni même de séduire, peut-être.
Mais vous n'êtes pas obligé de me croire !
J'ai bien tenté de repérer quelques phrases, mais bon, suis pas un oiseau alors je ne comprends pas grand chose à son message, sauf qu'il semble dire Viens, viens, je vais te...Je suis le meilleur pour te faire.... Bon, vous imaginez le reste.... Mais ça doit bien être un message précis. Pas encore vu de autre oiseau s'approcher, mais ça ne saurait tarder.
Et je pense aux humains, seule espèce animale pour laquelle les pratiques de séduction sont... bien aléatoires.
Les paons font la roue et paradent. Les pigeons se roucoulent et se tournent et se retournent. Les guépards se tournent autour. Les chats se regardent en émettant des cris de bébés et sont capables de rester immobiles (avant) pendant un bon quart d'heure. Les singes ? Non, ça vaut pas, les singes en général y'en a un qui a le droit et que lui et les autres quéquette si j'ose dire... enfin, tous, toutes les pratiques d'approche, de séduction et d'accouplement (allons-y) sont programmées... sauf sauf sauf chez l'espèce humaine.
Entre la drague à la lourde dans la boite de nuit et l'approche tendre qui dure trois ans dans le même espace de bureau, entre le Tu as de beaux yeux tu sais et le Vous prendriez bien un dernier verre chez moi, entre le Vous vivez seul(e) ? et le J'ai envie de vous, il y a de la marge. Et elle n'est pas claire, la marge.
Autant le pigeon et la pigeonne savent à quoi s'en tenir même s'ils font tout un tas de simagrées pour faire croire qu'ils ne le savent pas (au passage et pour info, les couples pigeons font partie des couples les plus fidèles de l'humanité, enfin ! du règne animal), autant ils n'ont sans doute pas idée de ce à quoi la séduction les engage... Bon ! Faut pas exagérer, un cerveau de pigeon n'est pas celui d'un humain. Faut pas exagérer !
Ceci dit. L'humain est quand même un exemplaire un peu spécial du règne animal en matière de séduction. Lisez donc les petites annonces, et même ce qui n'y est pas écrit. Blonde, grand, intelligente, avec du fric, avec de gros seins, une belle bagnole, une belle écriture (quoi ? Ça ne vous fait rien à vous, une belle écriture ?) , des parents sympas (alors que faut pas croire mais les pigeons ils n'en ont rien à faire, des parents de leur compagne/on à venir), hanches larges qui font penser à ... tsss... non pas au plaisir mais à la capacité d'avoir des enfants...
Enfin bref... La séduction, chez l'humain, ça dépend de tout un tas de choses : Séduire pour baiser, séduire pour fonder une famille, séduire pour faire quelque chose ensemble, séduire pour se rassurer, séduire pour se faire croire que, séduire pour dominer, séduire pour être dans le cadre social, séduire pour travailler, mettre en forme un projet, séduire pour l'argent, séduire pour... aimer, séduire pour être aimé, séduire pour....
Alors que chez tous les autres animaux, il ne s'agit de séduire pour QUE pour se reproduire.
On est quand même vachement fort nous les humains. On séduit pour un tas d'autres raisons. C'est pour ça que c'est si compliqué ! Et puis c'est pas pour dire, mais une fois qu'on a séduit... faut garder ! Enfin, ça dépend pourquoi on a séduit. Si on a séduit pour une nuit, pas la peine de tenter de garder. Ni même de séduire, peut-être.
Mais vous n'êtes pas obligé de me croire !
jeudi 17 novembre 2011
IG NOBEL
Le prix Ig Nobel est un prix parodique décerné à des personnes dont les « découvertes » ou les « accomplissements » peuvent apparaître inutiles, ridicules ou nuisibles.
Je viens de découvrir qu'ils sont aussi décernés (pas chaque année malheureusement) en Psychologie... Les voici. Accrochez-vous. (Les italiques sont ajoutés par moi)
Psychologie 1993 : John Mack de l'école de médecine de Harvard et David Michael Jacobs de l'université de Temple, visionnaires fous, pour leur ébouriffante démonstration selon laquelle les personnes croyant avoir été enlevées par des extra-terrestres l'ont probablement été – et spécialement pour leur conclusion : « Le but de l'enlèvement est la création d'enfants ». Eh bé !
Psychologie 1994 : Lee Kuan Yew, ancien Premier ministre de Singapour, praticien de la psychologie du renforcement négatif, pour son étude de trente ans sur les effets de la punition sur trois millions de citoyens de Singapour à chaque fois qu'ils crachaient, mâchaient du chewing-gum ou nourrissaient les pigeons. - Il n'a pas dû très bien fonctionner, son renforcement négatif, sinon cela ferait hmmm... bien 25 ans que les singapouriens ne cracheraient plus par terre !
Psychologie 1995 : Shigeru Watanabe, Junko Sakamoto, et Masumi Wakita, de l'université de Keio, pour avoir appris à des pigeons à faire la différence entre les tableaux de Picasso et ceux de Monet. - Alors là, chapeau bas mes chers messieurs ! Voilà que c'est une étude intéressante ! Les pigeons vont pourvoir servir d'experts.
Psychologie 2000 : David Dunning de l'université Cornell et Justin Kreuger de l'université de l'Illinois, pour leur modeste étude, « Incapables et inconscients de l'être : comment la difficulté de reconnaître sa propre incompétence mène à une surévaluation de soi ». - Oui, alors là, je ne vois pas pourquoi ils ne leur ont pas donné le Nobel, tout franchement je le dis. Parce que dans la vie de tous les jours, nous rencontrons plein de gens comme ça, inconscients de leur incompétence.
Psychologie 2001 : Lawrence W. Sherman de l'université de Miami, Ohio, pour son mémoire de recherche « Une étude écologique de la jubilation dans les petits groupes d'enfants pré-scolaires ». Génial, ça ! La "jubilation... des préscolaires"... C'est en catégorie "Bonheur", qu'on aurait dû lui décerner le prix.
Psychologie 2003 : Gian Vittorio Caprara et Claudio Barbaranelli de l'université de Rome, et Philip Zimbardo de l'université Stanford, pour leur rapport « les esprits simples des politiciens ». Rhooo ! Nooon ! Les politiciens ? Des esprits simples ?
Psychologie 2004 : Daniel Simon et Christopher Chabris, pour avoir démontré que quand les gens concentrent leur attention sur quelque chose, il est très facile d'oublier tout le reste – y compris une femme déguisée en gorille. - C'est vrai que quand je suis concentré, moi je ne remarque même pas une femme déguisée en gorille assise sur mon bureau devant mon ordinateur ! Et on parle de "démonstration" n'est-ce pas ? Un truc scien-ti-fi-que !
Psychologie 2011 : à Karl Halvor Teigen de l'Université d'Oslo, pour avoir tenté de comprendre pourquoi nous soupirons dans la vie de tous les jours. - Bon, ils ont essayé de tenter, seulement. Pffff !
Et pour rester dans le domaine générique de la "santé" :
Médecine 1993 : James F. Nolan, Thomas J. Stillwell, et John P. Sands, Jr., miséricordieux hommes-médecins, pour leur douloureux mémoire de recherche, « Gestion correcte d'un pénis coincé dans une fermeture éclair ». - Oui, eh bien là j'applaudis. Des deux mains sauf quand j'ai le... coincé dans la fermeture-éclair. Parce que ça c'est une étude qui devrait être vulgarisée, dont les conclusions devraient être apprises par cœur par tous les petits garçons de toutes les écoles de la planète. Parce que Bondieu, qu'est-ce que ça fait mal, ça, et que si t'as pas appris à gérer, eh bien... tu gères pas. Le truc à peu près bien, c'est que quand ça t'arrive une fois, ça t'arrive pas deux.
Santé publique 2000 : Jonathan Wyatt, Gordon McNaughton, et William Tullet de Glasgow (Écosse), pour leur étude alarmante, « l'affaissement de toilettes à Glasgow ». - Oui, c'est un truc que je me suis aussi toujours demandé : Pourquoi les toilettes de Glasgow s'affessent-elles, s'affaissent-elles ?
Chimie 2000 : Donatella Marazziti, Alessandra Rossi, et Giovanni B. Cassano de l'université de Pise (Italie), et Hagop S. Akiskal de l'université de Californie (États-Unis), pour leur découverte que, d'un point de vue biochimique, l'amour romantique ne peut pas être distingué d'un trouble obsessionnel compulsif. - Ce qu’ils n'ont pas dit, c'est que d'un point de vue psychiatrique, l'amour romantique se distingue fortement du trouble obsessionnel compulsif. Quoique !
Hygiène 1999: George et Charlotte Blonsky de New York et San Jose, Californie, pour leur système (Brevet américain n° 3,216,423) pour aider les femmes à accoucher – la femme est attachée sur une table circulaire, qui est mise en rotation à haute vitesse. - Une sorte de centrifugeuse, quoi. Prévoir une salle d'accouchement tapissée de matelas. Et un lit carré pour réanimer la maman.
Médecine 2006 : Francis M. Fesmire de l'université de Tennessee, pour son rapport d'étude clinique sur le soulagement des hoquets tenaces par massage rectal digital. - J'en avais entendu parler, mais ...j'y penserai certainement quand je verrai/entendrai quelqu'un hoqueter: "Un verre d'eau ? Un arrêté de respirer ? Une tête à l'envers ? Non, non, j'ai bien mieux...
Aviation 2008 : Patricia V. Agostino, Santiago A. Plano et Diego A. Golombek de l'université nationale de Quilmes, en Argentine, pour avoir découvert que le Viagra aidait les hamsters à se remettre d'un décalage horaire. - Et puis ça fait d'une pierre deux coups : S'envoyer en l'air et croire que t'es le soir alors que t'es le matin, et permettre à ton hamster d'être en forme toute la nuit avec sa hamster-dame.
Santé publique 2009 : à Elena N. Bodnar, Raphael C. Lee, et Sandra Marijan de Chicago, pour avoir inventé un soutien-gorge qui, en cas d'urgence, peut être rapidement converti en une paire de masques à gaz. - J'étouffe ! Ôte ton soutien-gorge, chérie !
Physique 2009 : à Katherine K. Whitcome de l'université de Cincinnati, Daniel E. Lieberman de l'université Harvard et Liza J. Shapiro de l'université du Texas, pour avoir déterminé pourquoi les femmes enceintes ne basculent pas en avant. - Parce que si elles basculaient vers l'avant, ça écraserait les bébés, peut-être ?
vendredi 4 novembre 2011
Amiour ? Amimour ? Amoumitié ?
L'amour, on sait ce que c'est, encore que depuis que ce sentiment est identifié, l'homme et la femme se posent régulièrement la question de sa consistance.
L'amitié elle, sans doute identifiée comme plus ancienne, est reconnue comme un lien fort sans aucune connotation sexuelle, même s'il apparait depuis quelques années des amitiés aussi sexuelles. Mais l'amitié telle qu'on la considère habituellement sous nos latitudes est exempte de sexualité. L'ami(e) peut manquer mais en général il ne manque pas, contrairement à l'amoureux/se, dont chaque seconde passée marque l'absence.
La palette des sentiments est assez large pour en général pouvoir y glisser le sien. Par exemple j'aime ma femme d'amour, et mes ami(e)s d'amitié. Aimer mes amies d'amitié ne signifie pas pour autant que je n'ai jamais eu de désir sexuel pour elles. Mais ce désir, contrôlé ou tout simplement interdit trouve vraisemblablement son épanouissement dans la complicité amicale qui nous unit. Que l'amitié soit dénuée de sexualité ne signifie pas cependant qu'elle soit exempte de sexuation. L'amitié est sexuée, quoi qu'on en dise. L'amie est une amie, l'ami UN ami, mais l'amitié n'est pas en général sexuelle. L'amour, oui, est non seulement sexué mais en général aussi sexuel. Le désir est ainsi "consommé" du corps de l'autre, de son corps sexué, sexualisé, et sexuel.
Françoise Dolto (cf "Au jeu du désir") avait bien tenté de remettre au goût du jour un mot bien oublié, celui de "aimance", qualifiant toute relation affective au sens large. Mais il semble que ce vieux mot n'ait pas pris racine, d'autant qu'il venait recouvrir des réalités déjà définies, et qu'il n'avait pas de verbe (on ne peut dire "je t'aimance" ! Enfin, le verbe n'a pas été proposé par Françoise Dolto).
Venons-en au verbe, justement. Le mot "aimer", en français, recouvre des réalités bien différentes, et bien qu'il soit évident que l'on aime pas le chocolat comme on aime son amoureuse, ni le foot comme on aime son travail, le même verbe est employé pour qualifier toutes ces affections (au demeurant un bien drôle de mot !) et le plaisir que l'on a d'être, d'ingérer, de regarder ou de se passionner. Le fait d'employer le même mot pour signifier le sentiment d'amitié et celui d'amour n'est pas pour faciliter les choses et autant l'on peut dire "je t'aime" à son amoureux, autant il est souvent incongru de le dire à un ami, sinon par jeu ou par liberté.
Alors ? Alors comment qualifier un sentiment envers quelqu'un(e) s'il ne s'agit ni d'amour ni d'amitié ? Et pourtant d'amour et d'amitié en même temps. Comment qualifier un sentiment d'amour sans sexe et sans désir sexuel, mais avec désir du corps quand même ? Comment qualifier cette affection particulière et très forte qui fait que l'autre nous manque (donc proche de l'amour) mais qui supporterait et même encourage l'autre à rencontrer l'amour (d'un et avec un autre) si tel est son désir ? Comment qualifier cette attention qui dépasse l'amitié au sens strict du terme mais qui n'est pas de l'amour avec sa cohorte de désirs sexuels et de désirs touts-courts, et de manques associés ? Comment qualifier une relation où les désirs ne se concentrent pas sur le sexuel de l'autre même si éventuellement sur le corps ? Existe-t-il un état intermédiaire entre l'amitié et l'amour, qui se voudrait plus grandiose que l'amitié mais différent de l'amour puisque ne donnant pas prise au sexe, à l'attente, voire à la douce possession ?
Fut un temps où l'on parlait d'amour courtois. Les amoureux courtois ne faisaient-ils jamais l'amour ? Se touchaient-ils ? Avaient ils envie du corps de l'autre ? Je ne sais pas, je ne suis pas assez calé en amour courtois pour en parler bien.
N'est-ce pas une vue de l'esprit que d'aimer ainsi d'autre manière qu'amour ou amitié, cela est-il de l'amour qui ne veut pas se dire ? Du respect d'un contrat qui interdit l'amour physique ? Mais qui le désirerait peut-être quand même ? Dormir avec l'autre, dormir auprès de l'autre, se toucher, désirer peut-être mais à peine, désirer le/la toucher, le/la prendre dans ses bras, mais sans désir aucun de sexe et encore moins de pénétration sexuelle, ça doit bien porter un nom, quand même ?
Les "contrats" entre les personnes, contrats imposés socialement, éducativement, psychiquement, moralement, religieusement... sont des contrats à respecter. Sans doute. L'on sait bien cependant que ce ne sont pas les contrats qui font les sentiments, ni les briment et encore moins les exaltent (encore que par réaction nous soyons capables de tant de choses !). La relation d'amitié est parfois tellement forte par ailleurs qu'il serait incongru qu'elle se transforme en relation amoureuse et encore moins sexuelle. Le choix serait-il alors à faire entre se déshabiller le cœur et se déshabiller le corps. Il n'y a sans doute que dans l'amour que la pudeur tombe véritablement.
Et pourtant ! Et pourtant la relation est telle parfois entre deux personnes qu'elle permet de laisser tomber les masques, y compris ceux du corps. La réponse est peut-être dans le mot "sensualité". Celui-ci n'a que deux lettres de différence avec le mot "sexualité", très éloigné et à la fois très proche de lui. Sensualité ! Voilà ! Ce qui qualifie cette relation entre amour et amitié est peut-être la sensualité possible, celle du corps, celle du toucher, celle du plaisir sans sexe.
Il existe parfois entre un homme et une femme -en fait peu importe le sexe, enfin, le genre- une relation d'amitié mais plus que d'amitié, une relation pas d'amour mais presque, qui met éventuellement en jeu le désir du corps mais pas celui du sexe, une relation où les bras sont importants, tant l'un et l'autre s'y blottiraient bien chaque jour, une relation de manque mais qui supporte l'absence, une relation d'être en pensée chaque jour, à travers laquelle l'un et l'autre sans jugement aucun peuvent échanger leurs joies et leurs peines, une relation qui respecte l'histoire et la vie de chacun, relation faite de liberté, de pudeur, de désir et de manque, d'accompagnement, où l'un et l'autre se bousculent gentiment et avec tendresse pour que chacun vive sa vie à lui. Alors il faut peut-être inventer un mot. Entre le je t'aime bien trop connoté amour et le je t'embrasse, pas suffisamment fort pour dire le sentiment, il y a le mot 'HUAMOUR".
L'huamour, c'est à la fois de l'amitié et de l'amour. Ça aurait pu être amiour, amimour, amoumitié, mais ces néologismes n'ont pas de verbe facile à utiliser (je te amiaime ? amimaime ? ). Alors que l'huamour en a un, de verbe, qui se conjugue comme le verbe aimer : Je te huaime (ou je t'huaime), tu me huaimes, nous nous huaimons, ils se huaiment ou s'huaiment. Le "h" est là aussi pour rappeler que nous sommes des humains. Qui se huaiment.
L'huamour est un sentiment, une émotion qui lie deux êtres libres, contrairement à l'amour, souvent synonyme de possession et de vie commune. L'huamour n'est ni possession ni vie commune, supporte l'absence même si pas toujours le manque. C'est comme si deux personnes marchaient côte à côte, toujours en lien mais supportant et même se réjouissant des liens que chacun peut créer par ailleurs, au besoin les encourageant, même.
L'huamour peut se transformer en amour. Cependant, comme pour l'amitié, c'est rare. Parce que le contrat d'huamour est ce qu'il est : le respect total et entier de la vie affective de l'autre, respect entier des amours de l'autre et même réjouissance, accompagnement quasi quotidien "comme si" vie ensemble mais pas vie ensemble. ça ressemble à de l'amour, ça permet les bisous et ce n'est pas dangereux. Ce n'est pas de l'amour, mais c'est bien davantage que de l'amitié !
Voilà ! Il me manquait un but dans la vie, une grande œuvre. Et bien ce sera celle-là : Faire adopter ce nom -huamour- et ce verbe -huaimer- par les gens et la grande Académie. Avec HU(a)MOUR bien sûr !
Huamour : n. m. Sentiment très fort unissant deux personnes, n'excluant pas le désir ni le plaisir du corps mais excluant cependant l'acte sexuel. Entre l'amour et l'amitié, l'huamour exclue toute idée de possession, d'exclusivité et de manque.
Huaimer : v. tr. 1. Aimer quelqu'un d'huamour. 2. Aimer une personne avec humour.
Ps : Même en cherchant bien, je n'ai trouvé ce mot qu'ici-mais-je-ne-mets-pas-le-lien-parce que-plutôt-trash ! (Et puis aucun rapport avec le sentiment !)
dimanche 30 octobre 2011
Comment reconnaitre l'amour de l'amitié ?
" Laissons face à face deux personnes nues de sexe opposé dans une chambre tendue de velours rouge, avec des glaces au plafond, de la moquette angora par terre, du champagne avec un seau d'argent et du blues en sourdine.
Si au bout d'un quart d'heure une des deux personnes s'exclame : "C'est con. Si on serait trois on pourrait faire une belote", on ne peut pas parler d'amour. C'est l'amitié.
En revanche, laissons côte à côte deux éboueurs à l'arrière d'une benne à ordures à six heures du matin. Si au bout d'un quart d'heure l'un des deux éboueurs regarde l'autre avec intensité en disant : "Ça m'excite de vider les poubelles auprès de vous", on ne peut pas parler d'amitié. C'est l'amour."
Pierre Desproges, extrait de "Desproges", de François Rollin, éditions Points, mars 2008
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