Dire que la relation entre humains est compliquée est d'une banalité s'apparentant à la ponte d'un oeuf par unepoule.
Je voudrais mettre en évidence aujourd'hui l'une de sescaractéristiques : l'élasticité.
Pour les vacances, ça peut servir...
C'est ce que je tente d'expliquer aux parents «qui ne savent plus comment s'y prendre avec leurs enfants et encore plus avec leurs ados...» : La relation avec un enfant / ado est élastique.
Expérience: Prenons un parent et un ado et regardons-les dans leur vie quotidienne : Parfois ils sont proches, parfois ils ne le sont plus ; ils sont capables de rire ensemble et d'aller faire les magasins, et deux heures plus tard de s'écharper comme deux chiffonniersjaloux ; ils peuvent être complices, et décidément ne plus rien comprendre à l'autre...
Bref, leur relation est élastique.
Mais continuons. L'une des grandes peurs des parents est que leur ado leur tourne définitivement le dos (oui, le tournage de dos est souvent vécu comme définitif)... Alors ils reculent, ou ils avancent, c'est selon, pour garder le contact, au détriment parfois de leur ligne éducative.
C'est là qu'intervient l'élastique.
Imaginez que la relation entre le parent et l'ado soit symbolisée par un élastique, dont chacun tiendrait l'une des extrémités. Parfois la relation est bonne, le parent et l'ado sont proches, et l'élastique pendouille entre eux. Mais parfois la relation est tendue.... et l'élastique aussi.
Et chacun de prendre peur que l'autre ne lâche son extrémité! De fait, recevoir un élastique en pleine g..... ne fait pasdu bien. Ca peut même faire très mal.
Le parent, en général, a très peur que l'ado lâche le bout qu'il tient. Alors il revient, se rapproche, Oui tu l'auras ton scoot, Oui tu peux sortir, Oui je te file 20 euros, d'Accord tu peux...
Et parfois le parent ne parvient plus à être parent...
Ce que le parent ignore le plus souvent, c'est que son ado a encore plus peur que lui, le parent, lâche son bout... parce qu'un ado qui lâche son élastique dans la g..... du parent, ça fait mal, mais un ado qui reçoit l'extrémité parentale de l'élastique, ça fait encore plus mal...
Mais l'ado, parce qu'il est ado, parce qu'il fait son boulot d'ado, ne ledira jamais... C'est pas son boulot, de dire qu'il a peur.
En fait, mon message est le suivant : N'ayez pas peur de vos ados, ils sont plus fragiles que vous, ils ont plus besoin de vous, parents, que vous n'avez besoin d'eux (Ouah ! Qu'est-ce que je suis en train d'écrire là !). Si la relation est parfois tendue entre vous et votre ado, c'est normal, c'est classique, c'est même constructif... Le fait que vous ayez peur que votre ado lâche son bout d'élastique ne doit pas vous permettre de vous défausser de votre rôle de parent.
La relation est parfois, aussi, élastique entre les amants, entreles époux, entre l'employé et son patron, entre....autres.
La relation, hélas, tique... Parfois.
Coups de joie, coups de colère, impuissance, étonnements (encore), sourires, peines... petites réflexions sur la vie, les gens, les histoires (les grandes et les petites)... après 35 ans d'exercice de ce boulot étonnant que celui de psychologue.
"un petit mot sur mon blog"
"un petit mot sur mon blog"
Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...
dimanche 11 décembre 2011
lundi 5 décembre 2011
Echanger notre vie ?
ou Serions-nous vraiment prêts à échanger notre vie contre celle d'un autre ?
Dans son dernier billet, Coumarine (se) pose une question étrange : Si je devais choisir, je me demande ce que je prendrais... Garderais-je mon épreuve? Ou choisirais-je celle de mon voisin? Oui, je sais, drôle de question... je me la suis posée hier...
Je m'empare alors de cette étrange question (à moins que ce ne soit la question qui ne s'empare de moi ?) :
Il arrive que dans mon cabinet, mais aussi et vous l'avez certainement entendu dans la vie courante, que des personnes disent qu'elles envient telle ou telle personne, qu'elles aimeraient, comme telle ou telle, vivre cette vie-là, que d'autres ont de la chance, que ce n'est pas à elles-mêmes que cela arriverait etc...
Je ne me méfie pas de ces paroles d'envie, et pourtant j'ai bien envie moi de la mesurer, de les relativiser, et peut-être-même de les contrarier.
Envier l'autre et ce qu'il vit, c'est faire fi de se qu'il vit en réalité, c'est ne s'attacher qu'à une toute petite partie de sa vie, celle visible par nous-même de notre position et avec nos lunettes à nous. C'est même souvent faire fi de la réalité pour ne s'en prendre qu'à ce que nous en percevons.
Et c'est pourtant ce qui fait en partie notre "malheur". Coumarine se demande contre quelle maladie, contre quelle souffrance elle échangerait bien la sienne. Elle se répond bien vite, même si elle ne le dit qu'entre les lignes, que c'est une question absurde, tant échanger voudrait dire "tout" échanger", maladie, souffrance, mais aussi vie toute entière du moins est-ce ainsi que j'entends sa question.
Je n'ai pas d'argent, j'aimerais en avoir. Mes jambes ne fonctionnent plus, j'aimerais bien qu'elles fonctionne. J'ai toujours eu envie d'avoir une fille et j'envie les papas qui ont une fille. J'aimearis avoir une voiture qui roule bien et j'envie celui qui en a une qui roule bien. J'échangerais bien mon rein contre deux qui font bien leur boulot de reins. De là à échanger ma vie contre celle d'un autre qui auraient ces fonctionnalités que je n'ai pas ???
Je rencontre à longueur de journée des personnes qui se plaignent de leur vie. Ah comme j'aimerais avoir une belle maison comme celle du docteur Untel, me dit une dame l'autre jour. Vous aimeriez être le docteur Untel ? lui demandai-je alors. Oui, j'aimerais, un travail valorisant, de bons revenus, et cette maison, si vous la voyiez !
Ce que cette dame ignore, c'est que le docteur Untel souffre de maux de dos depuis des années, que deux de ses trois enfants ne lui parlent plus et que ça lui gâche sa vie, et que sa femme est sur le point de le quitter (c'est pour cela que d'ailleurs je vois le docteur Untel en consultation) et que sa maison ben sa maison... il va devoir s'en séparer. Mais elle envie. Elle en vit, même peut-être, de son envie. Et quand bien même le docteur Untel irait bien dans son corps, sa vie et son couple, échangerait-elle sa vie, toute sa vie contre la sienne ?
L'envie de la vie des autres est un piège abominable, vous savez, de cette espèce qui ronge et parfois finit par tuer l'affection-même que l'on a pour soi. J'ai été guéri je crois de cette envie-là le jour où j'ai confié mon envie (d'être comme lui) à mon ami Jacques... qui s'est mis à pleurer en me disant que lui-même enviait ma vie à moi (comme quoi on n'est parfois jamais satisfait de ce que l'on est !). Ce que j'ai alors appris de sa vie à lui m'a non seulement apporté la non-envie de sa vie, mais aussi la conviction qu'il fallait faire avec sa propre vie au lieu d'envier celle des autres. J'avais 18 ans et cet échange un mercredi de mars ne m'a jamais quitté.
A bien y réfléchir, avec qui échangerions nous TOUTE notre vie ?
dimanche 4 décembre 2011
Les yeux dans les yeux
Regarder 10 secondes les trois points sur le nez de la photo
et ensuite regarder tout de suite pendant 15 secondes un mur sans cligner des yeux, c'est spécial !!!
et ensuite regarder tout de suite pendant 15 secondes un mur sans cligner des yeux, c'est spécial !!!
vendredi 2 décembre 2011
jeudi 1 décembre 2011
J'aime
J'aime. Voilà !
J'aime. ma femme, ma vie, mes enfants.
Ohhh ! ça n'est pas toujours simple, mais j'aime...
Les gens, les gens , et la vie.
Je n'ai pas toujours aimé la vie. J'ai même pensé parfois y mettre fin tellement elle m'a abimé, mais j'aime....
L' "amour" de la vie n'est pas une évidence. Mais c'est peut-être la finalité de la vie. Je me rappelle les souffrances de mes échecs amoureux passés, avec cette tolérance envers moi-même de m'être trompé, d'avoir été trompé.... C'est peut-être l'une des clefs de la fin de la souffrance : Se pardonner à soi-même de s'être trompé...
Peut-être l'important est de s'aimer soi-même, de garder au fond de soi cette conviction précieuse qu'on est quelqu'un, qu'on le "vaut bien", comme le suggère une publicité connue.
Une séparation est toujours quelque chose de terrible. L'important est de comprendre ou au moins de se demander pourquoi. Pas de se culpabiliser à outrance, mais simplement de se demander en quoi on y est pour quelque chose.
Moi j'aime. C'est une chance extraordinaire. Et je suis aimé de la femme que j'aime. Autre chance extraordinaire. Et j'aime la vie, la liberté, la vie avec Elle et la vie sans Elle lorsque nos activités professionnelles ou privées nous amènent à vivre l'un sans l'autre quelque jours...
Je l'aime depuis le premier jour de notre rencontre il y a 14 ans, que même écrire "quatorze" en chiffres me parait presque une hérésie. Rencontre par "petites annonces", flash, et depuis ensemble....
L'amour le vrai, la vie ensemble la vraie, celle qui rend paisible et qui finalement rend paisible et tranquille, ça existe.... je sais, je la vis au jour le jour.
Et je crois encore que le plus beau jour de notre vie est encore à venir !
lundi 28 novembre 2011
Tous les ans ça recommence !
C'est vrai que ça recommence tous les ans. Tous les ans à la même époque ça revient, un peu comme un anniversaire qui se doit d'être fêté, comme un truc obligatoire qu'il ne faut pas rater... Tous les ans depuis ouahhhh ! Longtemps ! Quoi ? De quoi je parle ? Mais de Noël, bien sûr !
Et zou les petites musiques lancinantes du style Single bells, et zou les catalogues avec des pages bien bleues pour les garçons et bien roses pour les filles que c'est quasiment pas politiquement correct de choisir dans les pages bleues un cadeau pour ta fille et réciproquement... (Et on va parler de la prédestinations des genres, tiens !) Et zou les fêtes et que c'est là que le psy intervient : Chaque année c'est la même chose, je veux parler de la gène, des doutes, des petits arangements de famille, des coups de fil incendiaires ou séducteurs, je veux parler de la panique oui...
La panique : Qui on va inviter, qui on ne va pas, qui on va et qu'on ne veut pas, qu'est-ce que va dire ta mère si..., et ton frère si..., et les enfants ils ont envie de voir leurs grands-parents / oui mais tu sais bien qu'ils ne peuvent pas se voir en peinture, oui mais tu sais c'est peut-être la dernière fois que papy très vieux il passera Noël avec nous... Et patati et patata et la dernière fois tu te rappelles comment ça s'est passé ? ...
Vous connaissez. Je ne vais pas m'étaler outre mesure.
Noël, ça revient tous les ans depuis 2010 années. Je ne sais pas si ça a toujours posé autant de problèmes à organiser (repas, cadeaux, visites...) mais cela semble poser de plus en plus de problèmes. Des gens consultent les psys parce que ils ne savent pas, parce que l'organisation des "Fêtes" les plongent dans des angoisses impossibles à gérer. Enfin, ME consultent (Pour les autres psys je ne sais pas), ils ne viennent pas POUR ça, mais ils m'en parlent.
D'abord il y a le repas. Ahhh ! Le repas ! Avec qui ? Où ? Quel jour (Non faut pas croire que ce soit simple. Avec la décomposition / recomposition des familles, ça devient parfois trèèès compliqué) ? Et puis il y a les... les... allez un petit effort... Ouiiii, les ca-deaux ! Ahhh ! Les cadeaux ! Pas trop chers. Pas trop pas chers non plus. Pas plus cher que celui que nous a offert la tante Jeanne l'année dernière oui mais quand même elle nous a bien aidés quand... Et puis faut faire gaffe, tu sais, mon frère l'an dernier il a fait un cadeau à tes enfants, alors...
Je suis sidéré. Sidéré parfois par les complications que les gens se fabriquent eux-même. Sidéré par les enjeux perçus ou montés comme en crème bien fouettée, sidéré par les "guerres" que provoque ce Noël dont la plupart des gens ne savent même pas ce que cela fête. Ou l'ont oublié. Ou l'ont mis dans un petit coin très retiré de leur petite tête.
Hooo ! Noël c'est un anniversaire. Celui de Celui honoré par des millions de gens que même si je suis pas catholique militant ni même pratiquant je reconnais comme étant porteur d'amour. Mais les marchands du temple ont bien oublié semble-t-il ce message-là. Et quand bien même l'auraient-ils vraiment oublié, faire et vivre Noël c'est autre chose que de s'angoisser pour savoir qui, quoi et quand non ?
La femme qui est sortie de mon cabinet il y a deux heures a pris une GRANDE décision pour ce Noël à venir : Elle fêtera Noël avec son mari est ses enfants. Point. Pour la première fois de sa vie elle ne "marchera" pas dans les combines de ses frères et soeurs, arrangements foireux qui ne font plus rire personne depuis des années et qui au fond ne satisfont personne.
La seule "chose" que je ne tolère pas, c'est l'intolérance. Surtout pour une fête qui est censée l'encenser.
mardi 22 novembre 2011
Quinze heures, l'heure du crime !
Je le vois arriver, grand comme une armoire normande, ou savoyarde c'est comme vous voulez, costaud comme un éléphant -si si, c'est costaud un éléphant-, démarche de cow-boy, feutre sur la tête... et puis je vois ses mains, de vraies palettes que si tu t'en prends une tu meurs. J'ai peur !
Et d'une toute petite voix il me demande C'est bien vous monsieur Psyblog ? / Oui / J'ai rendez-vous avec vous à 18 heures mais je ne pourrais pas venir... Pouvez-vous me donner un autre rendez-vous ?"
Ouf !
lundi 21 novembre 2011
Évaluer la dangerosité d'un futur délinquant ????
Le viol et l'assassinat de la jeune Agnès relance la polémique : Les événements étaient-ils prévisibles ? La récidive du jeune mis en cause était-elle prévisible ? Pourquoi les experts n'ont-ils"rien" vu, du moins pas la possible dangerosité du jeune Mathieu ?
De l'acceptation d'un fatalisme à la quasi-demande de rétablissement de la peine de mort, les réponses sont souvent désordonnées, comme si l'émotion prenait une fois de plus le pas sur la réflexion. Comme c'est le cas toujours dans toutes ces "affaires".
La Justice -que je connais un peu- semble avoir appliqué la Loi. Celle qui exprime la primauté (pour une fois) de la liberté sur l'enfermement, d'autant qu'il s'agit d'un mineur. Le suivi judiciaire, si j'ai bien compris, semble avoir été assuré conformément à la loi (encore que ! J'avais écrit un billet il y a longtemps sur le peu de cas que faisait la Justice, finalement, de ces "suivis thérapeutiques" qu'elle ordonnait).
L'établissement et la direction de l'établissement scolaire ? Ils n'étaient pas au courant, seulement qu'il y avait eu incarcération préventive en attendant un jugement. Et ils auraient connu la raison de cette incarcération qu'ils n'auraient pas accepté ce jeune. Heureusement sans doute, qu'ils n'étaient pas au courant de tout, certes pas pour la jeune Agnès, mais pour les milliers de jeunes qui chaque année trouvent refuge dans un établissement et qui s'en sortent bien et qui ne récidivent jamais.
Les experts psychiatres et psychologues se sont-ils "trompés" ? La polémique enfle déjà. Comme s'il était possible de répondre OUI sans aucune forme de procès.
Ils se seraient trompés sur quoi, d'ailleurs ? Sur des prévisions quant à la dangerosité à venir d'un homme ? Ils auraient dû affiner -certifier ?- un pronostic au vu de leur diagnostic ? Ils auraient dû conclure à l'enfermement dont on n'aurait jamais pu déduire la non ou la dangerosité de l'enfermé ? Or, autant il est impossible de mettre les enfants de trois ans en case au motif de leur propension à devenir délinquant ou pas ou un petit peu à l'avenir, autant il est impossible de le faire à un âge plus avancé.
C'est sans aucun doute la personnalité d'un individu, qui peut donner à dire et à prédire quelque peu ses actes à venir, du moins la tendance vers laquelle il peut se diriger, mais aussi son histoire, la somme de ses actes et activités passés.
Il y a certes, en matière psychiatrique, des tableaux inquiétants qui peuvent amener à penser à une possible dérive vers la violence, et si certains ne retiendraient bien que le terme "violence", je retiens moi le terme "possible". Ou alors enfermons à vie tous les schizophrènes, tous les alcooliques, les chauffards et les jeunes voleurs de bonbons.
Je crois que ce serait faire un mauvais procès aux psys que de les accuser de n'avoir rien vu. La psychologie, comme la psychiatrie, n'est pas une science "exacte". C'est une science humaine, de celles qui, si elles ont accumulé un certain savoir sur le fonctionnement de l'humain, n'en sont pas moins parfois démunies quant aux prévisions de comportement des uns ou des autres.
Il y a une chose que je ne comprends pas bien cependant, et contre laquelle je m'élèverais volontiers : Pourquoi avoir laissé (et là ce serait à la Justice, mais aussi aux psys mandatés par elle de répondre) ce jeune s'inscrire dans un établissement où il y avait des jeunes filles ? C'est vrai. Ça je ne comprends pas. Et sans doute s'il y a eu erreur, au moins par manquement de vigilance, je crois qu'elle est là. Qu'au moins il ait été pris quelques précautions pour ne pas "tenter" ce jeune, du moins ne pas le placer dans des situations où... la récidive était possible.
Je pense bien entendu à Agnès, à sa famille et à son entourage, pour qui cela est terrible à vivre. Et je comprends bien leur révolte. Mais je suis une fois de plus bien en peine pour appuyer sur le bouton de l'emprisonnement sur simple suspicion d'une récidive.
800 mineurs sont actuellement incarcérés en France, 4000 mineurs vont chaque année en prison. S'agit-il, sur simple présomption de culpabilité à venir, d'en emprisonner d'autres plus nombreux encore ? On aurait aussi pu l'incarcérer en "Centre éducatif fermé". Mais Roseinsweig -juge des enfants au tribunal pour enfants de Nanterre- le dit lui-même "Oui, on aurait pu, mais tout systématisme en Justice est idiot". Oui, on aurait pu.
"Tout mineur auteur d'agression sexuelle grave devra désormais être placé en Centre éducatif fermé", c'est ce que viennent de décider les ministres en charge de ce dossier (Au demeurant je me demande où est la limite entre le "grave" et le "pas grave" ????), ajoutant que ces jeunes ne devront plus être accueillis dans des collèges ou lycées sans information complète à l'établissement en question (autant le dire : ces jeunes ne trouveront plus de collège ni de lycée).
S'ajoute à cela une approche multi-disciplinaire de l'évaluation de la dangerosité d'un individu.
Bien.
J'en viens cependant à l'une des plaies de l'éducation, ou de l'Education avec un grand E. J'en ai déjà parlé ici mais je vais recommencer : Tant que l'on (collectivement) acceptera / supportera les incivilités de chaque jour, tant que l'on (toujours collectivement) ne donnera pas aux établissements scolaires le "droit" de contrôler, de sévir, voire d'exclure, tant qu'il faudra remplir une doléance en trois exemplaires, qu'il faudra réunir un conseil pour simplement dire la loi ou la règle, tant que les adultes éducateurs se verront privés des moyens de la faire respecter, les petites délinquance se transformeront éventuellement en grandes.
Je condamne bien entendu le geste de ce jeune à l'égard de la jeune Agnès. C'est horrible, c'est terrible, ça ne devrait pas exister. Et sans vouloir pour autant nier ce que l'on pourrait appeler les déviances ou les pathologies psychiques (ce dont manifestement est atteint le présumé meurtrier), le comportement des adultes me semblent tout autant à condamner. Parce que laxisme.
Qui met un pied dans la délinquance en met les deux s'il n'est pas condamné pour ce petit pas. La non-condamnation devient une autorisation.
Je ne prétends pas loin de là faire le tour de cette affaire en un tour de clavier. C'est simplement ma vision des choses. Ni à chaud ni à froid. A tiède...
Je sais, c'est une note qui peut s'avérer incendiaire. Tant pis. J'assume.
Petit coup de pub pour un blog
Je ne sais pas si vous êtes déjà aller faire un tour sur le blog "Au tour d'Aude et Nico "(quatrième sur la liste des blogs auxquels je vais rendre "visite presque chaque jour" -colonne de droite), mais Aude est une nièce, enfin, une nièce de ma femme alors c'est tout comme.
Voilà deux petits jeunes partis faire le tour de monde pendant un an... Partis le 15 septembre dernier de Paris avec quelques kilos (peu) sur le dos pour vivre un rêve -non, pas le mien, vous connaissez ma difficulté à voyager.
Alors voilà, je et la famille entière les suivons dans leur périple.
Je n'ose pas trop imaginer mes enfants à moi si loin, si "en danger" (dernier en date : la confusion possible entre le I et le 1 de leur passeport à la frontière sino-vietnamienne) mais bon, ils sont jeunes et moi je ne le suis plus.
C'est une aventure de partir ainsi sur les routes du monde. Une sacrée aventure. Je crois même que je les admire, je crois même que si j'avais eu trente ans de moins, peut-être...
Un petit coucou leur fera certainement plaisir.... Si le cœur vous en dit !
Un petit coucou leur fera certainement plaisir.... Si le cœur vous en dit !
samedi 19 novembre 2011
Mon frère
Non, je ne vais pas vous parler de mon frère. Mais du frère, de celui-là qui empoisonne la vie du jeune garçon que je rencontre, et peut-être du frère en général.
Mon frère, c'est la réponse à la question que je pose à ce jeune garçon triste : Qu'est-ce qui t'embête le plus dans ta vie à toi ? Qu'est-ce que tu aimerais pouvoir changer ? Qu'est-ce qui te fait le plus mal ?
Les frères sont parfois de sacrés poisons. Oui, les sœurs aussi. Celui-ci, de frère, lui fait des choses que j'ose même pas dire me dit-il. Aie ! Oui, vous pensez à la même chose que moi, mais bon, je ne sais toujours pas. Il ne peut tellement pas en parler qu'il acquiesce à ma proposition de répondre par Oui ou par Non à mes questions. Avec un grand sourire. Comme si je lui offrais la possibilité de dire les choses sans qu'il les dise lui-même. Et ceci bien qu'il faudra bien un jour, s'il veut s'en libérer, qu'il les dise lui-même. Et à la question déjà écrite ci-dessus, il me répond Mon frère.
Je lui fais remarquer que bien de mes jeunes patients «enfant unique» aimeraient avoir un frère ou une sœur... et là il me demande ce que j'ai fait de pire à mon frère. De pire ? (Je saute sur la question, parce que c'est la première fois qu'il ouvre vraiment la bouche depuis 4 séances). Alors je lui raconte... que je sais pas ce que j'aurais pu faire de pire à mon petit frère (faudra que je lui demande, tiens).
Les frères et les sœurs sont sans doute, dans les familles à vie classique, les personnes humaines avec qui nous passons le plus de temps au cours de notre vie. Rendez-vous compte ! Au pire -ou au mieux c'est selon- c'est quasiment 20 ans de présence continue, des bains, des repas, des couchers, des levers, des jeux, des ... tout un tas de choses, des partages et des partages d'affection, celle au moins des parents.
Mais... Mais mais mais, car il y a des Mais ! Le frère, c'est aussi le plus grand qui joue au chef, le plus petit qui vole l'affection des parents, le petit qui fait ch... parce que toujours dans nos pattes, le grand qui a le droit alors que moi non, celui qui réussit mieux à l'école, celui dont on est le plus fier, celui qui centralise l'attention familiale... Le frère est à la fois l'ami et l'ennemi, le confident et l'adversaire, le à imiter ou à qui on ne veut surtout pas ressembler.
(Déjà le monde -biblique- commence par un meurtre. Celui de Abel par Caïn. Ouah ! Du coup ne serait-il resté que trois personnes sur Terre (Ève, Adam, et donc Caïn le meurtrier) et je me suis souvent demandé, enfant, comment tout ce petit monde s'était reproduit (vive l'inceste !), il est clair (?) que quatre personnes sur Terre c'était déjà trop : Il y avait un frère de trop. Au passage c'est bien le méchant, Caïn, qui a tué le gentil, Abel)
Bon, alors ? Ce frère-là, le frère en général, est-il a coup sûr destiné à être haï ?
Je suis toujours étonné par ces familles au sein desquelles les rivalités fraternelles ne s'expriment pas dans des rivalités réelles. Qu'est-ce qui fait que dans certaines familles les frères (et sœurs) s'entendent bien et dans d'autres non ? Qu'est-ce qui fait que dans certaines familles les frères coopèrent et que dans d'autres familles les frères guerroient sans arrêt ? J'ai mes petites idées et pas que moi d'ailleurs, mais ce qui me paraît important à dire ici, c'est la possibilité et la pensée d'envisager une relation paisible, davantage dans la coopération que dans la rivalité. Dans certaines familles il semble que cette relation de coopération, voire au pire d'indifférence, s'installe dès le début de la vie fraternelle. Dans d'autres cette "fraternité" s'installe peu à peu, à l'adolescence voire à l'age adulte. Dans d'autres encore la relation rivale se sclérose et dure, dure, dure...
J'ai demandé à ce garçon de dix ans s'il pouvait envisager, seulement envisager, que les relations entre son frère et lui puissent un jour changer. A sa réponse (Non), j'ai pensé que décidément la guerre était bien ancrée en lui/eux, et que ce jeune garçon en avait décidément gros sur le cœur d'avoir un frère, enfin, celui-là "qui a fait des choses qu'il n'ose même pas dire".
Fraternel est le qualificatif pourtant employé pour qualifier les «bonnes» relations. On peut même employer le «confraternel», comme si fraternel ne suffisait pas.
Ce jeune garçon de dix ans ne supporte pas son frère, qui d'ailleurs le lui rend bien. Je me questionne sur la réaction des parents et je rencontre la maman la semaine prochaine. Si les rivalités fraternelles sont somme toute normales et même constructives, témoins ou apprentissages de la vie sociale, celles-ci sont cependant parfois meurtrières (nous le savons) et destructrices. Le rôle et la réponse des parents est ici primordiale. Si gérer les conflits fraternels (quelle expression !) est d'une banalité qu'il n'est même pas nécessaire de rappeler, repérer les excès de cette rivalité est un impératif. L'enfant dont je parle ici est visiblement l'objet de son frère et cela est inacceptable. Et sans aucunement jeter la pierre aux parents, ceux-ci semblent ne pas «voir» pas les enjeux qui se jouent devant leurs yeux. Parce qu'ils n'imaginent même pas que leurs deux enfants puissent ne pas s'entendre, du moins se détester à ce point.
Les frères et les sœurs, c'est comme la pluie ou le soleil, on ne les choisit pas. Et on ne peut que s'y adapter. En essayant de tenter de comprendre pourquoi cela est parfois impossible.
Et simplement en écoute, ces deux chanteurs qui ont chanté sur «le frère», que celui-ci soit haï ou désiré, voire pris en pitié, comme le chanterait presque Serge Lama :
Inscription à :
Articles (Atom)
