C'est vrai que ça recommence tous les ans. Tous les ans à la même époque ça revient, un peu comme un anniversaire qui se doit d'être fêté, comme un truc obligatoire qu'il ne faut pas rater... Tous les ans depuis ouahhhh ! Longtemps ! Quoi ? De quoi je parle ? Mais de Noël, bien sûr !
Et zou les petites musiques lancinantes du style Single bells, et zou les catalogues avec des pages bien bleues pour les garçons et bien roses pour les filles que c'est quasiment pas politiquement correct de choisir dans les pages bleues un cadeau pour ta fille et réciproquement... (Et on va parler de la prédestinations des genres, tiens !) Et zou les fêtes et que c'est là que le psy intervient : Chaque année c'est la même chose, je veux parler de la gène, des doutes, des petits arangements de famille, des coups de fil incendiaires ou séducteurs, je veux parler de la panique oui...
La panique : Qui on va inviter, qui on ne va pas, qui on va et qu'on ne veut pas, qu'est-ce que va dire ta mère si..., et ton frère si..., et les enfants ils ont envie de voir leurs grands-parents / oui mais tu sais bien qu'ils ne peuvent pas se voir en peinture, oui mais tu sais c'est peut-être la dernière fois que papy très vieux il passera Noël avec nous... Et patati et patata et la dernière fois tu te rappelles comment ça s'est passé ? ...
Vous connaissez. Je ne vais pas m'étaler outre mesure.
Noël, ça revient tous les ans depuis 2010 années. Je ne sais pas si ça a toujours posé autant de problèmes à organiser (repas, cadeaux, visites...) mais cela semble poser de plus en plus de problèmes. Des gens consultent les psys parce que ils ne savent pas, parce que l'organisation des "Fêtes" les plongent dans des angoisses impossibles à gérer. Enfin, ME consultent (Pour les autres psys je ne sais pas), ils ne viennent pas POUR ça, mais ils m'en parlent.
D'abord il y a le repas. Ahhh ! Le repas ! Avec qui ? Où ? Quel jour (Non faut pas croire que ce soit simple. Avec la décomposition / recomposition des familles, ça devient parfois trèèès compliqué) ? Et puis il y a les... les... allez un petit effort... Ouiiii, les ca-deaux ! Ahhh ! Les cadeaux ! Pas trop chers. Pas trop pas chers non plus. Pas plus cher que celui que nous a offert la tante Jeanne l'année dernière oui mais quand même elle nous a bien aidés quand... Et puis faut faire gaffe, tu sais, mon frère l'an dernier il a fait un cadeau à tes enfants, alors...
Je suis sidéré. Sidéré parfois par les complications que les gens se fabriquent eux-même. Sidéré par les enjeux perçus ou montés comme en crème bien fouettée, sidéré par les "guerres" que provoque ce Noël dont la plupart des gens ne savent même pas ce que cela fête. Ou l'ont oublié. Ou l'ont mis dans un petit coin très retiré de leur petite tête.
Hooo ! Noël c'est un anniversaire. Celui de Celui honoré par des millions de gens que même si je suis pas catholique militant ni même pratiquant je reconnais comme étant porteur d'amour. Mais les marchands du temple ont bien oublié semble-t-il ce message-là. Et quand bien même l'auraient-ils vraiment oublié, faire et vivre Noël c'est autre chose que de s'angoisser pour savoir qui, quoi et quand non ?
La femme qui est sortie de mon cabinet il y a deux heures a pris une GRANDE décision pour ce Noël à venir : Elle fêtera Noël avec son mari est ses enfants. Point. Pour la première fois de sa vie elle ne "marchera" pas dans les combines de ses frères et soeurs, arrangements foireux qui ne font plus rire personne depuis des années et qui au fond ne satisfont personne.
La seule "chose" que je ne tolère pas, c'est l'intolérance. Surtout pour une fête qui est censée l'encenser.
