Je suis toujours surpris, au hasard de mes rencontres professionnelles mais aussi personnelles, de constater combien les partenaires amoureux / partenaires de vie sont parfois si peu bienveillants l'un envers l'autre. Peut-être cela heurte-t-il simplement la représentation que j'ai de la relation amoureuse mais je ne pense pas que ce soit seulement cela.
A priori, et je dis bien a priori, la relation amoureuse, conjugale, d'accompagnement, la relation avec celui ou celle avec qui l'on vit (que je vais nommer "la relation de vie" pour faire simple) est une relation de bienveillance de chacun des partenaires envers l'autre. J'allais dire que c'est son principe-même. Enfin presque. Sans doute. Du moins la représentation consensuelle que l'on a du couple amoureux sous nos contrées est-elle celle-là : Les partenaires de vie sont ou doivent être bienveillants l'un envers l'autre.
Aussi suis-je à la fois étonné voire peiné lorsque le couple donne à voir autre chose de sa relation, quelque chose qui peut ressembler à de l’inattention l'un envers l'autre, de l'incompréhension, de l'agacement, voire de la méchanceté. Oui, jusqu'à la maltraitance mais là n'est pas mon sujet.
La malveillance, non seulement absence de bienveillance mais bien son contraire, n'est cependant pas mon sujet non plus. Je veux seulement parler de cette absence de bienveillance rencontrée ici ou là chez des couples de nos connaissances (ou pas.... Il n'y a qu'à arpenter les allées d'un supermarché un samedi après-midi).
De quelle manière parlons-nous à l'autre ? De quelle manière l'écoutons-nous ou pas ? Quelle est l'attention que nous lui portons ? Non non, je ne fais pas référence au monde des bisounours où tout le monde serait beau tout le monde il serait gentil, mais à ce monde bien réel dans lequel nous vivons et que certains couples (et donc partenaires de vie) s'emploient comme à montrer aux autres qu'il est tout sauf beau. On pourrait faire référence aux séquences au demeurant parfois croustillantes de ces "Scènes de ménage" sur la 6 chaque soir : Quelle est la considération que nous accordons à l'autre, à ces paroles, à ses désirs ?
Que la vie d'un couple soit émaillée d'incompréhensions, de flottements, voire d'éloignements est une chose somme toute assez banale, mais qu'elle soit et j'allais dire "ne soit" qu'agacements et titillements n'est pas un signe de bonne santé amoureuse. Et parfois cela est ainsi dès le début du couple, ce que j'ai par ailleurs le don de "sentir"... Je m'amuse -enfin, façon de parler- parfois à donner une durée de vie aux couples que je rencontre (hors professionnellement). Heureusement je me trompe souvent sur la durée, mais pas souvent sur la santé du couple en question. Et l'un des éléments sur lesquels je fonde ma perception est justement la présence ou non de cette fameuse "bienveillance" des partenaires l'un envers l'autre. Comment se parlent-ils ? en est la principale composante. Je suis en effet sidéré par la manière dont certains partenaires se parlent. Se parlent ? Enfin ! s'interpellent, se hurlent ou s'aboient, s'invectivent, se crient ou seulement ne s'écoutent pas...
Je ne sais pas si c'est la "bonne entente" entre partenaires qui amène la bienveillance entre eux, ou si c'est la bienveillance dont ils sont capables l'un envers l'autre qui amène la bonne entente (Encore que je suis convaincu qu'on peut faire montre de bienveillance même lorsqu'on ne s'entend plus... Non non, je ne joue pas sur les mots). Je pense peut-être seulement que la bienveillance est une qualité intrinsèque de la personne, de certaines personnes, un quelque chose qui lui appartient là tout au fond d'elle, et que la bienveillance amoureuse n'est qu'une "branche" de la bienveillance générique. De là à dire que la personne bienveillante l'est toute entière, de manière générale et avec tous ou qu'elle n'est pas, je n'en suis pas loin. Mais peut-être m'avancerais-je là dans des conclusions bien hâtives. Et pourtant !
"T'en fais pas, je t'accompagne"


