"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

mardi 15 novembre 2011

Arbre quoi ?



Souvent, très souvent, je propose à mes jeunes patients lors de la première ou seconde séance, de faire avec eux un "petit" arbre généalogique -je dis "petit" puisque nous nous arrêtons aux grands-parents et leurs descendants. D'une part cela nous permet de faire connaissance à partir d'un support souvent vécu comme tranquille et léger voire amusant, et cela me permet à moi de saisir quelque peu l'ambiance familiale, de "voir" comment l'enfant s'y retrouve, ce qu'il sait de sa propre famille etc.
Je ne sais plus si moi à 10 ans je connaissais les prénoms de mon grand-père et de ma grand-mère maternels. Ils s'appelaient respectivement "papa" et "maman". Je crois seulement savoir que ma mère a "appris" que son père avait un prénom vers 11-12 ans (ses parents s'appelaient "papa" et "maman" vous ai-je dit). Toujours est-il que beaucoup d'enfants ne connaissent finalement que peu de choses sur leurs grands-parents, ni leurs prénoms, ni la profession qu'ils ont exercée ou exercent encore. Quant aux "histoires" familiales, beaucoup sont très démunis aussi. Et pourtant, qu'elles sont importantes, les histoires familiales !
Dernièrement, j'ai reçu un garçon de dix ans quelque peu perdu...à l'école. Lecture déficiente, écriture n'en parlons pas. Comportement agressif. A la maison il semble que ça se "passe" bien, mais à l'école c'est la cata ! Rien à voir avec l'arbre généalogique et pourtant ! Ce jeune garçon semble incapable de se repérer dans sa famille. Entre autre il me parle d'une sœur à lui, dont le père serait son propre père mais la mère... sa grand-mère maternelle. ??? Vous comprenez mon étonnement. Mais si, je vous dis, c'est ma sœur. Mais ce n'est pas la sœur de maman que je vous dis. Je n'y comprenais plus rien. Une sœur qui aurait pour sœur la mère et pour mère la grand-mère et pour père le mari de la mère. Mais on la voit jamais. Elle vient jamais à la maison.
Renseignement pris (auprès de la maman)... Cette "sœur" est bien sa sœur (au jeune garçon) mais comme elle est et depuis très longtemps fâchée avec leur père et réciproquement, elle a déserté la maison à 12 ans (avant même la naissance du garçon) et habite chez leur grand-mère maternelle -d'où le fait que ce garçon pensait que sa mère était sa grand-mère. Oui, je sais, c'est alambiqué, comme histoire, mais elle est vraie.
Une séance mère + enfant, pour "expliquer" tout cela, a remis les choses dans l'ordre sur le plan scolaire... Ce qui ne m'étonne qu'à peine, d'ailleurs. En fait ce garçon était envahi par ce questionnement quasi obsessionnel concernant sa sœur et l'histoire familiale. Je l'ai bien compris lorsqu'il m'a dit qu'il avait très peur parce que bientôt il allait avoir 12 ans !

A partir d'un support banal, l'enfant peut ainsi remonter l'histoire -l'Histoire, même, avec un grand H- de sa famille et donc la sienne propre. Je n'ose pas parler de psycho-généalogie, sinon à toute petite échelle, mais il s'agit d'ouvrir des portes sur des questionnements retenus, des imprécisions parfois handicapantes, et je ne parle même pas des "secrets de famille" (à propos desquels Serge Tisseron vient d'ailleurs de consacrer un ouvrage ("Les secrets de famille", PUF -Que sais-je)...

Le plus souvent, les enfants privés de leur histoire ne le sont pas volontairement, mais le "manque" d'histoire peut parfois amener des troubles de la personnalité ou du comportement. Adultes, nous sommes d'ailleurs souvent à la recherche d'anecdotes quant à notre enfance, que les échanges en réunion de famille nous rapportent parfois avec sourire.
L'histoire, les histoires, l'Histoire et son enseignement, ont une vertu fantastique : celle de nous faire appréhender que nous ne venons pas de n'importe où ni de n'importe qui, celle de nous amener à comprendre les enchainements, les liens de cause à effet, et celle au final de nous permettre de nous construire la nôtre, d'histoire. Celle de nous enraciner dans la vie, tout simplement.

lundi 14 novembre 2011

Insolite

Superbe week-end chez des amis, et sur une commode, un objet étrange. Savez-vous ce que c'est et à quoi cela sert-il ?


vendredi 11 novembre 2011

Sans titre

Texte écrit il y a longtemps, dans une autre vie, un temps où j'ai été très malheureux


Un soleil s'est levé au début de l'été
illuminant ma vie pour la seconde fois.
Être amoureux encore jamais n'avait pensé
Mais le soleil levant ce jour-là ce fut toi.

Des soleils dans ma vie j'en avais déjà eus :
Rencontre, amour, vie et naissance
d'enfants d'elle et de moi, et tout ce que j'ai bu
de plaisirs et de joies au cours de mon enfance.

Nouveau soleil brillant, étoile belle et filante,
Sourire chaud attentif d'un cœur au bois chantant.
La vie d'une amitié (?) naissante et troublante
Naïve je voudrais comme celle des enfants.

Enfants nous ne sommes. Et pourtant !
Le sentiment beauté qui torture mon cœur
ne pourra s'apaiser sûr'ment qu'avec le temps.
Je voudrais chère amie pouvoir t'offrir des fleurs.

La vie, la réalité, et l'amour des chers
ont jeté devant nous de sérieux interdits.
Notre amour alors ne serait qu'éphémère ?
Je crie à l'injustice. J'voudrais du paradis.

Ces petits mots-cadeaux doucement je te lance,
maladroitement peut-être, fier et tout tremblant.
Ce poème déroutant, fragile et sans silences,
C'est celui, pardon, celui d'un débutant.

Je veux t'offrir des roses qui te diraient en vrai
qu'enfant je veux rester à travers ces mots-jeux.
Possessif je suis quand je te dis Je t'ai,
Amoureux sûrement quand je dis que Je t'aime.

Pourrais-je te dire adieu ?Je ne le sais moi-même.
C'était pourtant là la seule raison du poème.
Adieu je ne sais, mais Au-revoir quand même.
La seule parole vraie est de te dire
Je t'aime.

mercredi 9 novembre 2011

C'était mieux quand vous aviez 18 ans ?


C'était mieux quand vous aviez dix-huit ans ? me demande un jeune patient de dix-huit ans. Mieux ? Mieux de qui de quoi ? La vie était-elle plus facile pour un jeune en 1975 que pour un jeune en 2011 ?
Je ne sais pas. Il est difficile de comparer ce qui ne l'est que peu. DES jeunes en 75 galéraient, d'autres vivaient leur vie comme elle devait l'être, tournée vers l'avenir et sans difficultés particulières, DES jeunes aujourd'hui galèrent et d'autres vivent leur vie avec optimisme.
S'il est collectivement plus difficile aujourd'hui qu'avant-hier de s'insérer dans la vie sociale (le taux de chômage des jeunes n'a jamais été aussi élévé), je ne sais si la perception qu'en a tel ou tel jeune est différente de celle d'il y a quarante ans.
Je vois des jeunes autour de moi qui suivent des études, sont en apprentissage, sont déjà au travail. Pour eux cela semble aller pour le mieux. Voiture, copine, travail, voyages... et d'autres effectivement qui galèrent pour vivre et se faire une place dans notre société, une place qui leur convienne, j'entends. ET à dix-huit ans, si personnellement j'étais en fac avec un avenir à peu près ouvert et j'avais une vie somme toute très agréable, j'en connaissais d'autres qui faisaient la manche et voyageaient de petits boulots en petits boulots tout aussi pénibles et sans avenir qu'aujourd'hui.
Est-ce la vie des jeunes d'aujourd'hui qui a changé ou est-ce la perception qu'ils ont ont et que nous en avions ?
Autant les jeunes d'aujourd'hui se prennent parfois à envier la vie de leurs parents au même âge, autant leurs parents se prennent parfois à envier leur vie à eux de maintenant. Décidément on pense souvent que l'herbe est plus verte ailleurs.
Avec ce que je sais maintenant de moi-même et de la vie, je crois que j'aurais aimé avoir un ordinateur et un tel portable, à 18 ans. Je crois que j'aurais aimé la liberté (parfois mal employée je vous l'accorde) des aujourd'hui jeunes de 18 ans, la liberté dans les contacts, dans les rencontres, ces merveilleuses possibilités de rencontres qu'apportent les "nouvelles technologies" comme on dit. Mais cela c'est ma vie, c'était ma vie.
Mes propres parents enviaient-ils à mon âge la vie que j'avais à 18 ans. Pour sûr que oui. Pas de guerre, de celle qui avait empoisonné leur jeunesse. Davantage d'argent. Davantage de liberté certainement, autant en ce qui concerne la vie de tous les jours (électroménager) ou la vie amoureuse et sexuelle (Ok, le SIDA est depuis passé par là !)...

Mes enfants me disent parfois que la vie de mes dix-huit ans devait être "chouette quand même" : Les chemises à fleurs, les guitares, les balladeurs (oui oui, vous savez, ce qu'on appelait aussi "magnétophones à cassettes" (une vraie révolution, mieux que le MP3), les cheveux longs et le coca encore délivré au compte-gouttes et uniquement dans les cafés. Et puis l'optimisme ambiant, la légèreté ambiante, l'avenir ouvert même si le Vietnam envahissait chaque soir nos écrans de télé. Il n'existait d'ailleurs qu'une seule chaîne, puis deux puis trois pendant longtemps : Peu de problème de choix !

La vie était-elle mieux avant ? Non. Oui. Je ne sais pas. On n'envie pas ce que l'on ne connait pas. On est seulement parfois nostalgique du temps qui passe et de ce que l'on a connu. Je ne suis pas nostalgique de mes dix-huit ans. Mais je trouve dommage que certains jeunes soient nostalgiques... des miens !

lundi 7 novembre 2011

Solitude !



Une blogueuse quelque peu vindicative m'adresse (m'agresse ?) depuis plusieurs jours voire plusieurs mois ce message quelque peu étrange (en substance et parfois tel quel) : Vous êtes seul, monsieur Psyblog, davantage que vous voulez bien vous l'avouer !
Cela me questionne. Et parfois me déstabilise.
Qu'est-ce que la solitude ?

En vrac et spontanément, j'ai bien envie de dire/écrire que la solitude est cette émotion ce sentiment cette impression de ne compter pour personne et/ou de vivre "en dehors" du monde et des autres. L'on peut être ainsi seul au milieu d'autres, seul d'être incompris, seul de ne parler à personne, seul parce que personne avec qui partager, seul par choix ou par obligation, par hasard ou par rejet... La solitude est multiple et se situe dans les tréfonds psychiques de chacun. Qu'elle soit choisie ou subie jette par ailleurs quelques lumières sur la manière dont on peut la vivre.

La solitude, j'ai connu. De cette solitude qui vous laisse par terre, celle-là même qui pèse chaque minute et chaque seconde de votre vie. En avoir conscience et ne pouvoir qu'en pleurer. Cette douleur qui vous prend là, un jour, de vous apercevoir que vous seriez mort depuis quinze jours personne ne s'en serait aperçu. Cet insupportable constat que vous n'êtes rien pour personne, peut-être même insensible à la présence de quelqu'un, même. Cette solitude qui pousse au suicide, du moins à l'envie de..., celle-là même qui vous nie vous-même dans votre existence (PUB : Mon livre "Lettre à Marie") et que la lumière sur une scène de théâtre (oui oui, c'est du vécu) n'atteint pas. Je sais cette solitude, même applaudi, même aimé, même existant, même "pas seul" ! Car la solitude, le sentiment de solitude, est une émotion éminemment intime.
L'on peut ainsi être seul à deux, au milieu d'un groupe, entouré, même aimé.

Cependant la solitude peut être choisie. Certains ici, sur les blogs, s'en feraient même les porte-drapeaux. C'est la solitude choisie, celle de moments de vie, celle de l'ermite, de l'adolescent marchant seul sur une plage, histoire de réfléchir voire de se ressourcer, celle d'un épisode de vie. Ado je passais des heures sur les plages avec ma chienne... Des heures pour penser, pour regarder, pour être "avec moi" et rien qu'avec moi. Je m'isolais, même en internat, du "bruit" des autres, des autres, de la musique des autres... parce que j'aimais être seul. J'aimais être physiquement seul parce que je n'étais pas seul affectivement ni psychiquement. C'est sans doute la grande différence entre la véritable solitude, celle psychique et celle physique. Même si les deux "formes" ne sont pas incompatibles.

La solitude je rappelle, j'ai connu. La vraie. La puissante. La totale. Mais depuis bien longtemps je ne sais plus ce que c'est. Enfin, pour moi. Même si parfois, même au milieu d'autres je me sens seul. Mais ce n'est qu'une émotion fugace, pas un sentiment durable et destructeur. La vraie solitude est destructrice si pas choisie et durable.

Si Gilbert Bécaud a chanté que la solitude n'existait pas, sans doute pouvait-il se le permettre. Si Dalida a chanté qu'elle existait et que l'on pouvait faire presque n'importe quoi pour ne pas avoir le sentiment de vivre seul, Si Reggiani a  (Vous pouvez aussi écouter ,ceci) magnifié la solitude, c'est sans doute parce qu'ils et qu'elles avaient à le dire. Si moi Psyblog je peux ressentir parfois cette émotion-là de solitude, cela devient de plus en plus fugace et de moins en moins vrai. Je ne suis pas seul. Même si j'ai parfois l'émotion de l'être.

Je reçois parfois des personnes qui se plaignent d'être "seul(e)s". J'accepte leurs mots, c'est le moins que je puisse faire. La difficulté est d'analyser cette émotion-là (n'est pas forcément seul celui qui dit l'être) et de tenter de prendre conscience des liens qui l'unissent à d'autres. Certaines personnes se sentent seules mais ne font rien (ou "pas tout") pour ne plus l'être. Encore qu'entre "être seul" et" se sentir seul" il y a bien des différences. Le sentiment de solitude est bien intime.

Pour répondre à Stéphanie, qui me défie en m'accusant d'être seul, je -lui- répondrais bien Oui. Oui je suis seul lorsque je me sens seul. Parfois. Mais globalement, affectivement, quotidiennement, profondément je ne suis pas seul. L'insulte serait-elle si grave de traiter quelqu'un de "seul" ?

Moi, aux "seuls", je leur tends la main. C'est dans ma nature de moi-perso. Et c'est dans ma nature de moi-psy. Après, on peut prendre la main qui se tend, ou ne pas la prendre.

Je ne suis pas seul parce que je suis aimé. Je ne suis pas seul parce que mon travail est tourné vers les autres. Je ne suis pas seul pârce que des gens m'aiment, me lisent et aprécient ce" que j'écris. Je ne suis pas seul parce que mes enfants comptent sur moi et comptent pour moi. Je ne susi pas seul parce que des gens achètent mes livres. Je ne suis pas seul parce que l'on m'attends.

Je ne suis pas seul parce que j'ai pu construire des relations avec d'autres personnes...
Mais je sais que la solitude existe.


PS ajouté en ce lundi 7 novembre à 19 heures : Stéphanie, aussi connue sous le pseudo de Zoé, ne sévira plus sur ce blog. Parce que j'en ai décidé ainsi.

Enfants-tyrans

Juste pour signaler un excellent article dans la revue "Marianne" de cette semaine : "Nos enfants, ces sales tyrans !"

DIRE


Maudire. Maux dire. Mots dire.
Dire tout. Tout dire. Ne rien dire.
Avoir du mal à dire, mal à dire, être malade de ne pas dire. Etre atteint par la mal-à-di(re)
C'est dit.

DImanche...
LunDI.
MarDI... Marre, dis. J'en ai marre.
MercreDI ne veut rien dire. Encore que !
JeuDI est extraordinaire. JeuDI. Je dis...
JeuDI je t'aime. JeuDI je t'emmerde. JeuDI, dis-je. Je dis "Je".
VendreDI, Bof ! Vendre, dis... Vendre quoi ?
SameDI... Ah ! SameDI. Ca me dit... ça me dit quoi, le SameDI ?

"DImanche me ramène à une petite histoire :
1976, chambre d'étudiant. Nous sommes une bonne DIzaine à refaire le monde...
Et Nono s'adresse à moi : "Psyblog, dis-moi "le ciel est bleu". Je dis "le ciel est bleu". Dis-moi "vivement le week-end". Je dis "vivement le week-end". Nono continue : Dis-moi "qui tu aimes". Moi, rouge, blanc, je ne sais plus, je réponds "L., c'est toi que j'aime"...
C'est comme ça que j'ai déclaré mon amour à celle qui deux ans plus tard devenait ma femme.

Depuis, j'ai compris que le "Dire", le "dis", le "pas dis", n'avaient pas toujours le sens attendu.
Dis plodocus, dis geste, dis vorce, dis forme, dis amant (je l'aime bien, celui-là), dis férence, dis gestion, dis simuler, dis cerner, dis manche (tiens, le revoilà !), dis lapide...

Depuis je sais que ce qui nous ronge parfois est cette terrible maladie dont le symptôme principal est le mal de dire, le mal à dire, la peur de dire.

Une dame âgée (83 ans) est venue me voir un jour. Elle commence par me payer, en me disant que la consultation ne va pas durer très longtemps, qu'elle n'a qu'une chose à me dire, et qu'elle partira aussitôt après me l'avoir dite.
Elle s'assoit, et, d'une voix tremblante, me demande de lui demander ce qui s'est passé pour elle le jour de ses 13 ans.

"Que vous est-il arrivé, madame, le jour de vos 13 ans ?"

"Le jour de mes 13 ans, j'ai été violée par un oncle". Elle continue en me disant que personne n'en a jamais rien su, même pas son mari aujourd'hui décédé, ni ses enfants ni personne...
Elle m'a dit "merci", et avant de partir, a ajouté "maintenant, je peux mourir tranquille, quelqu'un sait, merci encore".
"C'est moi qui vous remercie, madame, de m'avoir confié cette parole-là".

dimanche 6 novembre 2011

Il ne faut pas oublier


Texte écrit il y a longtemps, dans une autre vie, un temps où j'ai été très malheureux


Il ne faut pas oublier.
Il ne faut jamais oublier.
L'oubli ne permet pas de faire le deuil de ce que l'on a désiré et pas obtenu.
L'oubli empêche les larmes.
L'oubli empêche la révolte.
L'oubli empêche les larmes et la séparation.
Je n'oublierai pas.
Même si parfois ça fait mal.
Encore !
Je pleure ce soir et je pleurerai encore.
Je n'écrirai plus avec mon / son stylo.
Jeanne, j'aimerais que tu m'en offre un autre.

vendredi 4 novembre 2011

Amiour ? Amimour ? Amoumitié ?





L'amour, on sait ce que c'est, encore que depuis que ce sentiment est identifié, l'homme et la femme se posent régulièrement la question de sa consistance.
L'amitié elle, sans doute identifiée comme plus ancienne, est reconnue comme un lien fort sans aucune connotation sexuelle, même s'il apparait depuis quelques années des amitiés aussi sexuelles. Mais l'amitié telle qu'on la considère habituellement sous nos latitudes est exempte de sexualité. L'ami(e) peut manquer mais en général il ne manque pas, contrairement à l'amoureux/se, dont chaque seconde passée marque l'absence.
La palette des sentiments est assez large pour en général pouvoir y glisser le sien. Par exemple j'aime ma femme d'amour, et mes ami(e)s d'amitié. Aimer mes amies d'amitié ne signifie pas pour autant que je n'ai jamais eu de désir sexuel pour elles. Mais ce désir, contrôlé ou tout simplement interdit trouve vraisemblablement son épanouissement dans la complicité amicale qui nous unit. Que l'amitié soit dénuée de sexualité ne signifie pas cependant qu'elle soit exempte de sexuation. L'amitié est sexuée, quoi qu'on en dise. L'amie est une amie, l'ami UN ami, mais l'amitié n'est pas en général sexuelle. L'amour, oui, est non seulement sexué mais en général aussi sexuel. Le désir est ainsi "consommé" du corps de l'autre, de son corps sexué, sexualisé, et sexuel.
Françoise Dolto (cf "Au jeu du désir") avait bien tenté de remettre au goût du jour un mot bien oublié, celui de "aimance", qualifiant toute relation affective au sens large. Mais il semble que ce vieux mot n'ait pas pris racine, d'autant qu'il venait recouvrir des réalités déjà définies, et qu'il n'avait pas de verbe (on ne peut dire "je t'aimance" ! Enfin, le verbe n'a pas été proposé par Françoise Dolto).
Venons-en au verbe, justement. Le mot "aimer", en français, recouvre des réalités bien différentes, et bien qu'il soit évident que l'on aime pas le chocolat comme on aime son amoureuse, ni le foot comme on aime son travail, le même verbe est employé pour qualifier toutes ces affections (au demeurant un bien drôle de mot !) et le plaisir que l'on a d'être, d'ingérer, de regarder ou de se passionner. Le fait d'employer le même mot pour signifier le sentiment d'amitié et celui d'amour n'est pas pour faciliter les choses et autant l'on peut dire "je t'aime" à son amoureux, autant il est souvent incongru de le dire à un ami, sinon par jeu ou par liberté.

Alors ? Alors comment qualifier un sentiment envers quelqu'un(e) s'il ne s'agit ni d'amour ni d'amitié ? Et pourtant d'amour et d'amitié en même temps. Comment qualifier un sentiment d'amour sans sexe et sans désir sexuel, mais avec désir du corps quand même ? Comment qualifier cette affection particulière et très forte qui fait que l'autre nous manque (donc proche de l'amour) mais qui supporterait et même encourage l'autre à rencontrer l'amour (d'un et avec un autre) si tel est son désir ? Comment qualifier cette attention qui dépasse l'amitié au sens strict du terme mais qui n'est pas de l'amour avec sa cohorte de désirs sexuels et de désirs touts-courts, et de manques associés ? Comment qualifier une relation où les désirs ne se concentrent pas sur le sexuel de l'autre même si éventuellement sur le corps ? Existe-t-il un état intermédiaire entre l'amitié et l'amour, qui se voudrait plus grandiose que l'amitié mais différent de l'amour puisque ne donnant pas prise au sexe, à l'attente, voire à la douce possession ?
Fut un temps où l'on parlait d'amour courtois. Les amoureux courtois ne faisaient-ils jamais l'amour ? Se touchaient-ils ? Avaient ils envie du corps de l'autre ? Je ne sais pas, je ne suis pas assez calé en amour courtois pour en parler bien.
N'est-ce pas une vue de l'esprit que d'aimer ainsi d'autre manière qu'amour ou amitié, cela est-il de l'amour qui ne veut pas se dire ? Du respect d'un contrat qui interdit l'amour physique ? Mais qui le désirerait peut-être quand même ? Dormir avec l'autre, dormir auprès de l'autre, se toucher, désirer peut-être mais à peine, désirer le/la toucher, le/la prendre dans ses bras, mais sans désir aucun de sexe et encore moins de pénétration sexuelle, ça doit bien porter un nom, quand même ?

Les "contrats" entre les personnes, contrats imposés socialement, éducativement, psychiquement, moralement, religieusement... sont des contrats à respecter. Sans doute. L'on sait bien cependant que ce ne sont pas les contrats qui font les sentiments, ni les briment et encore moins les exaltent (encore que par réaction nous soyons capables de tant de choses !). La relation d'amitié est parfois tellement forte par ailleurs qu'il serait incongru qu'elle se transforme en relation amoureuse et encore moins sexuelle. Le choix serait-il alors à faire entre se déshabiller le cœur et se déshabiller le corps. Il n'y a sans doute que dans l'amour que la pudeur tombe véritablement.
Et pourtant ! Et pourtant la relation est telle parfois entre deux personnes qu'elle permet de laisser tomber les masques, y compris ceux du corps. La réponse est peut-être dans le mot "sensualité". Celui-ci n'a que deux lettres de différence avec le mot "sexualité", très éloigné et à la fois très proche de lui. Sensualité ! Voilà ! Ce qui qualifie cette relation entre amour et amitié est peut-être la sensualité possible, celle du corps, celle du toucher, celle du plaisir sans sexe.

Il existe parfois entre un homme et une femme -en fait peu importe le sexe, enfin, le genre- une relation d'amitié mais plus que d'amitié, une relation pas d'amour mais presque, qui met éventuellement en jeu le désir du corps mais pas celui du sexe, une relation où les bras sont importants, tant l'un et l'autre s'y blottiraient bien chaque jour, une relation de manque mais qui supporte l'absence, une relation d'être en pensée chaque jour, à travers laquelle l'un et l'autre sans jugement aucun peuvent échanger leurs joies et leurs peines, une relation qui respecte l'histoire et la vie de chacun, relation faite de liberté, de pudeur, de désir et de manque, d'accompagnement, où l'un et l'autre se bousculent gentiment et avec tendresse pour que chacun vive sa vie à lui. Alors il faut peut-être inventer un mot. Entre le je t'aime bien trop connoté amour et le je t'embrasse, pas suffisamment fort pour dire le sentiment, il y a le mot 'HUAMOUR".

L'huamour, c'est à la fois de l'amitié et de l'amour. Ça aurait pu être amiour, amimour, amoumitié, mais ces néologismes n'ont pas de verbe facile à utiliser (je te amiaime ? amimaime ? ). Alors que l'huamour en a un, de verbe, qui se conjugue comme le verbe aimer : Je te huaime (ou je t'huaime), tu me huaimes, nous nous huaimons, ils se huaiment ou s'huaiment. Le "h" est là aussi pour rappeler que nous sommes des humains. Qui se huaiment.
L'huamour est un sentiment, une émotion qui lie deux êtres libres, contrairement à l'amour, souvent synonyme de possession et de vie commune. L'huamour n'est ni possession ni vie commune, supporte l'absence même si pas toujours le manque. C'est comme si deux personnes marchaient côte à côte, toujours en lien mais supportant et même se réjouissant des liens que chacun peut créer par ailleurs, au besoin les encourageant, même.
L'huamour peut se transformer en amour. Cependant, comme pour l'amitié, c'est rare. Parce que le contrat d'huamour est ce qu'il est : le respect total et entier de la vie affective de l'autre, respect entier des amours de l'autre et même réjouissance, accompagnement quasi quotidien "comme si" vie ensemble mais pas vie ensemble. ça ressemble à de l'amour, ça permet les bisous et ce n'est pas dangereux. Ce n'est pas de l'amour, mais c'est bien davantage que de l'amitié !

Voilà ! Il me manquait un but dans la vie, une grande œuvre. Et bien ce sera celle-là : Faire adopter ce nom -huamour- et ce verbe -huaimer- par les gens et la grande Académie. Avec HU(a)MOUR bien sûr !

Huamour : n. m. Sentiment très fort unissant deux personnes, n'excluant pas le désir ni le plaisir du corps mais excluant cependant l'acte sexuel. Entre l'amour et l'amitié, l'huamour exclue toute idée de possession, d'exclusivité et de manque.
Huaimer : v. tr. 1. Aimer quelqu'un d'huamour. 2. Aimer une personne avec humour.


Ps : Même en cherchant bien, je n'ai trouvé ce mot qu'ici-mais-je-ne-mets-pas-le-lien-parce que-plutôt-trash ! (Et puis aucun rapport avec le sentiment !)

mardi 1 novembre 2011

Déclaration de guerre


Vous le savez, ou vous ne le savez pas, mais "avant" je "sévissais" sur "Psychologies.com."
La plate-forme qui accueillait mon blog était très correcte, les fonctionnalités très ouvertes et surtout les liens que j'avais créés depuis quatre ans et demi étaient fantastiques, autant dans la vie internet (blog et msn) que dans la vie réelle puisque ayant rencontré certain(es) de mes lecteurs/trices surtout) avec un plaisir que je n'ai jamais dissimulé.
Peu à peu j'avais construit quelque chose. Moi qui avait toujours eu envie d'être lu j'avais trouvé là un lieu pour l'être, comme une vitrine, dont mon ego se satisfaisait avec plaisir, à tel point que j'avais fini par publier un livre regroupant une centaine de mes notes (Bloc-notes d'un psy de campagne), à tel point que des radios, des magazines, et trois fois des télévisions m'avaient contacté.
Mais... Car il y a un mais, après quelques 700 notes et près de 10 000 commentaires, l'aventure s'est brutalement arrêtée. Non par ma "faute", mais parce que la plate-forme qui hébergeait mon blog a été démantelée. Psychologies.com a repris à son compte la gestion des blogs. Non sans prévenir, mais avec une légèreté stupéfiante. Beaucoup d'entre nous (blogueurs sur cette plate-forme) ont perdu leurs notes, leurs commentaires, et souvent tous leurs liens. Vous savez, les liens, ceux qui font que l'on n'est pas tout seul, ceux qui font que l'on avance tous comme des presque copains, partageant peines et joies, réflexions et rire.
Tant bien que mal nous avons tenté d'être patients, nous avons tenté de comprendre, d'excuser même, de "faire avec". Mais l' "Histoire" a capoté, l'histoire se terminait dans une confusion que la colère (en ce qui me concerne) et la déception de beaucoup n'a fait qu'amplifier.
Les contacts avec les administrateurs de la plate-forme n'ont pas donné à ce jour de résultats probants. Un gros coup de gueule de moi contre eux a même été supprimé par eux sur leur blog (eh oui, "ils" ont quasiment supprimé les blogs et détruit la communauté, mais eux ont un blog).
Alors voilà, ce n'est pas dans mes habitudes de cracher dans la soupe. Je ne remercierai jamais assez Psycho.com de m'avoir accueilli et donné l'occasion d'écrire et d'être lu, mais trop c'est trop! Peut-être je me baptise moi-même et à tort porte-parole de cette merveilleuse communauté de blogueurs floués, mais tant pis.
J'ai contacté un avocat. Pour déposer une plainte pour rupture unilatérale de contrat. Plainte qu'il juge recevable. Un hébergeur de blogs a non seulement des droits mais aussi des devoirs. Et le premier d'entre eux est d'assurer la pérénité des écrits, commentaires et liens que "ses" blogueurs lui confient. D'autant plus s'ils paient pour cela (89 euros par an chez psychologies.com).
Ce n'est pas dans mes habitudes d'entrer en guerre, disais-je. Et le plus longtemps possible j'ai gardé cela pour moi, j'ai gardé pour moi ma colère et mon immense déception. Pour que cela reste entre psycho.com et moi. Et puis je n'aime pas la guerre. Je n'aime pas le conflit. Je me dis aussi qu'après tout ce n'était qu'un blog. Et pourtant !
Alors après mon commentaire supprimé, j'ai "fabriqué" une couverture, une fausse couverture (peut-être une grosse erreur de psycho.com que d'avoir proposé à ses "membres" de faire de fausses couvertures !) de Psychologies magazine, que j'ai bien entendu postée sur mon blog.
Plusieurs personnes m'ont contacté depuis, me félicitant d'aller plus loin dans l'expression de ma déception voire de ma colère et surtout dans l'expression du sentiment que j'ai d'avoir été trahi par un collectif de personnes en qui j'avais toute confiance. Une personne m'a même demandé l'autorisation de la reprendre sur son blog en espérant que beaucoup la verront...

Alors voilà. Vous n'en avez certainement rien à faire, mais ce soir je la publie ici, cette "fausse couverture". D'abord parce que c'est MON blog et que j'en fais ce que j'en veux. Ensuite parce que je suis toujours en colère. Enfin parce que cette colère et cette déception se muent peu à peu en désir de le faire savoir, et de remuer un peu encore ces gens qui se croient tout permis en quasiment déchirant ces livres que chacun, patiemment, avait écrit depuis parfois des années.