"un petit mot sur mon blog"


"un petit mot sur mon blog"

Psyblog a posé son stylo le 5 juin dernier. Il est parti "ailleurs", pour une autre vie plus sereine et lumineuse.
Ce blog était pour lui une belle aventure d'écriture, de réflexion, d'émotion et de partage. Les commentaires de ses nombreux lecteurs en sont un témoignage chaleureux. Vos derniers mots tout particulièrement...
Continuez à le lire ou à le relire pour sa plus grande joie ailleurs...

samedi 8 octobre 2011

Se ressourcer

 Comment font les psys pour se ressoucer ?


    J'allais répondre Je ne sais pas. Et pourtant !

    Il y a l'approche "technique".
    Savoir, et en être convaincu, que l'histoire de l'autre n'est pas la mienne. Ses doutes, ses conflits, sa problématique, ses histoires d'amour et de désamour, en un mot, sa vie n'est pas la mienne.
    Cela permet tout d'abord de prendre du recul, de ne pas s'engluer dans l'histoire de l'autre.  Cela permet d'être à l'écoute sans que l'histoire de l'autre se télescope avec la mienne.
     Je rapprocherai volontiers cette attitude de ce que Freud a appelé "le contre-transfert". Ou comment maitriser ce que je ressens, moi, face à l'autre. Pleurer avec quelqu'un qui souffre peut être aidant si l'on est un ami. pas si l'on est un psy. Le psy est là pour aider, pas pour aimer.

    Oh ! Ce n'est pas si simple ! J'avoue sans aucune honte que parfois cette technique et cette conviction  ne sont pas suffisantes. Et qu'il m'est arrivé dans ma carrière de fuir, d'être à ce point transpercé par l'histoire de l'autre que je ne pouvais plus, dans le moment, être psy. Lorsque Sandra est morte (autre note), j'ai annulé tous mes rendez-vous, et j'ai pleuré. Lorsque un homme m'a un jour agressé dans mon cabinet, je me suis mis en colère. Et j'ai pleuré. De rage, de colère. D'impuissance, aussi. Lorsque la petite F., 3 ans, m'a confié, en d'autres mots, qu'elle avait été violée par son père, ma gorge s'est fortement serrée, et j'ai eu de la haine pour cet homme.
    Parfois, le soir, je repense à mes "clients" et à leurs souffrances, mais j'ai appris à ne pas m'en laisser envahir. Apprentissage et expérience !
    La première façon de se ressourcer est celle-là : Ne pas se laisser envahir.

    La seconde, elle, est plus ... empirique.
    Me ressourcer, c'est rentrer chez moi le soir auprès de celle que j'aime et qui m'aime. C'est de m'assoir devant la télé et regarder "le maillon faible" ou un bon polar. C'est "ne rien faire" (ça je ne sais pas vraiment faire), c'est fouiner dans les trocantes et autres vide-greniers, c'est bricoler. Eh ! pas que du bricolage du dimanche, non, non, mais du vrai... Carrelage (je ne sais pas pourquoi, j'adore le carrelage), soudure, rénovation de la salle de bain, percement de fenêtres, installation électrique....   Ça me vide la tête. Faire quelque chose de mes mains !
    Me ressourcer, c'est partir, prendre la voiture et la petite caravane et partir. Jamais très loin, mais découvrir d'autres paysages, d'autres villes, d'autres vies...
    Me ressourcer, c'est jardiner (je suis en train de me découvrir une passion pour le potager).

    Me ressourcer, c'est VIVRE. Si la psychologie est une grande partie de ma vie, ce n'est pas TOUTE ma vie. C'est mon métier et seulement mon métier. Celui qui me permet de me sentir utile sur cette terre et de gagner ma vie. Mais ce n'est pas Ma vie.

    Et puis le psy que je suis va parfois voir son psy !
    Les collègues aussi sont importants dans les échanges que nous pouvons avoir...

    La technique, et l'expérience, et une vie affective et sociale correcte et paisible, sont autant d'éléments qui permettent au psy, et à tous ceux dont le métier est l'écoute des autres et l'aide aux autres, de pouvoir le faire plus... paisiblement.





A propos,Christophe André  a écrit un livre à ce sujet. "Secrets de psy", ça s'appelle... Allez-y, ça vaut le détour.

2 commentaires:

  1. Le contre transfert. Mal maîtrisé. Sujet tabou.

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  2. Le psy-patient une seule personne ou un couple ?

    Elcé

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